École Diwan

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Une école Diwan (prononciation : ['diwɑ̃n]) fait partie d'un réseau d'écoles associatives, gratuites et laïques où l'enseignement est dispensé en langue bretonne. La première a été créée en 1977 en Bretagne en France. En 2009, les écoles Diwan scolarisent 3 167 élèves de la maternelle jusqu'au baccalauréat.

Création et évolution

En décembre 1976, René L'Hostis, musicien, bretonnant, militant à la CGT et à l'UDB, inspiré par les exemples européens d'écoles associatives proposant un enseignement dans une langue minoritaire (Gaelscoileanna irlandaises, ikastolak basques, calandretas occitanes, La Bressola catalane, etc.) convainc le conseil municipal et le maire de Ploudalmézeau Alphonse Arzel de lui louer les locaux publics d'une ancienne école, fermée depuis cinq ans, à Lampaul-Ploudalmézeau. L'école maternelle ouvre à la rentrée 1977, accueillant cinq élèves et leur instituteur, Denez Abernot.

Le premier président de Diwan est le chanteur, musicien et libraire Gweltaz ar Fur, qui occupe ces fonctions jusqu'en 1980. René L'Hostis lui succède à ce poste et reste président de Diwan jusqu'en 1986. Parmi les premiers membres de l'association se trouve également André Lavanant (né en 1951 à Plabennec), secrétaire de l'association en 1980, trésorier en 1981-1982, puis président de 1983 à 1989 et de 1991 à 1997. C'est ensuite Andrew Lincoln, membre du Parti socialiste qui est président de 1998 à 2002.

En 2008, à l'occasion de l'anniversaire des 30 ans d'existence de Diwan, divers événements festifs et culturels (concerts, expositions, festoù-noz) ont été organisés. Le premier concours national de skrabell (bretonnisation du terme scrabble) en breton a eu lieu, puis Ar Redadeg , course de relais de 600 km, à pied à travers la Bretagne, nuit et jour, de Nantes à Brest et, de là, à Carhaix.

Des établissements de plus en plus nombreux

Cette première école est suivie d'autres écoles maternelles, d'une première école primaire en 1980, du premier collège en 1988 et du premier lycée créé en septembre 1994 au Relecq-Kerhuon (Brest) avant d'être déplacé à Carhaix.

En septembre 1995, un second collège est ouvert à Plésidy (Côtes-d'Armor). Deux autres suivent, à Quimper (Finistère) et à Ploemeur (Morbihan), ce dernier s'installant ensuite à Vannes (Morbihan). L'école de Questembert/Kistreberzh est ouverte en septembre 2000.

À la rentrée 2002, Diwan compte 33 écoles, 4 collèges et 1 lycée, employant quelque 250 personnes, dont 130 à plein temps.

En septembre 2004, une école maternelle a ouvert ses portes dans le 14 arrondissement de Paris, à l'instigation de Claude Nadeau, une musicienne de 29 ans, qui a réussi à obtenir l'aide financière d'entrepreneurs bretons, comme Patrick Le Lay. La première année, elle accueille quinze enfants.

Une nouvelle école est ouverte à Louannec en septembre 2006, et une autre à La Chapelle-Neuve. À la même époque, l'annexe du collège du Relecq-Kerhuon déménage de Tréglonou pour s'installer à Guissény.

En septembre 2008, au niveau maternel et élémentaire, l'association compte :

  • 16 écoles dans le Finistère (à Bannalec, Brest, Carhaix-Plouguer, Châteaulin, Commana, Crozon, Landerneau, Lesneven, Morlaix, Plabennec, Ploudalmézeau, Quimper, Quimperlé, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Renan et Trégunc),
  • 7 dans le Morbihan (à Auray, Baud, Le Faouët, Lorient, Pontivy, Questembert et Vannes),
  • 7 dans les Côtes-d'Armor (à Dinan, Guingamp, Lannion, Louannec, Paimpol, Plounévez-Moëdec et Saint-Brieuc),
  • 3 en Loire-Atlantique (à Nantes, Saint-Nazaire et Guérande),
  • 2 en Ille-et-Vilaine (à La Mézière et Rennes)
  • 1 à Paris.

Les collèges se trouvent au Relecq-Kerhuon, à Guissény, à Plésidy, Quimper, Vannes et Saint-Herblain. Le lycée est situé à Carhaix.

En septembre 2008 Diwan compte 37 écoles, 6 collèges et 1 lycée.

En septembre 2009 sont ouvertes deux autres écoles à Riantec et à Savenay .

Des effectifs en hausse constante

En 2001, dans les cinq départements de la Bretagne historique, 7365 élèves suivent un enseignement bilingue, dont 2609 dans les écoles Diwan contre 2628 dans l'enseignement public et 2128 dans l'enseignement privé catholique. Sur les 2609 élèves inscrits dans une école Diwan, 1502 étudient dans le Finistère, 427 dans les Côtes-d'Armor, 377 dans le Morbihan, 206 en Loire-Atlantique et 97 en Ille-et-Vilaine.

