🔬 Le composant principal de l'huile d'olive accĂ©lĂšre le cancer du pancrĂ©as

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L'acide oléique, principale graisse de l'huile d'olive, pourrait avoir un effet inattendu: il favorise le développement du cancer du pancréas. Bien que réputé bon pour le systÚme cardiovasculaire, cet acide gras accélÚre la croissance tumorale chez la souris. En revanche, les oméga-3 de l'huile de poisson réduisent de moitié l'apparition de la maladie.

L'Ă©quipe de l'universitĂ© Yale a testĂ© douze rĂ©gimes riches en graisses sur des modĂšles animaux gĂ©nĂ©tiquement prĂ©disposĂ©s au cancer du pancrĂ©as. Chaque rĂ©gime contenait le mĂȘme nombre de calories mais des sources lipidiques diffĂ©rentes, reflĂ©tant nos habitudes alimentaires modernes. Les chercheurs ont dĂ©couvert que le type de gras influence directement l'Ă©volution des tumeurs.

Image d'illustration Pixabay

Christian Felipe Ruiz, coauteur de l'Ă©tude publiĂ©e dans Cancer Discovery, explique que l'effet peut ĂȘtre radicalement opposĂ© selon l'acide gras consommĂ©.

Les régimes enrichis en acide oléique, présent dans l'huile d'olive, l'huile de carthame et le saindoux, ont accéléré la formation de tumeurs chez les rongeurs mùles. En revanche, les régimes à base d'oméga-3, comme l'huile de poisson, ont réduit de 50 % la charge tumorale. Les scientifiques ont observé une relation directe entre le rapport d'acides gras monoinsaturés et polyinsaturés et la progression de la maladie. Plus ce rapport était élevé, plus les tumeurs se développaient.

Le mĂ©canisme clĂ© rĂ©side dans la ferroptose, une forme de mort cellulaire programmĂ©e dĂ©clenchĂ©e par l'oxydation des lipides. Les acides gras polyinsaturĂ©s, comme les omĂ©ga-3, s'oxydent facilement, rendant les cellules cancĂ©reuses vulnĂ©rables Ă  cette destruction. À l'inverse, les acides gras monoinsaturĂ©s comme celle de l'huile d'olive rĂ©sistent Ă  l'oxydation, protĂ©geant les tumeurs. Selon les chercheurs, cet Ă©quilibre entre graisses protectrices et vulnĂ©rables dĂ©termine en grande partie le destin des cellules malignes.

L'étude a révélé des différences notables entre les sexes. L'acide oléique n'a favorisé les tumeurs que chez les mùles, alors que les effets protecteurs des oméga-3 étaient présents chez les deux sexes. Les auteurs appellent à approfondir ces différences pour affiner les futures recommandations nutritionnelles.

Bien que ces travaux n'aient pas encore été confirmés chez l'humain, ils ouvrent des pistes pour la prévention du cancer du pancréas, l'un des plus meurtriers. Les personnes à risque, comme celles souffrant de pancréatite chronique ou de diabÚte tardif, pourraient bénéficier de conseils alimentaires personnalisés. Les chercheurs prévoient d'étudier si modifier la composition des graisses dans le sang pourrait servir de signal d'alerte précoce. Une question revient souvent: que changer dans son alimentation ? Cette étude commence à y répondre.

JP
jpcool

le titre de l'article est correct : le composant principal de l'huile d'olive accélÚre le cancer du pancréas. Mais uniquement chez le rat prédisposé génétiquement à ce type de cancer, et uniquement à des doses élevées sur une courte période et lorsque ce cancer est déjà présent, par des mécanismes complexes au niveau des parois cellulaires.
Le mĂ©tabolisme lipidique du rat est diffĂ©rent de celui chez l'humain. En tirer des conclusions hĂątives sur le caractĂšre nocif de l'huile d'olive Ă  doses modĂ©rĂ©es sur de longues pĂ©riodes est abusif : les rĂ©gions d'Europe qui font grande consommation d'huile d'olive comme les pays mĂ©diterraneens montrent moins de cancer du pancrĂ©as que d'autres rĂ©gions qui en font une faible consommation. D'autres facteurs protecteurs de l'huile olive et du rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en doivent aussi ĂȘtre pris en considĂ©ration dans la prĂ©vention de ce type de cancer.
Les auteurs de l'article original sont beaucoup plus prudents, et ne recommandent pas l'abstention de consommation d'huile d'olive.