Dominique Chaix

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Introduction

Dominique Chaix (1730-1799) est un botaniste et prêtre français, curé des Baux. Mentor et ami de Dominique Villars, il herborisa avec lui dans la région de Gap.

Biographie

Dominique Chaix est né le 8 juin 1730 à Rabou dans les Hautes-Alpes, où les ruines de sa maison natale, la ferme Berthaud, sont encore visibles dans les gorges du Petit Buëch, à proximité de la chapelle de la Crotte de Berthaud, dernier vestige d'une ancienne chartreuse incendiée au milieu du XV siècle. La famille Chaix, originaire de Chaudun, exploitait deux fermes appartenant à la chartreuse de Durbon.

A l'âge de 13 ans, le jeune Dominique commence l'apprentissage du latin ; en 1746, ses parents l'envoient poursuivre ses études au collège tenu par les Jésuites à Grenoble; là, il est hébergé dans la famille de Claude François Bruno Siblot, en contrepartie de quoi il sert de précepteur auprès des enfants. Ordonné prêtre en 1755, l'abbé Chaix est nommé vicaire à Gap, attaché au chapitre de la cathédrale sous l'épiscopat de Pierre-Annet de Pérouse. Il est notamment chargé de célébrer la messe au Couvent de la Charité, un pensionnat de jeunes filles dont la mère supérieure entretient un jardin de plantes médicinales.

En 1758, il est nommé curé des Baux, petite paroisse de 150 âmes proche de la Roche-des-Arnauds. Ses charges pastorales lui laissant beaucoup de temps libre, l'abbé Chaix s'adonne durant la belle saison à la botanique, il herborise dans la région, ramène chaque année une cinquantaine de plantes rares ou inconnues des botanistes qu'il met en culture dans son jardin de 800 m, avant de les mettre en herbier pour libérer la place pour d'autres plantes. L'hiver, il part plusieurs semaines en tournée de prédication dans des paroisses plus peuplées. C'est ainsi qu'au Noyer en Champsaur, en 1765, il fait la connaissance du jeune Dominique Villars, de 15 ans son cadet.

Une profonde amitié liera bientôt ces deux hommes passionnés de botanique et deux ans après cette rencontre, l'abbé Chaix refusera la cure de Gap que lui propose le nouvel évêque, François de Narbonne-Lara, afin de pouvoir continuer ses chers travaux botaniques. En 1769, Chaix et Villars entreprennent leur première grande herborisation ensemble, dans la région de Gap, les montagnes autour des Baux, Rabou et Chaudun, le Col Bayard, et au-delà du Drac, jusqu'Ancelle et Orcières. Ils en reviennent avec moult spécimens d'herbiers, graines et plantes vivantes pour le jardin de l'abbé. L'année suivante les voit repartir pour un nouveau périple qui les conduira du bas du Valgaudemar, vers La Chapelle, la vallée du Drac Blanc, Champoléon, Orcières, jusqu'au Champsaur. Le reste de la saison, ils travaillent indépendamment, chacun dans sa région, une journée entière étant nécessaire pour aller des Baux au Noyer. En 1771-1772, Villars entre à l'École de chirurgie de Grenoble ; l'abbé Chaix n'a plus guère l'occasion de voir son ami, mais il entame une longue correspondance avec lui : il lui écrira en effet 170 lettres en 27 ans, la dernière à peine deux semaines avant sa mort.

L'abbé Dominique Chaix est mort le 21 juillet 1799 aux Baux, des suites d'une crise d'apoplexie survenue la veille alors qu'il célébrait la messe.

Héritage

Dominique Chaix n'a rien publié, seuls nous sont parvenus son herbier, des manuscrits et sa correspondance. Au grand dépit de Villars, qui se considérait comme l'héritier scientifique de Dominique Chaix, ses héritiers légaux monnayèrent son herbier et sa bibliothèque : à sa mort, l'abbé Chaix était en effet couvert de dettes !

L'herbier

Villars, qui dut payer pour récupérer même les livres qu'il avait prêtés à son ami, réussit à convaincre Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse, professeur d'histoire naturelle à l'École centrale de Toulouse, d'acquérir l'herbier, qui comportait quelque 3 000 planches. L'herbier Chaix fut donc expédié à Toulouse. A la mort de Lapeyrouse en 1818, l'herbier passa de mains en mains, pour finalement revenir, en très mauvais état, aux archives départementales de Gap.

L'herbier de Dominique Chaix est conservé au Conservatoire botanique national alpin de Gap-Charance ; quelques fragments se trouvent au Musée départemental de Gap, qui conserve surtout son surprenant « herbier d’oiseaux » composé de cinq volumes, montrant plusieurs présentations de l’animal, chacune dans une attitude différente, afin de permettre de l’étudier de façon approfondie.

Les manuscrits

A la mort de Chaix, Villars récupéra entre autres sa propre Histoire des plantes du Dauphiné, annotée par Chaix, ainsi qu'un manuscrit de 600 pages, daté de 1771, intitulé Dominici Chaix, Bauciensis parrochus, notae botanicae cum propriae, tum ex celeberrimis scriptoribus compendiosae excerptae, qu'il ne jugea pas utile de publier.

La collection de manuscrits de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg comporte un dossier manuscrit de 220 feuillets de Dominique Chaix , qui contient notamment une poésie en latin du curé des Baux, sur la flore du Dauphiné, datée du 8 janvier 1779, ainsi que la transcription de travaux de plusieurs botanistes dont Linné, Tournefort, Crantz et Allioni.

La correspondance

Toutes les lettres de Dominique Chaix ont été soigneusement conservées par Villars, toujours très respectueux de son vieux maître, quoique l'élève, formé en médecine, sciences naturelles, latin et grec, n'ait pas tardé à supplanter le maître. Ces lettres appartiennent au patrimoine de la Bibliothèque municipale de Grenoble

Éponymie

Plusieurs botanistes ont nommé des taxons commémorant le nom de Dominique Chaix.

Le nom Chaixia a été donné par Lapeyrouse à un genre de Gesneriaceae et les épithètes spécifiques chaixi, chaixiana, chaixianum et chaixii ont été attribuées à diverses espèces.