Classification internationale des maladies

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Introduction

La Classification internationale des maladies, dont l'appellation complète est Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (en anglais : International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems), est publiée par l'OMS pour l'enregistrement des causes de morbidité et de mortalité touchant les êtres humains à travers le monde.

La désignation usuelle abrégée de « Classification internationale des maladies » est à l’origine du sigle couramment utilisé pour la désigner : « la CIM » (en anglais : ICD).

La CIM permet le codage des maladies, des traumatismes et de l'ensemble des motifs de recours aux services de santé.

Elle a été conçue pour « permettre l'analyse systématique, l'interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions à des époques différentes » (volume 2 p. 2). Son histoire a commencé avec la Classification des causes de décès de Jacques Bertillon (1893). Cette classification a fait l'objet de cinq révisions décennales jusqu'en 1938. À la création de l'OMS en 1945, celle-ci se vit confier l'évolution et la mise à jour de la classification de Bertillon. La sixième révision devint en 1948 la Classification statistique internationale des maladies, traumatismes et causes de décès : elle cessait en effet de ne répertorier que les causes de décès pour s'intéresser de façon plus générale à la morbidité.

Les travaux pour l'élaboration de la dixième révision (CIM-10, en anglais : ICD-10) - actuellement utilisée (2006) - ont commencé en 1983 et ont été achevés en 1992. La CIM-9 ayant vu le jour en 1975, la CIM-10 a rompu le rythme décennal des révisions. L'un des motifs en est l'importance des modifications effectuées. L'OMS avait prévu que les révisions décennales seraient remplacées par des mises à jour. La première a été publiée en 1996, suivie d'autres selon un rythme annuel.

Les affections (symptômes, maladies, lésions traumatiques, empoisonnements) et les autres motifs de recours aux services de santé sont répertoriés dans la CIM avec une précision qui dépend de leur importance, c'est-à-dire de leur fréquence et de l'intensité du problème de santé public qu'ils posent (par exemple, le chapitre des maladies infectieuses est le plus gros et le plus détaillé parce que ces maladies sont la première cause mondiale de morbidité et de mortalité).

La CIM est une classification statistique et mono-axiale. Elle est statistique en ce sens que l'entité faisant l'objet d'un codage ne peut être attribuée qu'à une et une seule catégorie de la classification. Cela découle des règles de codage pour le choix de l'affection principale ou de la cause de mortalité. Elle est mono-axiale en ce sens que chaque entité (maladie) ne correspond qu'à un seul code, les ambiguïtés de classement étant levées par les règles d'exclusion.La CIM attribue aux entités répertoriées un code alphanumérique comportant trois à cinq caractères.

La CIM-10 comprend trois volumes, publiés respectivement en 1993 (vol. 1), 1995 (vol. 2) et 1996 pour le vol. 3.

Volume 1

Il est essentiellement constitué par la Table analytique de la classification.

  1. La table analytique comporte vingt deux chapitres depuis 2006, du fait de sa plus récente mise à jour ; elle en comptait vingt et un auparavant. Chaque chapitre est divisé en catégories affectées d'un code à trois caractères, par exemple : asthme J45. La majorité des catégories propose un niveau de détail supplémentaire ou sous-catégorie dont le code est précisé par un quatrième caractère (séparé des trois premiers par un point), par exemple : asthme allergique J45.0.

Les vingt deux chapitres avec l'indication des codes des première et dernière catégories qu'ils contiennent sont les suivants :

ChapitreCodesTitre
IA00-B99Certaines maladies infectieuses et parasitaires
IIC00-D48Tumeurs
IIID50-D89Maladies du sang et des organes hématopoïétiques et certains troubles du système immunitaire
IVE00-E90Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques
VF00-F99Troubles mentaux et du comportement
VIG00-G99Maladies du système nerveux
VIIH00-H59Maladies de l'œil et de ses annexes
VIIIH60-H95Maladies de l'oreille et de l'apophyse mastoïde
IXI00-I99Maladies de l'appareil circulatoire
XJ00-J99Maladies de l'appareil respiratoire
XIK00-K93Maladies de l'appareil digestif
XIIL00-L99Maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané
XIIIM00-M99Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif
XIVN00-N99Maladies de l'appareil génito-urinaire
XVO00-O99Grossesse, accouchement et puerpéralité
XVIP00-P96Certaines affections dont l'origine se situe dans la période périnatale
XVIIQ00-Q99Malformations congénitales et anomalies chromosomiques
XVIIIR00-R99Symptômes, signes et résultats anormaux d'examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs
XIXS00-T98Lésions traumatiques, empoisonnements et certaines autres conséquences de causes externes
XXV01-Y98Causes externes de morbidité et de mortalité
XXIZ00-Z99Facteurs influant sur l'état de santé et motifs de recours aux services de santé
XXIIU00-U99Codes d'utilisation particulière

