🦟 Comment un moustique trouve-t-il un vaisseau sanguin sous notre peau ?

Quand un moustique se pose sur notre peau, trouver du sang demande bien plus qu'un simple coup de trompe.

On connaît les signaux qui attirent les moustiques vers nous : notre odeur, notre chaleur ou encore le gaz que nous expirons. Mais que se passe-t-il une fois l'insecte posé sur un bras ? Des chercheurs de l'université Johns Hopkins, aux États-Unis, ont filmé ses gestes de très près.

Un moustique en train de piquer.

Un moustique en train de piquer.
Image d'illustration Pixabay

Ils ont observé des moustiques femelles de l'espèce Anopheles coluzzii, capable de transmettre le paludisme. Des caméras rapides enregistraient leurs mouvements pendant qu'elles piquaient un avant-bras humain. En parallèle, de minuscules mesures électriques permettaient de suivre indirectement ce que leur bouche faisait sous la peau.

Les chercheurs ont distingué cinq étapes. Le moustique commence par percer la peau, puis explore les tissus pour trouver un vaisseau sanguin. Une fois le sang atteint, il se nourrit, retire progressivement ses pièces buccales et finit par les sortir complètement. Cette recherche ne se fait donc pas en un seul mouvement.

Le plus surprenant est la coordination de ses gestes. Lorsqu'il enfonce ses pièces buccales, ses pattes avant se plient. Quand il les retire légèrement, elles se redressent. Deux petits appendices placés près de sa bouche bougent aussi pendant la recherche, puis changent de mouvement lorsque l'insecte commence à boire.

L'équipe a ensuite comparé cette espèce à Aedes aegypti, un autre moustique connu pour transmettre notamment la dengue. Leurs stratégies ne sont pas identiques. Dans les expériences, le premier trouvait un vaisseau sanguin environ 17 secondes plus vite, alors que le second multipliait davantage les mouvements d'exploration.

Les chercheurs ont également modifié certains gènes liés à la détection de substances chimiques. Chez une partie des moustiques, ces changements perturbaient le début de la piqûre ou la prise de sang. Mais ils n'empêchaient pas toujours de se nourrir : plusieurs moyens de repérage semblent pouvoir se compléter.

Ces résultats montrent que le moustique ne se contente pas de planter sa trompe au hasard. Il ajuste ses mouvements pendant qu'il cherche le sang. Cela pourrait aider à comprendre comment interrompre une piqûre une fois l'insecte posé, et pas seulement comment l'empêcher de nous approcher.

Aucun nouveau répulsif n'a encore été mis au point grâce à cette étude. Il faudra notamment vérifier ces observations avec davantage de personnes et dans d'autres conditions. Mais comprendre chaque étape de la piqûre pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour limiter la transmission de maladies.