🚗 Hybrides rechargeables : les Ă©missions rĂ©elles 4,6 fois supĂ©rieures aux chiffres officiels

Les hybrides rechargeables rĂ©cents peuvent Ă©mettre sur la route beaucoup plus de CO₂ que ne l’indiquent leurs valeurs d’homologation.

L’ICCT a Ă©tudiĂ© les donnĂ©es d’environ 920 000 voitures immatriculĂ©es en Europe entre 2021 et 2023. Elles proviennent de systĂšmes embarquĂ©s enregistrant la consommation rĂ©elle de carburant et d’énergie. Pour les vĂ©hicules immatriculĂ©s en 2023, les Ă©missions moyennes observĂ©es atteignent 4,6 fois leur valeur officielle.

Connecteur de type 2 branchĂ© sur la prise de recharge d’une BMW 330e iPerformance.

Connecteur de type 2 branchĂ© sur la prise de recharge d’une BMW 330e iPerformance.
CrĂ©dit : D-Kuru/Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.

Un hybride rechargeable associe une batterie rechargeable sur une prise Ă  un moteur Ă  essence ou diesel. Une partie des trajets peut donc ĂȘtre effectuĂ©e principalement avec l’électricitĂ©. Lorsque la batterie ne suffit plus, le moteur thermique prend partiellement ou totalement le relais. Le rĂ©sultat dĂ©pend alors beaucoup de la frĂ©quence des recharges.

Pour calculer les Ă©missions officielles, l’homologation doit estimer quelle part des kilomĂštres sera parcourue principalement grĂące Ă  la batterie. Pour les vĂ©hicules Ă©tudiĂ©s, cette part Ă©tait estimĂ©e autour de 80 %. Les donnĂ©es recueillies sur les routes indiquent une proportion rĂ©elle proche de 20 %. Le moteur thermique fonctionne donc bien plus souvent que prĂ©vu par le calcul.

L’écart s’est creusĂ© entre 2021 et 2023. Les Ă©missions rĂ©elles moyennes sont passĂ©es d’environ 130 Ă  134 g de CO₂/km. Dans le mĂȘme temps, les valeurs officielles ont baissĂ© de 37 Ă  29 g/km. Les chiffres d’homologation se sont donc amĂ©liorĂ©s sans baisse comparable des Ă©missions observĂ©es en circulation.

On pourrait penser qu’une autonomie Ă©lectrique plus longue entraĂźne automatiquement davantage de kilomĂštres sans essence. Les modĂšles rĂ©cents disposent effectivement de batteries permettant de parcourir de plus grandes distances. Pourtant, l’ICCT constate que la part rĂ©ellement effectuĂ©e principalement Ă  l’électricitĂ© n’a pas progressĂ© avec cette autonomie. Elle a au contraire diminuĂ© dans les donnĂ©es Ă©tudiĂ©es.

Dans la pratique, deux personnes conduisant le mĂȘme modĂšle peuvent obtenir des consommations trĂšs diffĂ©rentes. Un conducteur qui recharge souvent et rĂ©alise de courts trajets profitera davantage de la batterie. Si la voiture est rarement branchĂ©e, son moteur thermique fonctionnera beaucoup plus. Une valeur officielle unique traduit donc difficilement tous ces usages.

Ces calculs ont aussi une consĂ©quence pour les constructeurs. L’Union europĂ©enne utilise les Ă©missions homologuĂ©es pour suivre la moyenne des voitures neuves vendues par chaque marque. Une premiĂšre modification de la mĂ©thode est appliquĂ©e depuis 2025. Une seconde correction est prĂ©vue pour 2027 afin de mieux tenir compte de l’utilisation observĂ©e des hybrides rechargeables.

L’ICCT propose dĂ©sormais de rĂ©viser rĂ©guliĂšrement cette mĂ©thode Ă  partir des donnĂ©es enregistrĂ©es par les vĂ©hicules en circulation. Les hypothĂšses utilisĂ©es pour les futures homologations pourraient ainsi suivre l’évolution rĂ©elle des habitudes de recharge et de conduite.