À la rentrée 2002, les écoles Diwan accueillent 2780 élèves, soit une hausse de 6,5% par rapport à 2000. 641 élèves étudient dans le second degré, 2139 dans le premier degré.

En 2004-2005, dans le pays de Brest, l'enseignement bilingue est présent, dans 18 communes sur 89 ; sur un total de 2142 élèves (soit 5% des effectifs) scolarisés dans l'enseignement bilingue, 777 le sont dans un établissement de Diwan, contre 728 dans une école catholique et 637 dans le public. Sur ces 2142 élèves, 1700 sont scolarisés dans le premier degré, 424 en collège, 18 en lycée. À la même période, les effectifs du collège Diwan du Relecq-Kerhuon ont augmenté de 10%, passant à 252 élèves. Devant cet afflux, une annexe a été créée à Tréglonou, où étudient 76 élèves.

À la rentrée scolaire 2006, les effectifs affichés par l'ensemble des écoles Diwan, tous niveaux confondus, sont de 2 943 élèves.

En septembre 2007, ils sont de 2 990 élèves, dont 40 élèves de plus au lycée de Carhaix, par rapport à l'année précédente.

En septembre 2008, le cap des 3 000 élèves est franchi (avec 3 076 inscrits à la rentrée, hausse de près de 3 %, l'école de Paris a dû refuser des inscriptions faute de places).

Statut

La recherche d'un statut public

Les écoles Diwan sont associatives, libres et gratuites. Elles assurent le service public de l'enseignement en breton sous contrat avec l'état et fonctionnent grâce à des subventions des collectivités locales, territoriales et au soutien des particuliers.

En 1972, le programme commun, signé Parti socialiste, le Parti communiste et les radicaux de gauche, prévoit que « tous les secteurs de l'enseignement initial et une partie importante de l'éducation permanente seront réunis dans un service public unique et laïque dépendant du ministère de l'Éducation nationale ».

De même, lors de l'élection présidentielle de 1981, François Mitterrand propose la mise en place d'un « grand service public unifié et laïc de l'Éducation nationale », celui-ci ayant « vocation d'accueillir tous les établissements et tous les personnels », ce qui aurait dû conduire à intégrer dans l'enseignement public les écoles Diwan.

Toutefois, ce projet Savary « relatif aux rapports entre l'État, les communes, les départements, les régions et les établissements d'enseignement privé » est finalement abandonné en 1984. En revanche, à partir de 1983, l'association reçoit des subventions de l'État.

En 1986, un plan d'intégration de 31 enseignants est signé avec le ministère de l'Éducation nationale. Il est rapidement remis en cause dès l'année suivante. En 1988, un protocole d'accord est signé fixant les modalités de fonctionnement des écoles Diwan et la participation financière de l'État et des collectivités territoriales de la région Bretagne. Dix enseignants sont pris en charge. En 1990, une nouvelle convention avec l'Éducation nationale permet de prendre en charge 51,5 postes sous statut de maîtres contractuels. En 1993, un accord cadre avec l'Éducation nationale, réactualise la convention de 1990 et titularise 3 enseignants en tant qu'instituteurs publics, puis 6 autres comme professeurs des Écoles. Depuis 1994, l'association bénéficie de contrats d'association avec l'Éducation nationale.

Le 28 mai 2001, le ministre de l'Éducation Nationale Jack Lang et le président de Diwan, Andrew Lincoln, signent à Rennes un protocole de passage sous statut public des écoles Diwan, malgré l’opposition du Conseil supérieur de l'éducation nationale (0 pour, 32 contre, 8 abstentions, 1 non prise de part au vote). Cet accord est dénoncé par des syndicats d'enseignants qui demandent au Conseil d'État de statuer. Ce dernier rejette l'intégration de Diwan au motif que la méthode par immersion est contraire aux dispositions légales et inconstitutionnelle, sur la base des articles L. 121-3 et L. 312-10 du code de l'éducation, de l'article 1 de la loi du 4 août 1994 et de l'article 2 de la Constitution française, modifié au moment de la ratification du traité de Maastricht : « La langue de la république est le français ». Le Garde des sceaux avait promis à l'époque que jamais cette loi ne serait utilisée contre les langues régionales.

Cet arrêt interdit l'intégration de Diwan dans l'enseignement public sur le fondement d'un bilinguisme reposant sur la méthode de l'immersion. En revanche, il ne remet pas en cause l'enseignement bilingue à parité horaire, la seule condition étant « une définition rigoureuse des horaires entre le français et la langue régionale enseignée afin que l'on s'assure qu'une partie des enseignements des différentes disciplines se fait effectivement en français », conformément à l'arrêté du 12 mai 2003 « relatif à l’enseignement bilingue en langues régionales à parité horaire dans les écoles et les sections « langues régionales » des collèges et des lycées.

Public ou associatif

À l'intérieur même de Diwan, une opposition existe entre les partisans de l'intégration dans le secteur public, défendue par Andrew Lincoln, son président depuis 1997, et ceux qui souhaitent préserver le statut associatif. Le conflit débouche le 24 novembre 2002 par la démission du conseil d'administration de Diwan lors d'une assemblée générale extraordinaire réunie à Guerlesquin, où la politique d'Andrew Lincoln a été « vivement critiquée ».

