Les soignants, selon leur discipline, ont différentes raisons possibles pour appliquer la contention.
Visée thérapeutique
C’est le cas en orthopédie où la contention physique est nécessaire à l’immobilisation d’une partie du corps (attelle, plâtre, etc.), mais aussi dans des situations d’urgence pour le maintien en place de matériel médical (sonde, cathéter, pansement, etc.).
Dans les services de psychiatrie et pédopsychiatrie, la contention est utilisée à visée thérapeutique pour des motifs de « contenance ». Par exemple :
- La « contenance éducative» sert à canaliser le trop plein d’impulsivité chez des personnes au comportement impulsif ou violent, en proie à l’angoisse ou à des crises de panique. Dans ce contexte, le travail relationnel est décrit comme préalable à l’éventuelle maîtrise physique du patient.
- En cas d’autisme, par exemple, les mesures de contention chimique (neuroleptiques) permettent de « restructurer » leur fonctionnement mental décrit comme « éclaté » et favorisent ainsi la communication avec le patient. Cet effet peut également être obtenu par des techniques de contention physique comme l’enveloppement (draps, couvertures).
Visée ré-éducative
Le but est de rétablir la fonctionnalité d’un membre ou d’une partie du corps. La contention active et la contention posturale en kinésithérapie et en orthopédie en sont les principaux exemples.
Raisons dites « de sécurité »
L’application d’une contention peut avoir pour but de protéger le patient et/ou son entourage (autres patients, personnel soignant, famille), voire son environnement (locaux, matériel).
En pédiatrie, certains enfants peuvent se montrer très turbulents et inconscients du danger qu’ils peuvent générer. Une contention relationnelle douce (activités occupationnelles, etc.) suffit généralement mais parfois une contention physique ou chimique est nécessaire.
En gériatrie, la sécurité du patient face aux chutes potentielles est le motif le plus fréquent pour la mise en place d’une contention. Ensuite, viennent les troubles comportementaux (agitation psychomotrice et déambulation excessive).
Les services de psychiatrie sont aussi évidemment concernés par les troubles du comportement, et la contention peut être utilisée pour pallier l’insécurité qu’ils provoquent.
D’autres motifs
Plusieurs autres raisons sont également avancées par les soignants :
- Il y a notamment la crainte d’une éventuelle plainte judiciaire pouvant provenir du patient ou de sa famille dans le cas d’un accident qu’une contention aurait pu empêcher. C’est alors en prévention qu’elle est posée.
- La contention peut être mise en place à cause du manque de personnel soignant ; elle donne, dans ce cas, une impression de contrôle sur les patients que les soignants ne peuvent surveiller en permanence.