Le monastère d'Arrouaise en Artois fut fondé aux alentours de 1090, au lieu-dit Tronc-Bérenger, par deux prêtres Hildemar et Conon. Ils y rencontrèrent un ermite, Roger, se joignirent à lui et bâtirent un oratoire.
L'appellation Tronc-Bérenger (Truncus Berengeri) est probablement due à un arbre antique planté au point où se rencontraient les frontières de trois pagi : l'Amiénois, le Vermandois et l'Artois, et peut-être même du Cambrésis. Les cartes du XVIII siècle indiquent encore à cet endroit la Motte-Bérenger, au sud-est de Bapaume, entre Sailly-Saillisel et Mesnil-en-Arrouaise.
Des disciples se présentèrent et Hildemar fut nommé prévôt de la petite communauté. Conon lui succeda en 1097 et fit construire un monastère. Devenu évêque de Préneste, en Italie, et cardinal, Conon de Préneste fut un des principaux artisans de la réforme canoniale. Richer, successeur de Conon, adopta l'Ordo novus et rédigea les constitutions. Celles-ci étaient calquées sur celles de Cîteaux: abstinence, silence perpétuel, travail manuel. L'organisation de la congrégation était celle de la Charte de Charité cistercienne avec tenue des Chapitres généraux. Enfin la liturgie particulière d'Arrouaise devint célèbre. Le monastère était double.
C'est au Tronc-Bérenger que fut béni,le 28 avril 1180, le mariage de Philippe Auguste avec Isabelle de Hainaut, tandis que les noces furent célébrées à Bapaume.