Basilique Saint-Maurice d'Épinal
Histoire de l'édifice
Au Moyen âge, les terres dépendaient du seigneur de Metz, pour le religieux, elles dépendaient du diocèse de Toul, paroisse de Dogneville. Elle se situe vraisemblablement sur l'emplacement de la première église de la ville, édifiée au X siècle par l'évêque Gérard de Toul sur la demande de Thierry de Hamelant, évêque de Metz, la paroisse est formée de cinq manses prélevèes à la paroisse de Dogneville : Spinal, Grennevo, Avrinsart, Villers et Rualménil. Thierry de Hamelant, fondant le monastère, l'église accueillait à la fois la population de la ville et les moines bénédictins, était initialement dédiée à saint Maurice. Pour parfaire la fondation, les deux évêques se déplacent, Thierry de Hamelant apportant les reliques de Saint Goëry, un miracle aurait eu lieu en cette occasion relatée par Widric. Au sud de la nef, se trouvait le cloître. Au sud du chœur y était associé le premier cimetière spinalien, sur l'actuelle place de l'Âtre, comme le rappelle un crucifix appliqué sur le mur du bras sud du transept. L'évêque suivant, Adalbéron II, trouvant le monastère déserté, décida d'y installer des moniales bénédictines sous le patronage de saint Goëry, un de ses prédécesseurs sur la cathèdre messine.
Dans le milieu du XI siècle, une nouvelle église romane, fut reconstruite, et consacrée par le pape lorrain saint Léon IX. On suppose qu'elle avait un aspect comparable à aujourd'hui. Les murs de la nef sont toujours ceux du XI siècle auxquels des bas-côtés ont été ajoutés au XIII siècle. Les traces des ouvertures originelles sont bien visibles à l'extérieur, sur le mur sud.
C'est vraisemblablement au cours du XIII siècle que les moniales sont remplacées par un chapitre de chanoinesses qui subsistera jusqu'à la fin du XVIII siècle. De nouveau consacrée à Saint-Maurice, la collégiale servit aussi d'église paroissiale pour les habitants d’Épinal, un autel ayant été placé à cet effet à l'extrémité est de la nef.

plan de la basilique
Des travaux eurent lieu du XIII siècle au XIV siècle. Dès le XIII siècle, le chœur est reconstruit, un nouveau portail ouvrant sur la ville est bâti dans le mur nord de la nef et cette dernière est couverte de voûtes.
En 1846, l'église est classée monument historique. Au XIX siècle, la tour-beffroi fut ouverte d'un portail néo-roman.
C'est le 20 février 1933 que l'église paroissiale Saint-Maurice fut consacrée basilique mineure, sous le pontificat de Pie XI. D'importantes restaurations ont eu lieu au XX siècle.
Aspects architecturaux
La tour,
telle qu'elle est visible actuellement, est très massive et fait une trentaine de mètres; elles est en deux parties :
- 1 : depuis le sol, la partie la plus large, elle fait dix sept mètres de hauteur, deux salle carrées en sont sein et couverte par un chemin de ronde, ouverte sur l'extérieur par des baies et des meurtrières;
- 2 : par dessus est apposé un beffroi en retrait d'un mètre cinquante, contenant les cloches;
- depuis l'extérieur (T1 sur le plan), sur la droite en entrant et dans l'épaisseur du mur sud, se trouve un escalier en spirale dont les marches sont posées les unes sur les autres ne faisant qu'un avec le moyeu, il arrive jusqu'au chemin de ronde en se terminant par un chapiteau à crochets;

tour avec les deux croix, le chemin de ronde, les ouvertures de la basilique
- un second escalier (T2 sur le plan), prenant naissance dans la nef, à gauche de la porte menant de la tour, fut redécouvert en 1984;
- un toit en bâtière de grès posé en 1933 avec sur le dessus deux croix, l'une en pierre nimbée, l'autre en fer forgé avec en son haut un coq.
Le cœur,
il se compose d'un vaisseau central qui est formé :
- deux travées précédant (A et B),
- une abside à cinq pans,
- deux absidioles à quatre pans en retrait d'une travée (A).
Le lieu principal de culte, l'abside, est mis en valeur alors que les absidioles en sont traitées que comme de simples annexes. Les absidioles sont remarquables en ce qu'elles sont désaxées, 45° par rapport à l'axe de l'église; cette configuration est assez rare dans l'art roman, elle est en cela comme les églises de Montbron, l'Abbaye de Puypéroux, Monsempron-Libos et Chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine. Cette disposition sera reprise dans l'art gothique dans des exemples rayonnant depuis Église abbatiale Saint-Yved de Braine dans la Champagne et vers le nord, mais aussi vers Collégiale Saint-Gengoult de Toul ou la sainte-chapelle de Dijon ainsi que Bonlieu et Saint Maximin.
Le portail des bourgeois
Au XIII siècle, l'église était bordée au sud par un cloitre et les bâtiments du couvent et les chanoinesses avaient ainsi une entrée particulière (A1 sur le plan); les paroissiens entraient donc par une entrée nord dite des bourgeois (A2 sur le plan). Cette disposition persista jusqu'au XIX siècle ou fut alors percé une entrée dans la tour (portail roman). Il est nommé alors Antrée Mons St-Goéry
Le portail comportait un décor sculpté important avec des statues sur les parois de droite et de gauche, les deux tympans latéraux et le tympan de face comportaient des décors et il y avait aussi des voussures ornées. L'ensemble subit une importante dégradation en 1793, mais Émile Boeswillwald supervisa des travaux réalisés par Schuler. Le portail est formé d'une entrée de 7,6 m en forme de trapèze avec une croisée d'ogive dont la clef est un agnus dei qui est entouré d'un cercle de feuillage et d'un personnage très abîmé qui pourrait-être un ange. L'arête sur la rue est un arc légèrement brisé avec une archivolte à deux voussures avec un décor en feuilles terminées en crochets. Le tout est surmonté d'une arête en saillie supporté par des corbeaux en gargouilles.
Au centre entre les deux portes se trouve une statue de la Vierge à l'Enfant haute de 2,25 m posée sur un trumeau; elle est avec des traces de polychromie et semble dater du XIII siècle. Ils reste cinq têtes de ce portail conservées au Musée Départemental des Vosges.
![]() Depuis la rue des Bourgeois. | ![]() La nef, la tour et les arcs boutant. | ![]() Portail des bourgeois XIXe avant restauration. | ![]() Façade occidentale. |
![]() La nef et son étage intermédiaire. | ![]() Clefs de voûte de la nef. | ![]() La porte des dames. | ![]() St Goéry et ses filles. |
Œuvres hébergées
- Un tableau de Nicolas Bellot représentant la passion du christ et le château d'Épinal (le château d'Épinal y symbolisant Jérusalem) au XVII siècle est exposé dans la basilique.
- La nécropole des dames du chapitre Saint-Goëry (sépultures de Yolande de Bassompierre à Gabrielle de Spada)
- Reliquaires de saint Auger, saint Goëry et saint Maurice de ses compagnons








