Armand Valeur

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Introduction

Amand Valeur
Naissance12 juin 1870

Lens (Pas-de-Calais) (France)
Décès3 mars 1927 (à 56 ans)

Paris (France)
NationalitéFrance Français
ChampsChimie organique

Pharmacologie
InstitutionÉcole de pharmacie de Paris

Société chimique de France

Établissements Poulenc frères
DiplôméPharmacien de première classe

Docteur en sciences
Célèbre pourQuinones
DistinctionsPrix Jecker (1913)

Armand Valeur est un chimiste et pharmacologue français, né en 1870 à Lens et mort en 1927 à Paris.

La carrière

Armand Valeur est né le 12 juin 1870 à Lens, dans le Pas-de-Calais, de parents pâtissiers. Il a dix ans lorsque son père et sa mère sont emportés par la variole noire. Recueilli par son oncle paternel, il commence à douze ans de brillantes études secondaires au collège Saint-Joseph d’Arras. En 1888, il est reçu bachelier en lettres. Après son service militaire, il accomplit à la pharmacie Wagon à Lens, puis à la pharmacie Famel à Paris, les trois années de stage exigées pour l’inscription à l’École de pharmacie de Paris.

En 1892, Valeur obtient son certificat de validation de stage et le baccalauréat en sciences et il s’inscrit à la fois à l’École supérieure de pharmacie de Paris et à la faculté des sciences. L’année suivante, il se classe troisième au concours de l’internat des Hôpitaux. Au laboratoire de l’hôpital du Midi, hôpital Ricord à partir de 1893, il se lie d’amitié avec Auguste Béhal qui donne alors, selon la théorie et la notation atomiques, un cours libre de chimie organique à l’École de pharmacie. En 1895, Valeur reçoit la médaille d’or de l’École. A la même époque, Marcellin Berthelot se l’attache comme préparateur au laboratoire de chimie organique de l’École des hautes études.

En 1898, Valeur passe avec succès les épreuves du diplôme de pharmacien. La même année, reçu avec la médaille d’or au concours des Hôpitaux, il obtient un poste d’inspecteur des asiles de la Seine. En 1900, il est docteur en sciences physiques.

En 1902, Valeur épouse la nièce de Béhal. Il rejoint la Molécule, groupe de jeunes chimistes fondé en 1903 par Fourneau et Tiffeneau, autres disciples enthousiastes de Béhal. Dans ce cercle, il rencontrera la plupart des futurs promoteurs, tant chimistes qu’industriels, de l’industrie pharmaceutique française, parmi lesquels Camille Poulenc, fondateur des établissements Poulenc frères, et Edmond Blaise qui assurera la direction scientifique de leurs usines.

Valeur passe brillamment le concours d’agrégation en 1909. De 1912 à 1914, il est chargé de conférences préparatoires au cours de chimie organique de l’École de pharmacie où, en 1913 et 1914, il tient aussi la chaire de Béhal.

Entretemps, il est devenu membre du conseil puis vice-président et enfin secrétaire général de la Société chimique de France et, après la guerre, il accepte enfin la direction générale des usines Poulenc que Camille lui propose depuis longtemps. Dès lors, Valeur se consacre entièrement à sa nouvelle tâche, jusqu’en 1926 où sa santé s’altère. Il meurt l’année suivante, le 3 mars 1927.

L’œuvre scientifique

Valeur n’a guère poursuivi ses recherches personnelles après la guerre, entièrement occupé qu'il était par la direction des usines Poulenc. Cependant, certains des travaux qu’il a accomplis entre la fin du siècle et 1912, au cours d’à peine plus d’une douzaine d’années donc, ne laissent pas d’être d’une grande importance.

Valeur a donné, entre autres, des publications sur les halogènes (1899), sur les glycols tertiaires (1902), sur le tétraphénylbutane (1903), et sur l’ozone, obtenant brillamment l’agrégation, en 1909, avec la présentation d’une thèse sur « l’action de l’ozone sur les composés organiques ».

Il a donné d’importantes contributions sur les quinones, séparant, dans sa thèse de doctorat en sciences (1900), les fonctions paraquinone et orthoquinone du point de vue thermochimique.

Mais l’essentiel de ses découvertes concerne certainement la spartéine. En collaboration avec Charles Moureu, Valeur a poursuivi pendant près de dix ans l'étude de cet alcaloïde du genêt à balais. Moureu et lui en ont entièrement élucidé la formule jusqu’alors tout à fait inconnue et ils ont montré que l’un au moins de ses atomes d’azote engage ses trois valences dans un noyau bicyclique. Charles Dufraisse qualifiera de monumental ce travail que les recherches ultérieures confirmeront entièrement.

Récompenses et distinctions

Titres et fonctions

  • Interne des Hôpitaux (1893)
  • Préparateur à l’École des hautes études (1895)
  • Pharmacien de première classe (1898)
  • Inspecteur des asiles de la Seine (1898)
  • Docteur en sciences (1900)
  • Agrégé de l’École de pharmacie (1909)
  • Chargé de conférences à l’École de pharmacie (1912-1914)
  • Professeur à l’École de pharmacie (en remplacement de Béhal ; 1913-1914)
  • Pharmacien-major (1914-1918)
  • Secrétaire général de l’Office des produits chimiques et pharmaceutiques (1914-1918)
  • Directeur général des usines Poulenc frères (1918-1926)
  • Membre du conseil, vice-président, puis secrétaire général de la Société chimique de France