Michel Le Tallec, journaliste de 62 ans, ancien trésorier de l'association et initiateur du collectif «Réunir Diwan», opposé au projet de l'ancienne direction, est élu le 1 décembre à la présidence de Diwan par le bureau de l'association.

Cofondateur de Breizh 2004 en mars 2003, puis président de Kevredelezh Vreizh en décembre 2003, Michel Le Tallec propose, dans un texte daté du 21 décembre, une solution intermédiaire. Devant les difficultés budgétaires de l'association, il considère que le système de financement de Diwan — « pour un tiers des collectivités territoriales (Conseil régional, Départements, Communes), pour un tiers des dons, pour un tiers des animations organisées par les parents d'élèves de Diwan » — s'essouffle et qu'une des solutions est « que Diwan sorte du cadre purement associatif, pour entrer dans un cadre semi-public », à condition que les financeurs, intégrés dans le conseil d'administration de l'association, adhèrent à sa charte pédagogique.

Après la brève présidence de Michel Le Tallec, en 2003, le bureau est recomposé : Anne Le Corre et Patrick Hervé deviennent co-présidents, Joël Le Baron trésorier, François-Gaël Rios secrétaire, Herlé Denez et Fanch Langoet vice-présidents. À l'été 2004, François Gaël Rios et Patrick Hervé deviennent coprésidents de Diwan. En 2007 Patrick Hervé est toujours président de Diwan. En 2009, trois coprésidents sont désignés:Serge Guégo, François-Gaël Rios et Catherine Guérin .

Statut actuel et financement

Diwan est une fédération d'écoles associatives.

La plupart d'entre elles ont un statut d'établissements privés sous contrat. Elles peuvent donc être partiellement financées par l'État et les collectivités locales. En pratique, cette aide prend deux formes :

  • la prise en charge des salaires d'une partie des enseignants par l'État
  • l'octroi de subventions municipales et/ou régionales.

Les écoles récentes de Diwan ne bénéficient cependant pas du statut d'établissements privés sous contrat, la loi imposant à un établissement de fonctionner sans aides pendant cinq années avant de pouvoir prétendre à ce statut.

C'est notamment le cas de l'école Diwan de Paris, créée à la rentrée 2004. La survie de l'école parisienne fut compromise à la rentrée 2006 par refus du bailleur de continuer le bail. La mairie de Paris loue désormais un local à l'école. Devant l'afflux des demandes, les locaux sont devenus trop exigus, et l'école a dû limiter les admissions à 27 élèves pour l'année 2007-2008. En visite dans l'école en février 2007, le maire de Paris a promis de trouver de nouveaux locaux dans le quartier Montparnasse dès septembre 2008.

La plus grande partie du budget des écoles Diwan provient donc des dons, de particuliers, soit directement aux écoles, soit reversés par la fédération Diwan, qui collecte des fonds et les redistribue aux différentes écoles. Le budget annuel actuel est de trois millions d'euros, selon Patrick Hervé, président de Diwan . Par exemple, le financement du Collège du Morbihan à Vannes est assurée par les dons de particuliers sous forme de virements bancaires automatiques mensuels: 4 000€ de dons chaque mois et par des apports ponctuels, le produit de manifestations (spectacles, fêtes...), ventes de produits"

Les différents comités de soutien organisent régulièrement différentes manifestations et animations pour recolter des fonds. Certaines, comme Tro Menez Are et la Randorade, attirent chaque année des milliers de participants.

De nombreuses personnalités ont publiquement affirmé leur soutien à Diwan, comme Yves Coppens, Eugène Riguidel, Florence Arthaud, Philippe Poupon, Alan Stivell, le Professeur Christian Cabrol...

En 2003, le Conseil régional de Bretagne a accordé à Diwan une avance de 100 000 euros afin de leur empêcher de se retrouver en situation de liquidation judiciaire sous condition de négociations « avec le ministre de l'éducation nationale en vue d'une intégration au service public sur la base du bilinguisme à parité horaire ».

Pédagogie

L'enseignement par immersion

Les écoles Diwan utilisent en maternelle et en première année de primaire la méthode dite « par immersion », l'immersion linguistique consistant à baigner l'élève dans un environnement ne pratiquant que cette langue afin qu'elle devienne langue de vie et que l'apprentissage en soit facilité. Selon les textes du ministère de l'Éducation nationale, l'immersion se définit « par l'utilisation principale de la langue régionale, non exclusive du français, comme langue d'enseignement, et comme langue de communication au sein de l'établissement ».

Cette méthode est connue comme méthode Carré, elle fut notamment utilisée dans les écoles pour l'apprentissage du français par les écoliers dont le breton était la langue maternelle.

