Le théorème de Matiiassevitch lui-même est beaucoup plus fort que l'insolubilité du dixième problème. Il affirme que :
Un ensemble est récursivement énumérable si et seulement s’il est diophantien.
Un ensemble S de nombres entiers est dit récursivement énumérable s’il y a un algorithme qui se comporte comme suit : on donne comme entrée à l'algorithme un nombre entier n, si n appartient à S, alors l'algorithme s'arrête tôt ou tard ; sinon il s'exécute indéfiniment. Cela revient à dire qu'il existe un algorithme qui s'exécute indéfiniment et produit tous les membres de S. D'autre part, un ensemble S d'entiers est dit diophantien s'il existe un polynôme à coefficients entiers P tel que n appartient à S si et seulement s'il existe des entiers x1,…, xk tels que P(n,x1,…, xk) = 0.
Il n'est pas difficile de voir que chaque ensemble diophantien est récursivement énumérable. Pour cela considérons une équation diophantienne f(n, x1,…, xk) = 0 et imaginons un algorithme qui parcourt toutes les valeurs possibles pour n, x1,…, xk, dans l'ordre croissant de la somme de leurs valeurs absolues, et retourne n chaque fois que f(n, x1,…, xk) = 0. Évidemment cet algorithme s'exécutera sans fin et énumérera les n pour lesquels f(n, x1,…, xk) = 0 a une solution.
La conjonction du théorème de Youri Matiiassevitch avec un résultat découvert dans les années 1930 implique qu'il n'y a pas de solution au dixième problème de Hilbert. Ce résultat découvert par plusieurs logiciens affirme qu'il existe des ensembles récursivement énumérables non récursifs. Dans ce contexte, un ensemble S de nombres entiers s'appelle « récursif » s'il y a un algorithme qui, étant donné un nombre entier n, renvoie une réponse oui ou non à la question n appartient-il à S? Il s'ensuit qu'il y a des équations diophantiennes qui ne peuvent être résolues par aucun algorithme.
Le théorème de Youri Matiiassevitch a été depuis employé pour démontrer l'indécidabilité de nombreux problèmes liés à l'arithmétique, de même, on peut également dériver la forme plus forte suivante du premier théorème d'incomplétude de Gödel :
Soit une axiomatisation quelconque de l'arithmétique, on peut construire une équation diophantienne qui n'a aucune solution, mais telle que ce fait ne puisse pas être démontré dans l'axiomatisation en question.