🪱 De surprenants "vers spaghettis" découverts dans les profondeurs

Des vers marins dotés de petites structures ressemblant à des ventouses ont été découverts au fond de l'océan Indien.

Ces animaux appartiennent au groupe des « vers spaghettis ». Leur drôle de surnom vient des nombreux tentacules très fins qui partent de leur tête. Ils les étalent autour d'eux pour récupérer de minuscules morceaux de nourriture déposés sur le fond marin. Le reste de leur corps est souvent caché dans un tube.

Échantillon de "vers spaghettis".

Échantillon de "vers spaghettis".
Crédit : CSIRO.

Des chercheurs australiens les ont rencontrés lors d'expéditions menées en 2021 et 2022 autour de montagnes sous-marines proches de l'île Christmas et des îles Cocos. Ils ont récolté plus de 850 vers marins, ensuite rapportés dans les collections de l'Australian Museum.

Parmi les spécimens, une découverte a particulièrement surpris l'équipe. Sous le corps de certains vers, les scientifiques ont observé des structures qui évoquent de petites ventouses. Elles sont suffisamment inhabituelles pour avoir inspiré le nom d'un nouveau genre, Terebellosuctoria.

Les chercheurs ont identifié deux espèces appartenant à ce genre. L'une d'elles, Terebellosuctoria jimii, a été retrouvée sur une montagne sous-marine à plus de 670 mètres de profondeur. Certains individus mesurent jusqu'à 7,5 centimètres, sans compter leurs longs tentacules.

À quoi peuvent bien servir ces ventouses ? Les vers spaghettis vivent habituellement dans des tubes installés dans la vase ou le sable. Mais sur les pentes des montagnes sous-marines, les courants peuvent emporter une grande partie des sédiments. Les chercheurs pensent que ces structures aident les animaux à rester fixés à leur support.

Cette fonction est encore une hypothèse, fondée sur leur anatomie et leur lieu de vie. Les scientifiques n'ont pas directement observé les ventouses en action sur le fond de l'océan.

Pour déterminer si ces vers appartenaient à des espèces déjà connues ou non, l'équipe a examiné leur corps au microscope et analysé leur ADN. L'étude décrit sept nouvelles espèces de vers marins au total, dont les deux membres de Terebellosuctoria.

Et ce travail est loin d'être terminé. Les expéditions ont rapporté des centaines de spécimens, dont beaucoup attendent encore d'être étudiés. Les montagnes sous-marines pourraient abriter bien d'autres animaux inconnus, adaptés à des milieux que les chercheurs ont rarement l'occasion d'explorer.