Les techniques d'immersion sont employées par des établissements dépendants du réseau de l'association Alliance française. 250 Alliances Françaises, dont celle de Paris, bénéficient d'aides de l'État, qui les subventionne et/ou met à leur disposition des fonctionnaires détachés, en particulier le ministère des Affaires étrangères. En juillet 2001 et en avril 2002, deux arrêtés visant à organiser un enseignement bilingue dans les écoles, collèges et lycées « langues régionales » sont publiés ; cet enseignement peut être dispensé soit selon le principe de la parité horaire, soit selon la méthode de l’immersion.

Devant cette situation, les défenseurs de Diwan estiment que l'annulation, par le Conseil d'État, des arrêtés du 31 juillet 2001 et du 19 avril 2002, destinés à assurer l'intégration au sein du service public des écoles Diwan dispensant un enseignement en langue bretonne, est une jurisprudence « de circonstance ».

En pratique, l'enseignement en maternelle et en cours préparatoire se fait uniquement en breton, dès l'âge de deux ans. Par la suite, le français est progressivement introduit, du CE1 au CM2, l'enseignement étant principalement dispensé en breton. Au collège et au lycée, deux tiers de l'enseignement se fait en breton, un tiers en français, et l'anglais devient, à partir de la quatrième, la langue d'enseignement des sciences naturelles, selon les modalités des classes européennes.

En effet, dans les écoles et sections européennes, instituées par la circulaire du 19 août 1992, après un « horaire d'enseignement linguistique très renforcé au cours des deux premières années », l'enseignement se fait dans la langue de la section pour « tout ou partie du programme d'une ou plusieurs disciplines non linguistiques » et des activités culturelles et échanges sont prévus, afin d'approfondir la connaissance de « la civilisation du ou des pays où est parlée la langue de la section ».

Diwan revendique depuis le début la sauvegarde des couleurs dialectales du breton. C'est l'un des points primordiaux de sa charte, le point 6 : «  Diwan déclare son hostilité à toute uniformisation linguistique et est attachée aux diverses formes d'expression culturelle, affirmant que seul leur complémentarité est source d'unité, d'enrichissement mutuel et collectif. Le breton enseigné dans les écoles maternelles Diwan est celui utilisé dans leur environnement géographique et humain ».

De plus, les écoles Diwan font régulièrement intervenir les bretonnants locaux, de langue maternelle, inconnus ou célèbres (écrivains, chanteurs, conteurs). Ainsi, en janvier 2007, à Bannalec, deux conteurs, Roland Guillou et Laurent Jouin, sont intervenus dans une école Diwan à l'occasion du 13 festival Taol Kurun. De même, dans une interview accordée à Marion Urban dans l'émission « Francophonies » diffusée à l'antenne de RFI en janvier 2005, Yann-Fañch Kemener et Mona Bouzec rendent compte de leurs interventions régulières dans les écoles Diwan.

Réalisation de matériel pédagogique en breton

L'enseignement en langue bretonne suppose l'existence d'outils adaptés. Quand l'association Diwan a été créée, aucun éditeur n'avait conçu d'ouvrage scolaire en langue bretonne. Aussi les parents et enseignants de Diwan avaient-ils élaboré des commissions pour traduire ou rédiger les manuels scolaires nécessaires à l'enseignement en breton.

Parmi ces commissions, on peut ainsi citer la commission Histoire du niveau collège, qui était composée de 8 personnes.

Des lexiques de vocabulaire spécialisé en différentes matières ont été réalisés : arts, éducation physique et sportive, grammaire, histoire-géographie-économie, littérature, mathématiques et sciences physiques, ainsi que des collections de fiches portant sur l'astronomie, la biologie et la géologie, l'informatique et Internet, la physique et la chimie par « Kreizenn ar Geriaouiñ » (« Centre du vocabulaire »), créé en 1985.

« Au cours des cinq dernières années, la conception et la publication de de lexiques normalisés pour les enseignants et l'édition de livres scolaires nous ont coûté 4 MF », affirme en mai 1991 André Lavanant, président de Diwan. Toujours selon le même, « en 1991, le budget Diwan a doté la publication pédagogique d'une somme de 800.000 F. (...) le travail des chercheurs pour la réalisation des lexiques (10 000 mots « normalisés » est estimé à 1,2 MF » .

En 1993, Ti embann ar skolioù a été créé au sein du CRDP par le Rectorat d'académie de Rennes et la Région Bretagne. TES édite des ouvrages scolaires en breton pour l'enseignement public, l'enseignement privé catholique et Diwan. Dans le comité de production de TES, chacune des trois filières d'enseignement comprend un représentant.

Colloques

L'association Diwan organise et participe à des colloques et journées d'étude sur les Bretons, la langue bretonne, son enseignement ou la pédagogie. Ainsi, en mai 2007, à l'occasion des 30 ans de sa création, elle a organisé des colloques « en lien avec la langue bretonne, les enfants, l'enseignement et la pédagogie ». Par ailleurs, le 23 janvier 2006, l'association a pris part, avec plusieurs personnalités et associations bretonnes, à un colloque sur le thème « Bretons de Paris : la Bretagne au coeur », organisé au théâtre Silvia Monfort de Paris par l'association « Paris Breton ».

