🧬 Après l’obésité, certaines cellules gardent la mémoire du poids

Une perte de poids ne remettrait pas immédiatement toutes les cellules du tissu graisseux dans leur état d’avant l’obésité.

Des chercheurs japonais ont observé ce phénomène chez des souris rendues obèses par une alimentation riche en graisses. Après 12 semaines, les animaux ont reçu une alimentation moins grasse pendant six semaines. Leur poids diminuait, mais certaines cellules immunitaires de leur tissu graisseux conservaient des traces biologiques de l’obésité passée.

Certains indiquent prendre du poids plus facilement que d'autres...

Certains indiquent prendre du poids plus facilement que d'autres... Une explication dans la mémoire du poids ?
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Ces cellules, appelées macrophages, jouent notamment le rôle d’agents de nettoyage. Dans le tissu graisseux, elles récupèrent et éliminent les cellules mortes. Ce travail compte particulièrement après une prise de poids, car les cellules graisseuses grossissent et certaines finissent par mourir.

L’équipe a découvert que l’obésité modifiait la façon dont les macrophages préparent les instructions nécessaires à leur fonctionnement. Une cellule commence par copier une partie de son ADN sous forme d’ARN. Avant d’utiliser cette copie, elle retire certains morceaux et assemble ceux qu’elle conserve. Cette étape porte le nom d’épissage.

Après la perte de poids, 51,9 % des gènes dont cet assemblage avait été modifié pendant l’obésité présentaient encore ces changements. Autrement dit, les macrophages continuaient à fabriquer certaines instructions différemment. Les chercheurs parlent d’une mémoire cellulaire, car la trace de l’obésité subsistait après l’amaigrissement.

C’est ici qu’intervient CWC22. Cette protéine aide normalement la cellule à assembler correctement ses copies d’ARN. Lorsque ce système fonctionnait mal, une instruction importante était mal préparée. Les macrophages devenaient alors moins efficaces pour absorber et éliminer les cellules mortes présentes dans le tissu graisseux.

Ce défaut avait une autre conséquence. En nettoyant les cellules mortes, les macrophages contribuent à rendre disponible de l’inosine, une petite molécule qui favorise la libération des graisses stockées. Avec un fonctionnement perturbé de CWC22, ce nettoyage diminuait, tout comme la quantité d’inosine disponible. Chez les souris concernées, la perte de graisse devenait alors plus difficile.

Les chercheurs ont ensuite tenté de corriger directement l’une de ces instructions mal assemblées. Ils ont utilisé une courte molécule conçue pour agir sur l’ARN. Le nettoyage des cellules mortes s’est amélioré, davantage d’inosine est redevenue disponible et les souris ont perdu plus de graisse. Une partie de cette mémoire cellulaire peut donc être modifiée expérimentalement.

Chez l’humain, les résultats sont encore préliminaires. Les chercheurs ont comparé des échantillons de tissu graisseux provenant de personnes minces et de personnes vivant avec une obésité. CWC22 était moins présente dans le noyau des macrophages du second groupe. L’équipe doit maintenant vérifier si ces modifications persistent aussi après un amaigrissement.