Le 28 juillet 1789, des émeutiers pillèrent et brûlèrent le château de la Motte de Madré et le château de Vaugeois. Un habitant de Neuilly-le-Vendin, François Desgnetais, qui disait avoir assisté au sac de ces deux châteaux, disait à qui voulait bien l'entendre "Il faut que le chartrier d'Hauteville ait son tour ; dès que vous entendrez le tocsin, rassemblez-vous et marchez sur Hauteville. Si vous restez sourd à mon appel, je viendrai avec deux mille normands qui y mettront tout à feu et à sang dans vos paroisses ». Le jeudi matin 31 juillet, ils furent 1500 à se rassembler sur la place du petit bourg de Chevaigné et malgré i'intervention des curés de Chevaigné et des Chapelles, venus leur faire entendre raison, « armés de fusils, brocs, fourches, piques et autres armes », sous les ordres de Desgenetais et de Lucien Loison, ils marchèrent sur Hauteville où ils arrivèrent à midi. L'intendant leur ayant échappé, les emeutiers décidèrent de fouiller eux-mêmes le château pour y découvrir le fameux chartrier qui fut livré aux flammes d'un feu de fagots et de genêts, "Rien ne fut soustrait à la destruction". Les responsables de ces actes de vandalisme furent d'abord arrêtés, puis, dans un second temps, condamnés à mort et enfin relâchés.
Le château échappa de justesse à l'incendie du 30 juillet mais il fut pillé "révolutionnairement", son mobilier, ses portes, ses fenêtres (qui n étaient pas encore toutes placées) furent vendues à un prix dérisoire. Il fut à nouveau menacé le 14 novembre 1790. Le 26 juin 1791, deux détachements de gardes nationaux, sous les ordres de Beauvais et Durand, vinrent à leur tour enfoncer les portes des armoires qui restaient et casser les bouteilles dans les caves sans oublier d'emporter avec eux sept fusils de chasse. II subit encore une perquisition le 14 juillet 1793 et finit par devenir une salpétrière où l'on fabriquait du "salin". Le 27 juillet 1799, les Chouans enlevèrent, de sur le château, une charretée de plomb ; le reste (7 à 8 charretées) fut transporté à Lassay.