Évaluation des résultats

En français, selon Diwan, «les évaluations nationales (tests Jospin) en CE2 et en 6ème montrent» que «les résultats des élèves des écoles Diwan sont globalement supérieurs aux moyennes nationales». En 1992, huit premiers collégiens passent le brevet des collèges et Diwan affiche une réussite de 100%, ainsi qu'au "First Degree of Cambridge". En 1997, les dix-sept élèves du collège du Relecq-Kerhuon (sur quarante-trois), candidats au brevet des collèges, qui décident de rédiger leur copie de mathématiques en breton alors que le Rectorat ne les y a pas autorisés, obtiennent tous ce diplôme.En 2006, sur 56 élèves des trois filières générales, le taux de réussite au baccalauréat au lycée Diwan de Carhaix a été de 96 %, dont 100 % en série littéraire, ce qui le place au 8 rang au niveau départemental (sur 69 lycées) et au 323 rang au niveau national (sur 4647 lycées). Le taux de réussite était de 94% en 2003, de 93% en 2004 et de 96% en 2005 et 2006, de 99% en 2007, de 90% en 2008 et, selon le bureau de Diwan, de plus de 98% en 2009 .

En 2010, Le Figaro classe le lycée Diwan de Carhaix « 2 meilleur lycée de France » parmi 1930 établissements.

Autres écoles bretonnantes

Après la création des écoles Diwan, l'enseignement public (1979) et l'enseignement privé (1990) ont développé leur propre réseau d'enseignement du breton :

  • Dihun Breizh est une association de parents d'élèves scolarisés dans le réseau de classes bilingues dans l'enseignement privé catholique.
  • Div Yezh est une association de parents d'élèves scolarisés dans le réseau des classes bilingues de l'enseignement public.

En effet, en 1982, la circulaire Savary autorise la mise en place d'une filière de classes bilingues. Plusieurs classes fonctionnant à mi-temps en breton et en français sont créées dans l'enseignement public et privé, notamment à Saint-Rivoal, Cavan, Lannion, Rennes ou Landerneau. Au contraire de Diwan, ces écoles pratiquent un enseignement dit « à parité horaire ».

Critiques à propos de Diwan

Les opposants à Diwan sont généralement des opposants à l'enseignement du breton et de façon plus générale au bilinguisme, soit parce qu'ils lui supposent des liens avec un nationalisme breton, soit parce qu'ils se posent en défenseurs du principe « Une langue, un peuple, une nation, un état » et du système éducatif français, de préférence public, et basé sur une langue unique, le français.

Critiques sur les liens avec le nationalisme breton

Les critiques personnelles de l'écrivain Françoise Morvan, si elles n'ont trouvé aucun écho chez les intellectuels bretons, ont été reprises par deux militants politiques, à savoir le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, et Pierrick Le Guennec militant du Parti des Travailleurs, candidat du Parti des Travailleurs à une élection cantonale à Lanester (Morbihan) en 2004 sur les sites de l'Observatoire du communautarisme ou de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et qui portent sur les liens supposés entre Diwan et le nationalisme breton.

Pour eux, l'apprentissage du breton unifié (voir les critiques à propos de la langue), choix linguistique fait par Diwan — comme par toutes les autres filières enseignant le breton, (publiques comme privées, primaires comme secondaires ou universitaires) — ne serait pas lié à une volonté de préserver la culture régionale, mais à un objectif fédéraliste ou indépendantiste, qui viserait à assurer le maintien d'une « Bretagne de race celtique pure », jusque-là « opprimée par la France impure ».

De même, la Fédération Nationale de la Libre Pensée affirme que Diwan, créé en 1976, tirerait son origine d'une l'école publique, celle de Plestin-les-Grèves, où l'enseignement du breton fut créé en 1942 «par des nationalistes bretons», « instituteurs publics partisans de l’enseignement du breton ». Les instituteurs enseignant le breton étaient regroupés dans l'organisation de gauche Ar Falz, et utilisaient les dispositions légales de l'époque, à savoir l'arrêté du 12 décembre 1941, dit Arrêté Carcopino, du nom du ministre académicien Carcopino, qui autorisait, comme en 2008 à l'école publique de Plestin, l'enseignement du breton et de l'histoire de la Bretagne dans les écoles primaires, arrêté mis en pratique dans d'autres écoles publiques, et dans diverses régions de France. Le journaliste Jean-Charles Perazzi évoque également l'école de Plestin comme l'une des premières tentatives d'enseignement du breton qui aurait selon lui inspiré les écoles Diwan, de même que la revue Skol Vreizh qui fait de cette expérience un « fragile succès dans le domaine culturel. ».

