Définition
Soient M et N deux variétés différentielles (sans bord) orientées et de même dimension, telles que M soit compacte et N soit connexe.
Soit f une application différentiable de M dans N.
(La définition peut aussi s'étendre aux variétés à bord à condition que la fonction f préserve le bord.)
D'après le théorème de Sard, il existe un point y de N qui soit une valeur régulière de f.
En tout point x de la préimage f−1({y}), la différentielle Dxf induit donc une application linéaire surjective entre les espaces tangents (orientés) TxM et TyN.
Par égalité des dimensions, ces applications linéaires sont des isomorphismes d'espaces vectoriels orientés.
Leur signe, noté sign(Dxf), est défini par +1 si Dxf préserve l'orientation et −1 dans le cas contraire.
Par compacité de M, la préimage f−1({y}) est finie et le degré de f en y peut donc se définir par la somme :
deg(f,y)=∑x∈f−1(y)sign(Dxf).
Si les variétés M ou N ne sont pas orientées, le degré de f en une valeur régulière y peut simplement se définir par la parité du cardinal de la préimage, autrement dit :
deg(f,y)=∑x∈f−1(y)1∈Z/(2).
Le résultat de ce calcul est indépendant du choix de la valeur régulière. Le degré de f est donc noté simplement deg(f).
Invariance par homotopie
L'intérêt principal de cette notion réside dans le fait que si deux applications sont homotopes, elles ont même degré.
Par conséquent, les sphères S ne sont pas contractiles et l'application antipodale n'est pas homotope à l'identité sur les sphères paires.
Le degré constitue même un invariant complet pour les sphères : deux applications de S dans S sont homotopes si et seulement si elles ont même degré.