Les origines
- En France, les centrales électro-solaire à tour sont étudiées depuis 1976 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), et Électricité de France (EDF) sous le nom de programme THEM (Thermo-Hélio-Électrique-Mégawatt).
- Le 30 septembre 1977, le Conseil des ministres décidait de la construction de la centrale THEM1, dans les Pyrénées-Orientales.
- Le 20 juin 1979, le Conseil des ministres décida de la réalisation de THÉMIS, dans le cadre du programme thermodynamique de conversion de l'énergie solaire.
- Le Commissariat à l'énergie solaire (COMES) créé en 1978, le CNRS et EDF proposèrent de construire ensemble un Centre National d'Essais Solaire (CNESOL), où la centrale THÉMIS permettrait d'étudier les systèmes à haute température en utilisant des sels fondus.
- le Conseil Général des Pyrénées-Orientales acquiert en 1979 des terrains sur la commune de Targasonne, et conclut un bail emphytéotique avec Électricité de France (EDF) pour la construction de la centrale électro-solaire THÉMIS.
- En octobre 1979, signature du protocole avec le COMES désignant EDF, comme maitre d'ouvrage et maitre d'œuvre de l'ensemble des travaux.
- Créée en mai 1982, l'Agence Française pour la Maîtrise de l'Energie (AFME) future Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) reprend les attributions du COMES.
- La Centrale solaire de THÉMIS est inaugurée par EDF en 1983.
Elle devient opérationnelle et emploie 48 personnes. Elle constitue alors une véritable référence internationale en matière de conversion de l'énergie solaire en électricité. Les technologies et leurs applications développées à THÉMIS seront d'ailleurs reprises avec succès à l’étranger, notamment en Espagne et aux États-Unis.
- De nombreuses interruptions auront lieu, et de nombreuses erreurs des scientifiques vont se générer avec l’absence de moyens informatiques. Le coût trop élevé des réparations, une production faible et un pétrole à nouveau à prix raisonnable conduiront à l’arrêt du financement de la centrale par EDF en septembre 1986.
La recherche en astrophysique
Des astrophysiciens prennent alors le relais et installent, sur les socles mobiles des héliostats, des dispositifs dédiés à la détection des rayons cosmiques. De 1987 à 2004, le site de Thémis est mis à disposition de l'IN2P3, du CEA et du CERN, qui y tenteront de détecter le rayonnement gamma de très haute énergie produit par les objets astrophysiques, à partir du rayonnement Čerenkov produit par les particules secondaires créées dans l'atmosphère. Le site accueillera ainsi successivement les télescopes Thémistocle et ASGAT (1987-1996), CAT (Čerenkov Array at Thémis, 1996-2000) et enfin Céleste (2000-2004).
Le renouveau de l'énergie solaire en France
Le Conseil Général décide, par délibération du 24 février 2003, de lancer deux études permettant de rendre à la centrale THÉMIS son usage premier : produire de l’électricité. THÉMIS devient un pôle de compétitivité DERBI (Développement des Énergies Renouvelables dans le Bâtiment et l’Industrie).
THÉMIS commence alors sa troisième existence. En 2004, un nouveau projet voit le jour et le Conseil général des Pyrénées-Orientales décide de réhabiliter la centrale solaire pour produire de l’électricité, encourager la recherche dans l'énergie solaire et instaurer un développement touristique nouveau en Cerdagne. Le programme de reconversion de THÉMIS vise à en faire l'un des 1ers sites européens de valorisation solaire multitechnologique.
Ce programme doit répondre à quatre objectifs principaux qui concourront à la revalorisation des installations de THÉMIS en termes de :
- production d'énergie d'origine renouvelable,
- recherche et développement dans le domaine des nouvelles technologies de l'énergie solaire,
- développement économique,
- tourisme industriel et scientifique.
Au total, six projets de recherche et développement ont ou vont très prochainement être sélectionnés.
Selon la préfet de région, Cyrille Schott, « THÉMIS doit devenir un site majeur en Europe pour la recherche et la production dans le domaine de l’énergie solaire ».
30 ans après le premier arrêt de la centrale, plusieurs acteurs industriels français se sont positionnés sur cette technologie. Le groupe français Areva a par exemple racheté en 2010 la société australo-américaine Ausra. En France, une jeune société, Solar Euromed, a lancé le programme Alba Nova en Corse afin de rattraper le retard industriel accumulé dans ce secteur par les acteurs français. Dans le cadre de ce programme, la première centrale solaire thermodynamique française de grande puissance (12 MW) Alba Nova 1 est en cours de développement.