La Commanderie de Cressac était une commanderie templière située dans le département de la Charente en France, et dont il reste la chapelle, remarquable par la présence de fresques représentant des scènes de la victoire des croisés.
Description géographique
La chapelle templière de Cressac est située à Cressac-Saint-Genis, en Charente.
Historique
La présence d'un puits jamais à sec, a permis au Templiers de faire bâtir une commanderie et de s'installer sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La chapelle, construite entre 1150 et 1160, est le seul bâtiment restant de cet ensemble.
Après la chute de l'ordre du Temple en 1312, cet ensemble a été donné à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. À la Révolution, celle-ci a été vendue comme bien national pour servir de bâtiment agricole.
Elle a été achetée au début du XX siècle par l'église protestante de Barbezieux. Elle a été remise en état et sert depuis lieu de culte ce qui explique la présence d'une croix huguenote au centre du mursud qui ne présente pas ou plus de fresque.
Des restaurations qualifiées de « trop radicales » ont été effectuées avant 1969.
Description
De plan rectangulaire, la chapelle est constituée de murs épais épaulés de contreforts. Le mur sud présente sur une pierre la marque en creux d'une « main de pénitent », chacun d'entre eux devant frotter cette pierre.
Fresques templières
Fresques templières dans l'ébrasement de l'ouverture, barque à voile carrée
L'intérieur de la chapelle est remarquable car ses murs nord, est et ouest sont ornés de plusieurs fresques concernant les Templiers : des scènes de la victoire des croisés et de l'armée franque de Hugues le Brun de Lusignan et de Geoffroy Martel (frère de Guillaume Taillefert comte d'Angoulême) sur les Sarrasins menés par Nourreddine, dans la plaine de la Bocquée, en 1163.
Ces fresques représentent des cavaliers en armes, ainsi que d'autres sujets dont un bateau qui pourrait être une nef templière. Ces fresques sont réalisées par application d'une argilerouge locale liée au blanc d'œuf, dont la couleur a résisté au temps. Ces peintures ont été effectuées en plusieurs étapes par des artistes différents : sur le mur nord, en premier la frise du haut qui raconte une bataille, plus tard la frise du bas qui représenterait un échange de prisonniers et après un décor de frises les unes géométriques, les autres en rinceau, qui masquent par endroit le haut des heaumes et les sabots des chevaux.
Ces fresques de la fin du XII siècle couvraient autrefois l'ensemble de l'intérieur. On y reconnaît un évêque qui pourrait être Adémar, qui participa à la première croisade. Les fleurs de lys (photo 3) sur le fond rappellent le roi de France. L'une des scènes du mur nord présente les chevaliers sortant au galop d'une ville fortifiée à la poursuite d'assaillants en retraite. « Il s'agit d'une lutte mémorable aujourd'hui identifiée par M. Deschamps, au cours de laquelle Nour ed-dîn, atâbeg d'Alep et de Damas, fut vaincu à la Boquée, alors qu'il venait d'attaquer le Krak des chevaliers ».
S'agissant d'un ordre chevalier, il faut constater que le regard des chevaux et des cavaliers est identique et contribue à donner à la scène une vie saisissante.
À la fin du XIX siècle, le peintre charentais Eugène Sadoux a peint les fresques de la chapelle, ajoutant des détails aux fresques actuelles. On ne peut exclure le fait que ces éléments manquants puissent parfois être une vue d'artiste.
départ des chevaliers.
chevaliers équipés pour le combat
attaque des chevaliers
frise du bas
photographie d'une photographie d'une aquarelle d'Eugène Sadoux
Commandeurs templiers
Nom du commandeur
Dates
vers
État
La chapelle des Templiers fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 9 mai 1914.