Le baronh (littéralement : langue des Abh) est une langue artificielle créée par Hiroyuki Morioka. Elle est parlée par les Abh, peuple au centre de la série des Seikai (Crest of the Stars, Banner of the Stars, Seikai no danshō). L'existence de cette langue et de son alphabet spécifique, appelé Ath, tous deux très présents dans les romans comme dans l'anime contribue au réalisme de l'histoire. Hiroyuki Morioka a développé le baronh au fur et à mesure, ce qui entraîne quelques incohérences, y compris en ce qui concerne la transcription des ath.
Origine
Les Abh ont été créés par un groupe issu d'une nation asiatique, très probablement le Japon. Ils rejetaient les influences étrangères, ce qui les a conduit à adopter une version reconstruite du japonais, purgé des éléments chinois ou occidentaux, à partir de documents très anciens comme le Kojiki et le Man'yōshū. Les Abh ont adopté la langue de leurs créateurs, mais celle-ci a évolué très rapidement : Amateratsu, nom du vaisseau transportant les premiers Abh, est devenu Ablïarsec.
Alphabet et prononciation
Les Ath
Les Abh ont développé leur propre alphabet, appelé Ath (lettre), dont certains caractères ressemblent fortement aux kana.
La translittération latine usuelle (mais non totalement réversible dans sa version usuelle) de cet alphabet, est dans l’ordre :
a, i, u, é, o, e, c, s, t, l, n, h, p, f, m, ï, ai (è), y, œ, r, ü, au (ɔ), ÿ, eu (ø), g, z, d, b.
La prononciation du baronh présente quelques difficultés. Chaque lettre représente un son spécifique. La transcription des Ath est celle qui est officiellement en usage dans l’Empire humain des Abh.
Voyelles
La translittération latine usuelle des voyelles introduit des digrammes dont la translittération inverse en alphabet Ath est parfois ambigüe : au, ai, eu; dans certains textes, on peut leur préférer en cas d’ambiguïté leur écriture avec les mêmes lettres que l’alphabet phonétique international, ou l’utilisation d’accents.
Translittérations
Notes
Exemples
latine
API
X-SAMPA
i
[i]
[i]
idéal
é
[e]
[e]
échelle
ai / è
[ɛ]
[E]
pêche
e
[ə]
[@]
schwa (e sourd, à peine prononcé)
bouleverser
œ
[œ]
[9]
œil
eu / ø
[ø]
[2]
heureux
y
[y]
[y]
mur
u
[u]
[u]
touche
o
[o]
[o]
o fermé
opération
au / ɔ
[ɔ]
[O]
o ouvert
bol
a
[a]
[a]
a ouvert
avion
Semi-voyelles
Les lettres ï, ü et ÿ sont employées en combinaison avec d’autres voyelles.
Elles peuvent avoir le rôle de semi-voyelle, comme dans üaritec ou Placïac.
Elle peuvent indiquer que les deux consonnes représentent deux sons différents : Sérnaïc se prononce "Sérnaï" [sernaj], Painaigh se prononce "Pènèj" [p?n??].
Translittérations
Notes
Exemples
latine
API
X-SAMPA
ï
[j]
[j]
travail
ü
[w]
[w]
whisky
ÿ
[ɥ]
[H]
huit
Consonnes
La lettre h marque l’aspiration, mais lorsqu’elle suit une consonne, elle en modifie la prononciation, créant des digrammes dont la translittération latine reste toutefois réversible.
Le -c placé à la fin d’un mot (ainsi que -ec ou même seulement -e) ne se prononce pas :
frybarec (empire) se prononce « frubar » [frybar] ;
Ghintec est ainsi la transcription stricte de « Jint » [ʒint].
De même le -r final, placé après une consonne, ne se prononce pas ; il se prononce normalement après une voyelle (y compris un e sourd) :
nimh Laitpanr (grand-duc de Laipanh) se prononce « nif Lètpan » [nif lɛtpan], mais
dreuc Haïder (comte de Haïdec) se prononce « dreu Haïder » [drø hajdər].
