Construction
La cathédrale d'Avranches apparaît pour la première fois dans les textes en 1025, au moment de sa reconstruction sous l’épiscopat de Maugis (1022-c. 1026). À cette époque, la Normandie assiste à la reconstruction de chacune des cathédrales de ses six diocèses. Si le duc de Normandie Richard II soutient le projet financièrement et politiquement, il faut voir en Maugis le véritable promoteur de ce vaste projet architectural.
La construction de la cathédrale romane d’Avranches s’échelonna sur près d’un siècle ; peut-être même y eut-il deux campagnes de construction. Après les premiers travaux initiés par Maugis, il faut attendre le 17 septembre 1121 pour voir la cathédrale enfin consacrée, sous l’épiscopat de Turgis (1094-1134).
Du XII au XVI siècles
En 1172, le puissant roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt vint à Avranches pour faire amende honorable devant les légats du pape, pour le meurtre de l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, qui avait ému toute la chrétienté. Au bas de la place Daniel-Huet, une dalle funéraire du XVII siècle, entourée de chaînes, rappelle l'emplacement de la porte nord de la cathédrale, là où le roi d'Angleterre reçut la discipline. Voir le monument Henri II de la place Daniel Huet à Avranches.
Aux XI et XII siècles, l'enseignement théologique donné à l'école du chapitre d'Avranches par des chanoines et des moines normands était très réputé. Deux moines du Bec, les italiens Lanfranc de Pavie et Anselme d’Aoste, s’illustrèrent à Avranches à la fin du XI siècle avant de devenir archevêques de Cantorbéry.
La principale faiblesse de la cathédrale résidait dans sa situation : exposée en première ligne, elle fut la cible de toutes les attaques et, à diverses reprises, dut être consolidée.
En avril 1450, lors d’un ultime épisode avranchinais de la guerre de Cent Ans, François I, duc de Bretagne, allié du roi de France, dirigea les troupes royales rassemblées au Pont-Gilbert, avec pour objectif de chasser l'occupant anglais de la ville. Après trois semaines de siège, l'artillerie avait fait de tels ravages que le capitaine anglais John Lampet demanda la fin des combats. L’état pitoyable des fortifications, du palais épiscopal et de la cathédrale, nécessita des travaux colossaux.
Au XVI siècle, pendant l’hiver 1590-1591, un nouveau siège meurtrit la cité : la population, guidée par le gouverneur Odoard Péricard et son frère l'évêque François Péricard, s'est ralliée à la « Sainte Ligue » catholique et refusait de reconnaître le roi Henri IV. La ville capitula au terme de soixante jours de harcèlement et de bombardement par l'artillerie royale sous les ordres du duc de Montpensier. Une fois encore la ville devait panser ses plaies.
Destruction
En 1798, à la Révolution, la cathédrale Saint-André fut réduite à une simple église paroissiale dont le curé constitutionnel se nommait Rioult de Montbray. Ce dernier effectua des travaux hasardeux et, le 20 germinal de l’an IV (9 avril 1796), en particulier la suppression du jubé en pierre qui fermait le chœur. Ce jubé ayant probablement eu un effet de soutainement, sa disparition entraîna un écartement puis l'écroulement d'une partie des voûtes de la neuf et du chœur. La cathédrale ruinée resta ainsi pendant tout le reste de la Révolution.
Suite au Concordat de 1801, le diocèse d'Avranches fut supprimé et réuni à celui de Coutances. La ville d'Avranches perdit le rang d'évêché et partant, aucune perspective de reconstruction de la cathédrale n'était plus envisageable. Par souci de sécurité, le conseil municipal ordonna d'abattre les derniers murs de la nef et de la tour horloge en 1802.
Les deux tours romanes de la façade furent maintenues, malgré leur mauvais état, grâce à la volonté du maire Tesnière de Brémesnil qui espérait les restaurer avec l’aide du gouvernement. Leur intérêt géodésique fut mis en avant pour leur sauvegarde et le télégraphe aérien Chappe installé sur la tour nord lui offre un répit de quelques années.
Cependant, une nouvelle décision municipale condamna ces tours séculaires à la destruction en 1812 et ce fut la disparition définitive de la « Belle Andrine ».