Un cœur âgé placé dans un organisme plus jeune peut perdre certains signes biologiques du vieillissement.
L’âge inscrit sur un acte de naissance n’est pas la seule manière de mesurer le vieillissement. Nos cellules accumulent aussi des modifications moléculaires au fil du temps. Certaines permettent d’estimer un « âge biologique », qui peut différer de l’âge réel d’une personne.

Illustration anatomique du cœur humain et des principaux vaisseaux vus depuis l’arrière et le dessus.
Crédit : OpenStax Anatomy and Physiology / Wikimedia Commons — CC BY 4.0.
Des chercheurs ont voulu savoir ce qui arrive à cet âge biologique lorsqu’un cœur change de corps. Une transplantation crée en effet une situation particulière : l’organe du donneur peut être nettement plus jeune ou plus âgé que la personne qui le reçoit. Il se retrouve alors exposé au sang et à l’environnement physiologique de son nouveau propriétaire.
Les premières expériences ont été menées chez la souris. Les chercheurs ont transplanté des cœurs entre animaux d’âges différents, puis analysé plusieurs marqueurs du vieillissement. Un cœur âgé placé chez une jeune souris présentait rapidement des marqueurs plus jeunes. Le phénomène inverse apparaissait également : un jeune cœur vieillissait plus vite dans un organisme âgé.
Pour mesurer ces changements, l’équipe s’est notamment appuyée sur des modifications chimiques de l’ADN. Leur répartition évolue avec l’âge et sert de véritable horloge biologique. Les chercheurs ont aussi étudié l’activité de nombreux gènes, une autre manière d’observer l’état biologique des tissus.
Un point important apparaît dans les résultats : le changement concernait surtout le cœur transplanté. Chez les souris, son nouvel âge biologique n’a pas entraîné de modification équivalente dans les autres tissus du receveur. L’environnement du corps semble donc agir sur l’organe greffé, sans que celui-ci impose simplement son propre âge au reste de l’organisme.
Reste à savoir si le phénomène existe chez l’être humain. Les chercheurs ont analysé des biopsies cardiaques provenant de 11 patients présentant un écart d’âge important avec leur donneur. Plusieurs horloges biologiques ont alors montré une relation entre l’âge du cœur greffé et celui de son nouveau receveur. L’effet était particulièrement visible pour des cœurs âgés transplantés chez des personnes plus jeunes.
Il faudra maintenant déterminer quels éléments du jeune organisme provoquent ces changements et s’ils peuvent être reproduits sans transplantation.