La Fédération nationale de la libre pensée met notamment en avant l'attitude de Tangi et Lena Louarn, qui ont joué un rôle important dans le développement des premières écoles Diwan au cours des années 1970, dans le cadre de l'association Skol An Emsav. Selon la FNLP, il y aurait une « continuité » entre leur activité et celle de leur père Alan Louarn, impliqué dans la collaboration et proche des enseignants de l'école de Plestin en 1942. Ces critiques venant de la Fédération nationale de la Libre-pensée sont rejetées par des membres de l'Association Des Libres Penseurs de France : « Nous nous différencions de la FNLP qui a fait campagne pour le candidat du Parti des Travailleurs. (...) Les libre-penseurs alignés sur le Parti des travailleurs du Morbihan ainsi que leur nouvelle égérie (...), promue conférencière de la L.P. des alignés, avaient déjà effectué cette recherche sur les "Bretons collaborateurs" ».

De même, dans son ouvrage Fils de Plouc, l'universitaire Jean Rohou écrit : « Rappeler la collaboration de certains bretonnants il y a plus de soixante ans sous le titre aux origines de Diwan, c'est fausser calomnieusement l'histoire... » Selon cet auteur, « la plupart des reproches qu’on fait aux écoles bretonnes sont à la fois inintelligents et calomnieux. Et ils sont surprenants de la part de républicains laïques en principe doublement promoteurs de tolérance. Pourquoi s’acharner contre une langue qui peine à survivre ? »

Ainsi, une polémique est née du fait que deux des écoles de Diwan portaient le nom d'écrivains bretons, anciens collaborateurs :

  • En 2000, soit à peu près au moment où en France éclatent des polémiques sur des collaborateurs jusque là impunis, le conseil général du Finistère, l'un des dispensateurs de fonds publics à l'association, a sommé Diwan de débaptiser son collège du Relecq-Kerhuon, appelé Roparz Hemon en souvenir d'un écrivain et linguiste bretonnant, condamné en mars 1946, selon Henri Fréville, « à dix ans d'indignité nationale » et « radié du nombre des membres de l'enseignement public qui en est le corollaire légal » en raison de son attitude pendant la guerre, mais aussi accusé, par plusieurs auteurs, de « sentiments xénophobes » à l'égard des « locuteurs français », d'« antisémitisme » et de collaboration avec les nazis. Le collège a été débaptisé en juin 2000.

  • Diwan est interpellé aussi sur la possibilité de maintenir le nom de l'école Diwan Loeiz Herrieu à Lorient, au vu de certains écrits de Herrieu. Malgré ses nombreux articles dans des journaux collaborationnistes comme La Bretagne et L'Heure bretonne, les parents d'élèves de Diwan ont décidé de conserver ce nom.

Par ailleurs, Diwan a été mise en cause à propos de l'un des ouvrages scolaires en breton qu'elle avait traduit. Certains adversaires de Diwan lui ont reproché d'avoir compté, à un moment, parmi les 8 membres de la commission Histoire, René Le Hir, ancien membre du Kommando Landerneau de la Gestapo, qui aurait revendiqué son action pendant la guerre dans une « interview réalisée en 1997 à l'occasion d'un documentaire », mais toujours non diffusé, « sur le mouvement breton ». Ils affirment que, dans le cadre des travaux de cette commission, « il a co-rédigé plusieurs manuels scolaires, dont l'un portant sur la période 1914-1945 et destiné aux classes de 3 ».

Toutefois, l'article de Renaud Marhic, qui est à l'origine de cette dernière polémique, ne précise en rien si, dans le contenu du manuel, il a trouvé des éléments critiquables. Sa seule remarque est : « Sur l'ouvrage un curieux avertissement : le livre n'ayant pas été "corrigé", il ne doit pas être diffusé en dehors de Diwan. ».

En fait le manuel en question contient un total de 210 pages, dont 24 (soit 11,4 %) traitent spécifiquement de la Bretagne pendant la période au programme. Les parties du cours portant sur la Bretagne comptent 245 lignes, dont 58 (un peu moins du quart) abordent des sujets spécifiquement bretons : la situation de la langue et l'évolution de cette situation et les différents mouvements bretons. Les 186 autres pages sont la traduction d'un manuel paru chez Hachette.

Critiques à propos de la langue

La charte de Diwan (1977), qui revendique « son hostilité à toute uniformisation linguistique », affirme que « le breton enseigné dans les écoles maternelles Diwan est celui utilisé dans leur environnement géographique et humain », et l'intervention dans les classes Diwan de bretonnants de naissance est mise en avant (cf #Pédagogie).

Cependant, certains comme Françoise Morvan, qui a brièvement côtoyé les écoles Diwan à leur création (fin des années 1970), ou comme Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pas fait d'études de linguistique bretonne, considèrent que le breton enseigné (le même que dans les écoles publiques et les écoles privées catholiques bilingues) est du breton unifié, et donc ne correspondrait pas aux multiples formes parlées « d'origine ». Ils opposent deux formes de langues bretonnes :

  • d'un côté celles que parlent les locuteurs natifs, qui n'ont généralement bénéficié d'aucun enseignement dans l'école monolingue, et qui ne connaissent que la forme parlée dans leur terroir d'origine — notamment le Vannetais, décrit comme très différent des autres dialectes bretons, parfois transcrit selon une orthographe distincte,
  • de l'autre l'orthographe dite « peurunvan » (en français, « complètement unifié »), pour Françoise Morvan, « fixée par les nationalistes en 1941 », sur ordre du gouvernement allemand, présentée comme étant une norme orale par ses détracteurs (cf Orthographe du breton).

