Au cours des années 1990, les jeunes-pousses se sont appuyé sur l'effet réseau pour justifier de leur croissance. Dans un marché où l'effet de réseau est dominant, la croissance rapide est apparue plus déterminante que la rentabilité immédiate. En particulier, la détermination de standards technologiques ou mercatiques, et donc la forme même de la concurrence à venir semblait en jeu. Cette stratégie a été conduite avec succès par Mirabilis, une jeune-pousse israélienne qui a effectué des avancées déterminantes dans la messagerie instantanée (MI) avant d'être rachetée par AOL. En cédant l'usage de leur produit (ICQ) gratuitement et en évitant les compatibilités avec les logiciels concurrents, ils ont su s'emparer du marché de la MI. Du fait de l'effet de réseau, les nouveaux utilisateurs avaient nettement plus intérêt à opter pour le système de Mirabilis et à grossir les rangs de ses utilisateurs. D'une manière assez caractéristique de cette époque, l'entreprise n'a jamais généré un seul profit avant d'être rachetée.
On peut considérer que les effets de réseaux sont significatifs au-delà d'un certain taux de souscription, la masse critique. Dès qu'on atteint ce point, le bénéfice tiré de l'usage du service dépasse le prix payé. Au-delà, comme la valorisation augmente avec le nombre d'abonnés, de plus en plus de clients vont être intéressés. Avant, seuls des utilisateurs précoces auront adhéré.
Cette croissance n'est pas infinie : au-delà d'un point de saturation ou de congestion, les entrées se ralentissent quand on s'approche ou dépasse le seuil à partir duquel tout utilisateur supplémentaire fait perdre au réseau. Dès que l'intérêt du service retrouve le prix d'abonnement. Il peut arriver que le point de congestion soit supérieur à la taille du marché, auquel cas la technologie peut devenir universelle.
Il arrive que l'on confonde l'effet de réseau avec les économies d'échelle, dues à la taille d'une entreprise plutôt qu'à l'interopérabilité. Ces deux cas peuvent justifier d'un monopole naturel.