Pour que la fusion soit énergétiquement rentable, il faut que l’énergie produite par les réactions de fusion compense au minimum les pertes inhérentes à la production d'énergie. En pratique, on est amené à considérer la puissance perdue dans le processus, P et la puissance générée par celui-ci, P. Le critère de Lawson stipule simplement que pour que le processus mis en place soit éventuellement rentable, il faut que
Pr > Pperte.
L'inégalité ci-dessus peut ne pas être satisfaite. Dans le bilan énergétique, outre l'énergie produite et l'énergie perdue intervient l'énergie de mise en œuvre.
L'implémentation concrète du critère de Lawson se base sur une estimation de ces deux quantités en fonction du processus considéré.
Pertes et temps de confinement
Sans perte de généralité, lors d'une réaction de fusion nucléaire, les produits de la réaction sont des atomes complètement ionisés baignant dans un gaz d'électrons libres. La densité d'énergie stockée sous forme d'agitation thermique s'écrit selon les lois de la thermodynamique
W=23(ne+∑ini)kBT,
n et les n correspondant respectivement aux concentrations d'électrons et des différentes espèces d'ions, k à la constante de Boltzmann et T à la température à laquelle les réactions sont portées. Ces réactifs se refroidissent spontanément en un temps caractéristique appelé temps de confinement et traditionnellement noté τ. Ce temps dépend du dispositif mis en place pour effectuer les réactions. On a ainsi, par unité de volume,
Pperte=τEW.
Puissance générée
La puissance par unité de volume générée par les réactions peut s'écrire sous la forme
Pr=Er⋅f,
où E désigne l'énergie individuelle générée par une réaction de fusion (soit typiquement quelques MeV), et f le taux de réaction volumique. En supposant que deux espèces nommées 1 et 2 et de concentration n et n réagissent l'une avec l'autre, on a ainsi
f=n1n2⟨σv⟩,
où la quantité nommée <σv> désigne la valeur moyenne du produit de la section efficace de réaction et de la vitesse relative des deux réactifs.