Pour ces opposants, l'instrumentalisation du breton qui aurait été faite par les mouvements autonomistes aurait « créé une langue artificielle », coupée des parlers bretons traditionnels, et qui « entrerait en concurrence » avec lui, ainsi qu'avec le gallo. Ils appellent cette langue le « néo-breton », le « breton chimique » (en breton, « brezhoneg chimik ») ou « littéraire ». Les écoles Diwan, du fait de leur impact médiatique et de leur réussite pédagogique, sont au cœur de cette polémique.

Pour l'Office de la langue bretonne, « le peurunvan s’est aujourd’hui largement imposé comme le système orthographique commun. Il est notamment utilisé par les écoles bilingues, les organismes d’enseignement aux adultes, la vie publique ». Cet Office estime que « certains milieux pas toujours bien intentionnés ont du mal à accepter que la langue bretonne puisse évoluer comme toutes les langues modernes parlées autour d’elle et que pour cela elle doive adapter son vocabulaire au monde moderne et aux nouvelles technologies. »

Deux militants libre-penseurs, Yves Le Moigne et Roland Breton, soutiennent l'unification de l'écriture , en affirmant que « Cette question s'est posée et se posera pour toutes les langues à qui l'on veut donner une forme écrite : choisir entre faire prédominer un dialecte précis (celui de l'Île de France, de la Toscane...), ou bien chercher une synthèse (le Hochdeutsch). C'est à chaque communauté linguistique de décider librement de son modèle et quant à l'adoption de règles communes de prononciation, vocabulaire, orthographe, grammaire, syntaxe, par-dessus la variété des usages oraux locaux. Car toute langue a été orale, avant d'être écrite, et le français comme le breton. . »

Critiques sur la méthode

  • Dans un entretien accordé au journal Libération le 4 décembre 2001 , Jean-Luc Mélenchon, alors ministre délégué à l'enseignement professionnel, attaque violemment l'enseignement du breton par immersion, qu'il assimile à une pratique sectaire :

« Décider qu’on va organiser toute la scolarité d’un enfant dans une langue qui n’est pas celle que parlent tous les les habitants du pays révèle une dimension psychologique qui m’effraie. J’assimilerais cela davantage à une pratique sectaire qu’à une pratique éducative… ».

  • Un conseiller municipal rennais a repris l'idée de l'ex-secrétaire d'État; dans Bretagnes, revue publiée avec le concours du conseil régional de Bretagne, Gérard Hamon (Mouvement Rouge et Vert) parle, sans les nommer, d'écoles « fondées sur l’acquisition sectaire d’une langue ».

En revanche, deux jours après la parution de l'entretien, le linguiste Gilbert Dalgalian et le psycholinguiste Jean Petit, ont critiqué la validité pédagogique des propos de Jean-Luc Mélenchon. Parmi d'autres remarques, ils mettent en avant que la méthode par immersion a été employée par l'école publique, sous la Troisième République, pour apprendre le français « à tous les enfants de France, Bretons, Occitans, Basques et autres », ainsi que dans « l'Empire colonial » — ce qui est en partie inexact puisqu'en fait, plusieurs méthodes ont coexisté —, qu'elle l'est encore par des « milliers de coopérants et d'enseignants français détachés » à l'étranger et que Diwan ne la pratique qu'à « la maternelle et au Cours préparatoire ».

De même, Jean-Pierre Cavaillé, professeur à l'École des hautes études en sciences sociales, dénonce, dans le numéro du 6 février 2002 de Libération, « un déchaînement contre une pratique réelle et non muséographique ou folklorique des langues dites "régionales" ». Reprenant les propos de Jean-Luc Mélenchon sur les écoles par immersion, il explique que, « successivement, le ministre nie leur laïcité, parle de "terrorisme intellectuel", invoque sournoisement des "stratégies groupusculaires", un pseudo-passé nazi ("racines historiques sulfureuses de ces fondamentalistes") et, sans crainte de la contradiction, « des vieilleries soixante-huitardes ». Pour J.-P. Cavaillé « ses propos sont un tissu d'injures et de faussetés à l'égard de Diwan et des autres écoles par immersion », jugeant que « l'immersion vécue par ses acteurs [...] dément toutes les accusations de communautarisme et de fondamentalisme ». Par ailleurs, évoquant l'enseignement de plusieurs langues régionales, il rappelle « la situation d'agonie dans laquelle se trouvent la plupart » en France.

Les prises de positions de Jean-Luc Mélenchon ont également été critiquées, au niveau régional, parmi les socialistes bretons. Ainsi Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne a qualifié Mélenchon de « paon sectaire d'avant guerre » et affirme : « Mélenchon, quand il entend le mot Bretagne, il sort son venin».

