Une fonction F de N dans N, ou plus généralement de Nn dans Nm, est diophantienne si son graphe est diophantien. Autrement dit :
a = F(b) ⇔ il existe x, D(a, b, x) = 0
Les applications polynomiales sont évidemment diophantiennes. Mais on montre également que l'exponentielle est diophantienne, autrement dit, il existe un polynôme D tel que :
a = b ⇔ il existe x, D(a, b, n, x) = 0
Nous soulignons bien que l'expression de gauche a = b possède les trois variables a, b et n et est donc une relation exponentielle, et non une simple relation polynomiale telle que a = b, où n s'est vu fixer la valeur 3. Il est absolument remarquable qu'une expression exponentielle puisse être caractérisée uniquement par des relations polynomiales. Cette propriété, démontrée par Matiyasevich, est un point clé de la réponse négative apportée au 10ème problème de Hilbert. On peut utiliser pour cela le fait que des suites de solutions d'équations diophantiennes peuvent croître exponentiellement. Ainsi, b est quasiment égal à an où (an) est la suite définie par :
a0 = 0, a1 = 1, an+2 = ban+1 – an
et que :
il existe n, x = an et y = an+1 ⇔ x – bxy + y = 1
Ou bien, en utilisant un codage passant par l'intermédiaire de solutions d'équations de Pell-Fermat, on montre qu'il y a équivalence entre a = b et :
il existe (f,g,h,k,l,m,s,t,u,v,w,x,y,z) entiers strictement positifs tels que :
m – (w – 1)(w – 1)z = 1
w = b + h = n + l
a + g = 2mb – b – 1
(x – y(m – b) – a) = (f – 1)(2mb – b – 1)
x – (m – 1)y = 1
u – (m – 1)v = 1
s – (k – 1)t = 1
v = ry
k = 1 + 4py = m + qu
s = x + cu
t = n + 4(d – 1)y
y = n + e – 1
On montre que les coefficients binomiaux sont diophantiens en les considérant comme coefficients dans une base b assez grande de (b+1). Il en est de même des factorielles et des nombres premiers.