La province romaine de Bretagne
La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du I siècle au début du V siècle. Séduit pendant la Guerre des Gaules de Jules César, entre -56 et -52, la Bretagne romaine ne fut pas entièrement soumise par les Romains, ni colonisée comme la Gaule continentale. Le nom « Angleterre », qui remplaça le nom latin de « Bretagne », tire son origine de l'apparition de populations germaniques, les Anglo-Saxons, entre les V et VII siècles dans l'île de Bretagne, après le retrait de l'armée et de l'administration de l'Empire romain.
Les Anglo-Saxons
À partir du milieu du V siècle, les envahisseurs germaniques Anglo-Saxons repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l'est vers l'ouest de l'île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne. Les Irlandais finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l'Écosse par la fusion du Dal Riada avec les royaumes britanniques du Nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut (ce sont les « âges sombres » ou Dark Ages de l'historiographie anglaise), des populations bretonnes peu romanisées établirent de nombreux royaumes bretons dans l'île de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d'autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d'une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine (voir article : Émigration bretonne en Armorique), celle-ci prenant alors le nom de Bretagne.
Cependant, malgré ces défaites, une partie du peuple breton, invaincu par les Anglais, réussit à se maintenir tout au long des siècles, jusqu'à nos jours, en Grande-Bretagne, dans la Principauté du Pays de Galles et en Cornouailles.
Naissance de l'Angleterre
L'Angleterre — en anglais, England — est la « terre des Angles ». Initialement morcelée entre les sept royaumes de l'Heptarchie : Est-Anglie, Essex, Kent, Mercie, Northumbrie, Sussex, Wessex, etc. Dont la réunification fut le fait d'Édouard l'Ancien, roi de Wessex, assisté de sa sœur Ethelfleda, reine de Mercie dans les années 902-920 : l'Est-Anglie est conquise en 917, le royaume d'York en 918 mais à nouveau perdu en 919, la Northumbrie en 918. Et en 919 la Mercie est annexée au Wessex.
En 1066, les Normands de Guillaume le Conquérant s'emparent de l'Angleterre (voir l'article : Conquête normande de l'Angleterre), chassant Harold II, dernier des rois anglo-saxons. Ceux que l'on appela « souverains anglo-normands » ouvriront le pays aux influences continentales.
Après la mort accidentelle du dernier représentant de la dynastie anglo-normande en 1135, la guerre civile éclate entre les différents prétendants et se répand sur l'ensemble des territoires d'outre-Manche. Geoffroy Plantagenêt finit par triompher et ses successeurs bâtiront un véritable empire qui s'étendra non seulement sur l'Angleterre, mais aussi sur une majeure partie du royaume de France, présence qui ne prendra fin qu'à l'issue de la guerre de Cent Ans en 1453.
Au XVI siècle, la réforme protestante gagne l'Angleterre. Le conflit que le roi Henri VIII entretient avec le pape, pousse finalement le souverain à franchir le pas : le processus de la réforme anglaise est lancé, et qui donnera bientôt naissance à l'anglicanisme.
Après la mort de Élisabeth I, fille d'Henri VIII, en 1603, les Stuart qui règnent alors sur l'Écosse accèdent au trône d'Angleterre. Partisans d'un absolutisme, leurs visées inquiètent certains anglais qui craignent pour leurs droits. De plus, le catholicisme des Stuart fait craindre une remise en cause des réformes religieuses de la part des puritains. Une première révolution éclate et aboutit à l'exécution de Charles I en 1649. Un régime républicain est alors instauré sous le nom de Commonwealth de l'Angleterre, dirigé par un Lord Protecteur en la personne de Oliver Cromwell, suivit de son fils Richard.
La Restauration des Stuart en 1660 ne durera à peine que trente ans, puisque la Glorieuse Révolution de 1688 portera le prince néerlandais Guillaume III d'Orange au pouvoir et confirmera la monarchie protestante en Angleterre.
En 1707, les royaumes d'Angleterre et d'Écosse, bien que dirigés par les mêmes souverains issus de la dynastie Stuart, ne forment plus qu'un seul Royaume-Uni de Grande-Bretagne, à la suite de la signature de l'acte de l'Acte d'Union, dont la reine Anne Stuart en devient la première souveraine.