Un article de Roland Breton soutient la démarche pédagogique de Diwan, en affirmant que « le système dit « par immersion » n'est pas fondé sur les sanctions, mais sur une volonté commune d'entente et d'expression totale dans une même langue. Système adopté, par exemple, depuis des décennies, dans les écoles francophones du Canada hors Québec. »

Il en va de même pour Jean-Marie Bressand, ancien résistant, fondateur de l'association Monde bilingue en 1951 avec plusieurs camarades de la Résistance, qui condamne le refus de l'éducation bilingue en France, il estime même que l'enseignement bilingue en langue régionale est supérieur à l'enseignement bilingue classique.

Le PCF soutient lui aussi l'immersion: « Oui à l’intégration de Diwan (…) La position du Conseil d'État est stupide, qui peut raisonnablement penser que la pédagogie par immersion représenterait aujourd’hui un danger pour la république », déclare Robert Hue, leader du PCF à Guingamp en mars 2002 , tandis que Serge Morin, président du groupe des élus communistes au Conseil régional de Bretagne (administrative) déclare, en juillet 2002, « ne pas comprendre comment une méthode pédagogique, utilisée en Bretagne comme dans d’autres régions depuis de nombreuses années, pourrait remettre en cause le français comme langue nationale et a fortiori mettre en danger la République » . Michel Vaxès, député communiste des Bouches-du-Rhône, demande, le 7 mai 2008, « le développement...de l'enseignement par immersion dans l'Éducation nationale...».

En octobre 1999, s'en prenant à Alexandre Hébert et aux responsables des unions départementales FO du Finistère et de Loire-Atlantique en raison de leurs prises de position hostiles à Diwan, Force Ouvrière PTT Bretagne estime que « ces responsables sont totalement disqualifiés quand ils accusent les cultures régionales de porter atteinte aux valeurs républicaines » et « dénonce, combat et condamne à l'intérieur de la Confédération » Force Ouvrière « l'influence de groupes minoritaires dont l'absence d'engagement syndical sincère laisse un espace béant à ce type de dérive. » En 2001, dans un communiqué commun, la Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Fédération Nationale de l'Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle Force Ouvrière (FNECFP-FO) ont dénoncé un processus « d'intégration des écoles associatives, comme les établissements Diwan, dans le service public. » impliqué par la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Selon cet appel, le fait que « l’enseignement général dispensé à l’Ecole de la République puisse être donné dans une autre langue que celle de la Nation [...] serait porter une grave atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple Français. »

Critiques sur les aides locales

En tant qu'écoles privées, les écoles Diwan peuvent bénéficier de subventions des communes où elles sont implantées. Ces aides, qui dépendent des prises de position politique des municipalités, viennent en plus des financements légaux pour celles des écoles qui sont sous contrat d'association. Elles sont limitées à 10% de leur budget par la loi Falloux. Un certain nombre de communes ne remettent pas le forfait scolaire aux écoles DIWAN sous prétexte qu'elles ne sont pas implantées sur le territoire de la commune d'habitation des enfants, ce qui prive les écoles DIWAN d'une part importante du financement public prévu par la loi.

Leur mise en place a suscité les critiques d'élus de municipalités concernées, jugeant que ces aides s'exerçaient au détriment des écoles publiques, ou pour des motifs plus politiques (contre l'enseignement « par immersion » par exemple).

  • Au conseil municipal de Rennes, le 13 septembre 2004, lors de délibérations sur l'éducation, les élus du Mouvement Rouge et Vert ont protesté contre la décision de la mairie socialiste, d'une part, de désaffecter les écoles Gacet, Guy Ropartz, Hauts-Chalais et Papu, d'autre part, d'attribuer les locaux de l'école du Gacet (1375 m) aux 100 élèves de Diwan, qui vient après le triplement de la subvention à Diwan, le 15 mars 2003.

  • 18 élus d'Auray se sont prononcé contre les aides publiques dont bénéficie l'école Diwan d'Auray, qu'ils jugent une école de « privilégiés », disposant d'un effectif d'élèves par classe très réduit.

  • À Paris, dans le 14 arrondissement, devant l'opposition de la fédération du Parti radical de gauche, et suite à la demande de Marie-Louise Podavini, adjointe au maire de l'arrondissement, le conseil municipal a rejeté en juin 2004 un vœu des Verts demandant à la Mairie de Paris de soutenir l'école Diwan. Selon Marie-Louise Podavini, cette école, « par sa méthode pédagogique et son fonctionnement, tourne le dos aux valeurs de la République ». Pourtant, sur la vingtaine d'élèves accueillis en maternelle et primaire à l'école Diwan de Paris, les parents représentent une douzaine de nationalités différentes.

Chansons consacrées à Diwan

Deux auteurs ont exprimé l'importance de Diwan à leurs yeux par des chansons.

  • Dan Ar Braz lui a consacré Diwanit bugale, qui a été présenté à l'Eurovision en 1996, et figure sur l'Héritage des Celtes.
  • Gilles Servat a enregistré Bugaleaj nevez, sur son album Sous le ciel de cuivre et d'eau, avec des chœurs chantés par des enfants de Diwan.

Diverses écoles ont produit leur propres albums, comme celle de Lesneven en 2009.