Seuls les vingt et un premiers chapitres sont aujourd'hui présents dans l'édition papier de la CIM-10. Le chapitre XXII est accessible en anglais sur le site Internet de l'OMS, avec l'ensemble des mises à jour faites depuis 1996. Il est aussi accessible avec les mises à jour, en français, sur le site de l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation.

  1. Morphologie des tumeurs : c'est une nomenclature anatomopathologique qui provient de l'adaptation de la CIM à l'oncologie.
  2. Annexes
  • Listes spéciales pour la mise en tableau des causes de mortalité et de morbidité
  • Définitions

Volume 2

C'est le Manuel d'utilisation de la CIM. Il contient les règles et directives pour l'établissement des certificats de décès et pour le codage de la mortalité et de la morbidité.

Cet ouvrage est indispensable à la compréhension des règles de codage de la cause initiale de décès, de l'affection principale et des autres affections.

Enfin, le volume 2 contient un chapitre consacré à l'historique du développement de la CIM.

Volume 3

Il contient l'Index alphabétique de la table analytique du volume 1. L'ensemble fournit un thesaurus de quelque 14790 entrées, dont voici un échantillon:

F60.5, Caractère obsessionnel(-compulsif)

F60.0, Caractère paranoïaque

R46.5, Caractère soupçonneux

T58, Carboxyhémoglobinémie

D39.1, Carcinoïde (M8240/3) - avec goitre ou strume ovarien(ne) (M9091/1)

C18.1, Carcinoïde (M8240/3) - à cellules caliciformes (M8243/3) siège non précisé

D37.3, Carcinoïde (M8240/3) - appendice (M8240/1)

C18.1, Carcinoïde (M8240/3) - mucineux (M8243/3) siège non précisé

D39.1, Carcinoïde (M8240/3) - ovarien (M9091/1)

D39.1, Carcinoïde (M8240/3) - strumeux (M9091/1)

C78.6, Carcinomatose péritonéale (M8010/6)

C80, Carcinomatose siège non précisé (M8010/6)

C75.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - acidophile (M8280/3) siège non précisé

C75.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - acidophile et basophile, mixte (M8281/3) siège non précisé

C41.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - améloblastique (M9270/3)

C41.0, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - améloblastique (M9270/3) maxillaire supérieur (os)

C44.9, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - apocrine (M8401/3) siège non précisé

C21.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - basaloïde (M8123/3)

C75.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - basophile (M8300/3) siège non précisé

C75.1, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - basophile et acidophile, mixte (M8281/3) siège non précisé

C10.4, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - branchial ou branchiogénique

C50.9, Carcinome (à) (de) (M8010/3) - canalaire (M8500/3) infiltrant (M8500/3) avec carcinome lobulaire (in situ) (M8522/3) siège non précisé

Controverses sur les diagnostics psychiatriques

Cette classification qui globalement s'est alignée sur celle du DSM (particulièrement depuis la 4ème révision DSM-IV) est très critiquée et pour les mêmes raisons . Par ailleurs, le fait qu'elle ne reprenne pas les axes du DSM fait que la liste des diagnostics a tendance à s'allonger sans fin et sans qu'on puisse clairement hiérarchiser ceux qui sont pertinents dans l'actuel, ceux qui relèvent d'un aspect structurel, etc. Enfin, la partie des diagnostics pédopsychiatrique (enfants et adolescents ) est insuffisante, ce qui a tendance à confondre pédopsychiatrie et psychiatrie de l'adulte dans une vision adultomorphe.