Les bruches sont surtout connues par leur appellation anglo-saxonne de "seed-beetles". En effet, les larves de ces insectes sont séminivores et se développent en général au sein d’une seule et même graine (Johnson, 1981; Delobel & Tran, 1993).
La plupart des espèces de Bruchinae ont un cycle de vie similaire. Les femelles déposent généralement leurs œufs directement sur les gousses ou les graines. La larve néonate qui émerge de l’œuf se distingue alors des autres stades larvaires par des structures particulières qui l’aident à sortir de l’œuf (eg., Johnson, 1981; Delobel & Tran, 1993 ; Daly et al., 1998). Elle est en outre très mobile, et elle peut percer des téguments très épais et durs de façon à pénétrer dans les graines. Peu de temps après être entrée dans la graine, la larve du premier stade (L1) mue. Les stades larvaires suivants sont apodes et se développent dans la graine. Néanmoins, chez certaines espèces associées à des graines de très petite taille, les larves restent mobiles et peuvent consommer plusieurs graines. La situation inverse existe et parfois plusieurs larves de la même espèce peuvent se développer dans une même graine : De Luca (1967) trouve ainsi jusqu’à 36 larves d’Acanthoscelides obtectus dans une seule graine de haricot. En général, le dernier stade larvaire se nymphose à l’intérieur de la graine consommée (après avoir préparé un orifice de sortie), mais certaines espèces (du genre Caryedon par exemple) tissent un cocon, et se nymphosent à l’extérieur de la graine (Delobel & Tran, 1993). Chez d’autres espèces, la larve du dernier stade se fabrique un abri en agglomérant plusieurs graines autour d’elle (Johnson, 1981). Après son émergence, l’imago est en mesure d’amorcer un nouveau cycle de vie. Il peut alors y avoir des différences notables dans le mode de vie des adultes selon les espèces considérées. En général , les adultes se nourrissent peu et ne consomment qu’un peu de pollen et de nectar (Johnson, 1981). Cette consommation de pollen a néanmoins un rôle essentiel chez certaines espèces, car elle permet la maturation des organes reproducteurs mâles et femelles (Huignard et al., 1990). Chez plusieurs espèces du genre Bruchus, la maturation des gamètes femelles est en outre conditionnée par la nature du pollen (Huignard et al., 1990).