🏺 Une méthode aussi simple qu'efficace pour détecter de fausses antiquités

Une antiquité à base d'argile présentée comme millénaire pourrait se révéler être une contrefaçon simplement en étudiant le magnétisme accumulé dans sa matière.

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont testé une nouvelle méthode sur des objets anciens, des souvenirs modernes et des contrefaçons connues. Leur principe repose sur une propriété discrète de l’argile cuite : ses minuscules grains magnétiques enregistrent différents signaux au cours du temps.

Une collection d'amphores antiques en argile

Une collection d'amphores antiques en argile
BI ravencrow · Pexels

Lors de la cuisson initiale, la forte chaleur efface les signaux magnétiques précédents. En refroidissant, certains grains s’orientent selon le champ magnétique terrestre et gardent durablement cette direction. Mais d’autres grains, plus petits, continuent ensuite à acquérir lentement une nouvelle aimantation au fil des années.

C’est cette seconde trace qui intéresse les chercheurs. Plus l’objet reste longtemps exposé au champ magnétique terrestre, plus cette aimantation lente a le temps de se construire. Son comportement lorsqu’on réchauffe progressivement un petit échantillon fournit donc une indication sur le temps écoulé depuis la cuisson de la poterie.

Concrètement, l’équipe a chauffé des échantillons à partir de 50 °C, puis a augmenté la température par étapes de 10 °C. Pour les objets modernes étudiés, la trace magnétique acquise avec le temps disparaissait à relativement basse température. Dans les échantillons âgés de plus de 1 000 ans, elle résistait au-delà de 112 °C.

La méthode permet de distinguer, dans les essais publiés, des artefacts anciens d'objets modernes. Elle repose uniquement sur des mesures magnétiques en laboratoire et sur l’analyse du signal pendant le chauffage, pas sur l’apparence de l’objet après son passage au four.

Pour établir ce seuil, les expériences ont été complétées par des modèles informatiques reproduisant le comportement de très petits grains magnétiques pendant de longues périodes. Les propriétés physiques utilisées étaient connues depuis plusieurs décennies, mais les chercheurs indiquent que les calculs nécessaires pour simuler finement leur évolution étaient jusqu'à maintenant inaccessibles.

Cette approche pourrait intéresser les musées et les archéologues lorsqu’une poterie possède une provenance incertaine. Elle pourrait également fournir un élément matériel lors d’enquêtes sur des antiquités soupçonnées d’être fausses. Les auteurs citent notamment les difficultés rencontrées lorsque l’authenticité d’un objet ne peut pas être établie par les méthodes habituelles.

L’équipe prévoit maintenant d’appliquer cette mesure à des objets conservés dans des musées dont l’authenticité fait débat. Et, on le craint, des scandales risquent d'éclater...