Église Saint-Michel d'Escalada

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Introduction

Église San Miguel de Escalada
Vue générale de l'édifice
Nom localIglesia de San Miguel de Escalada
Latitude

Longitude
PaysEspagne Espagne
RégionCastille-et-León Castille-et-León
DépartementLeón Province de León
VilleGradefes
CulteCatholique romain
TypeAncienne Abbatiale
Rattaché àDésaffectée aujourd'hui
Début de la constructionIX siècle
Fin des travauxXI siècle
Style(s) dominant(s)Wisigothique

Art de repeuplement

Roman
ProtectionMonument historique (1886)

San Miguel de Escalada est une église située en Espagne, à 30 km au nord-est de León.

Véritable joyau du León, ce monastère se dresse dans un site aride, hors du Chemin actuel de Compostelle, au nord-est de Mansilla.

Histoire

Sous le règne de Muhammad I (852-886), émir de Cordoue, les chrétiens d'Al-Andalus furent persécutés et n'eurent d'autre alternative que de se convertir ou de fuir vers le nord de la péninsule Ibérique. C'est ainsi que sous le règne du roi des Asturies Alphonse III (866-910), une communauté de moines venue de Cordoue, probablement placée sous la règle de saint Isidore de Séville, fonde le monastère de San Miguel de la Escalada, sur des terres cédées par le souverain. Sous l'autorité de leur abbé Alfonso, une église est aussitôt et rapidement construite, sur les ruines d'une église wisigothe placée sous le vocable de l'archange saint Michel.

Une nouvelle église fut consacrée par l'évêque d'Astorga, le 20 novembre en 951 de l’ère Hispanique ou 913 de l’ère Latine, le sanctuaire primitif étant devenu trop exigu, face à l'augmentation de l'effectif du monastère.

Au milieu du XI siècle, alors que la communauté adopte la Règle de saint Benoît, l'église subit de nouvelles transformations. La galerie extérieure est datée de 1050 et s'inspire de l'architecture islamique (arcs outrepassés, colonnes polies) et chrétienne (sculpture des chapiteaux. La tour-clocher, toujours du XI siècle, est quant à elle romane.

C’est dans ce monastère, vers 950, que le célèbre «archipictor» Magius a réalisé un codex de l’Apocalypse de saint Jean conservé actuellement à la Pierpont Morgan Library. Le Manuscrit en espagnol et en Image

La galerie porche

L'église

La galerie-porche

L'entrée est située au sud, derrière la galerie-porche à arcades outrepassées (inspirées du style des Omeyyades d'Espagne) édifiée vers 930. Le porche atteint une « grâce aérienne » grâce aux douze arcs en fer à cheval, que l'on retrouvera dans des manuscrits du Commentaire sur l'Apocalypse de Béatus de Liebana. Le nombre de douze arcs rappelle peut-être les douze portes de la Jérusalem nouvelle dans l'Apocalypse, témoignant du souffle nouveau qui inspire, dès le X siècle, l'architecture des chrétiens du nord de l'Espagne. Un chapiteau de la Galerie

L’intérieur

Le plan est basilical avec trois nefs et six travées couvertes d’une charpente de bois. Sur celle du côté chevet, la plus large, qui fait office de transept, un portqiue de trois arcades mène à trois absides voûtées. Ce portique est surmonté d'une balustrade sculptée en méplat de motifs d'influence wisigothe (oiseau picorant et grappe de raisin) et islamique (feuillages stylisés.)

Ces trois absides, qui ont un plan en forme de fer à cheval, pourraient rappeler les mihrabs des mosquées espagnoles contemporaines. L'art mozarabe, c’est-à-dire l'art des chrétiens vivant en al-Andalus utilise de même la forme en fer à cheval, et pourrait avoir directement influé sur l'architecture de l'église.

La nef centrale est surélevée par deux arcades à arcs outrepassés, que supportent des colonnes dont plusieurs sont des remplois antiques. Dans les murs gouttereaux s'ouvrent des fenêtres qui éclairent généreusement l'espace. La lumière pénètre à flot par la porte d'entrée située au sud. L'espace interne, est cloisonné par des murs-bahuts et des arcades. À droite, se trouve un jubé que devaient clore des rideaux pendant le sacrifice de la messe.

Malgré ses faibles dimensions, cet édifice donne l’impression d'un foisonnement de colonnes, un peu à la manière de la grande mosquée hypostyle de Cordoue. Cette église étant l’œuvre de moines venant précisément de la capitale de l'émirat, la réminiscence n'est sans doute pas l'effet du hasard. La nef.