Si nous posons G2={k2}k=1∞ (l'ensemble des carrés des nombres entiers), alors le théorème des quatre carrés de Lagrange — qui stipule que tout nombre entier peut être exprimé sous la forme de somme de quatre carrés — peut être réexprimé sous la forme :
σ(G2⊕G2⊕G2⊕G2)=1.
où ⊕ est l'opérateur de la somme d'ensembles des sous-ensembles G2.
Il est clair que σ(G2)=0. En fait, nous avons toujours σ(G2⊕G2)=0 et on pourrait se demander à partir de quel point la somme des ensembles atteint la densité de Schnirelmann 1 et comment elle augmente. Il se trouve que σ(G2⊕G2⊕G2)=65 et on peut voir qu'ajouter G2 une fois encore produit un ensemble plus peuplé, c’est-à-dire N.
Schnirelmann réussit à développer cette idée dans les théorèmes suivants, en se dirigeant vers une théorie additive des nombres, et démontra qu'ils étaient une nouvelle ressource (potentiellement puissante) pour attaquer d'importants problèmes, tels que le problème de Waring et la conjecture de Goldbach.
Le premier théorème est une formulation plus faible du théorème de Mann :
Soient A et B deux sous-ensembles de N. Alors σ(A⊕B)≥σ(A)+σ(B)−σ(A)⋅σ(B).
σ(A)+σ(B)−σ(A)⋅σ(B)=1−(1−σ(A))⋅(1−σ(B)). Par induction, nous avons la généralisation suivante, sous forme de corollaire :
Soit Ai⊆N une famille finie de sous-ensembles de N. Alors σ(⊕Ai)≥1−∏i(1−σ(Ai)).
Ce théorème fournit le premier aperçu du comportement d'accumulation des sommes d'ensembles. Il semble malheureux que sa conclusion arrive avant de montrer que σ est superadditive (c’est-à-dire que σ(A⊕B)=σ(A)+σ(B)). Schnirelmann y pallie avec les résultats suivants, qui suffisent pour la plus grande partie de son objectif :
Soient A et B deux sous-ensembles de N. Si σ(A)+σ(B)≥1, alors A⊕B=N.
Soit A⊆N. Si σ(A)>0, alors il existe un entier k tel que A⊕A⊕…⊕A=N, où la somme de A est répétée k fois.
Ce dernier théorème est explicitement connu comme « Théorème de Schnirelmann ».
Une application de ce théorème permet d'exprimer tout nombre entier comme somme de nombres premiers : soit A={0,1,2,3,5,7,11…} l'ensemble des nombres premiers auquel on adjoint 0 et 1. Schnirelmann a montré que σ(A)=0, mais que σ(A⊕A)>0. Par application du théorème de Schnirelmann, il existe un nombre entier k tel que k fois la somme de A⊕A soit égale à N. C’est-à-dire qu'il existe un nombre s tel que tout nombre entier soit au plus égal à la somme de s nombres premiers.
Ce nombre s est appelé « Constante de Schnirelmann ». En 2004, la meilleure estimation de cette constante est s≤7.