La prononciation japonaise du baronh fait apparaître une règle dont les limites sont floues ; dans certains cas, le g se prononce comme une semi-voyelle ï [j] :
agth (domaine) se prononce « aïth » [ajθ] ; ou
Basrogrh (vaisseau commandé par Lamhirh dans Banner of the Stars) se prononce « Basroïr » [basrojʀ].
Ces deux cas suggèrent que cela se produit quand le g est précédé par une voyelle et suivi d’une consonne modifiée par le h.
Translittérations
Notes
Exemples
latine
API
X-SAMPA
m
[m]
[m]
nasale bilabiale
marchand
b
[b]
[b]
plosive bilabiale voisée
bouger
p
[p]
[p]
plosive bilabiale sourde
pilote
ph, mh
[ɸ]
[p\]
fricative biliabiale sourde
phare
bh
[v]
[v]
fricative labiodentale voisée
voyage
f
[f]
[f]
fricative labiodentale sourde
famille
n
[n]
[n]
nasale alvéolaire
nature
nh
[ɲ]
[J]
nasale palatale
gagner
dh
[ð]
[D]
fricative dentale voisée
anglais : this
th
[θ]
[T]
fricative dentale sourde
anglais : think
d
[d]
[d]
occlusive alvéolaire voisée
danse
t
[t]
[t]
occlusive alvéolaire sourde
transport
g
[ɡ]
[g]
occlusive vélaire voisée
garantie
c
[k]
[k]
occlusive vélaire sourde
casser
gh
[ʒ]
[Z]
fricative post-alvéolaire voisée
jovial
ch
[ʃ]
[S]
fricative post-alvéolaire sourde
chemin
z
[z]
[z]
fricative alvéo-palatale voisée
zibeline
s
[s]
[s]
fricative alvéolaire sourde
silence
r
[r]
[r]
alvéolaire roulée
espagnol : perro
rh
[ʀ]
[R]
fricative uvulaire voisée
roi
l
[l]
[l]
spirante alvéolaire voisée
lumière
h
[h]
[h]
fricative glottale sourde
hot-dog
Exemples
Baronh se prononce donc « barogn » [baroɲ].
La prononciation correcte de Ablïarsec néïc Dubreuscr bœrh Parhynr Lamhirh est « Abliar néï Doubreusc bœr Parun Lafir » [abljar nej dubrøsk bœʀ paʀyn lafiʀ].
Grammaire
Le baronh, issu d'une langue agglutinante, a évolué vers une langue flexionnelle par transformation de certaines particules en suffixes. L'évolution n'est pas complète : le phénomène de flexion est limité aux noms et aux pronoms ; les variations de genre n'existent pas ; seuls les pronoms varient en nombre.
Les noms sont divisés en quatre catégories. La première catégorie se caractérise par le déplacement de la voyelle. Elle est aussi à l'origine d'une exception dans l'ordre des mots. Un nom au génitif se place après le mot auquel il se rattache, sauf les noms de la première catégorie, qui se placent avant : frymec négr [frym neg] (négr est le génitif de négh) (fille d'amour), maisBar Frybarec [bar frybar] (l'empire des Abh).
Les adjectifs sont invariables. Ils sont formés avec le suffixe -a ; c'est ainsi qu'est formé le participe. En règle générale, l'adjectif se place après le nom : lymh raica [lyf rɛka] (ancien baron).
La flexion des verbes se fait selon une combinaison de trois modes (indicatif, participe, subjonctif) et de cinq catégories (infinitif, impératif, parfait, progressif, futur). L'"infinitif", en baronh, désigne en fait un état neutre du verbe.
indicatif
participe
subjonctif
infinitif
-e
-e
-éme
impératif
-é ou -no
-
-
parfait
-le
-la
-lar
progressif
-lér
-léra
-lérm
futur
-to
-naur
-dar
Le verbe peut être omis si le sens de la phrase est clair sans lui.