L'équation de Poisson-Boltzmann est une équation qui apparaît dans la théorie de Debye-Huckel des solutions ioniques. Cette équation permet de calculer le potentiel électrostatique créé par une charge électrique placée dans la solution en tenant compte des forces électrostatiques entre cette charge et les ions de la solution ainsi que de l'agitationthermique des ions.
On rappelle que l'énergieélectrostatique d'un ion placé dans un champ électrique est égale au produit de sa charge qi et du potentiel électrique V(r) : Ue(r)=qiV(r).
À l'équilibre thermique, la concentration ci(r) en ions de charge qi suit une statistique de Boltzmann :
où : ci0 est la concentration en ions de charge qi loin de la surface chargée, là où le champ électrique est nul ; T est la température exprimée en Kelvin ; kB est la constante de Boltzmann qui relie température et énergie thermique.
En présence de n types d'ions de charge qi (i=1,…,n), la densité de charge est donnée par :
En insérant l'expression de la densité de charge dans l'équation de Poisson, on obtient l'équation de Poisson-Boltzmann qui ne porte plus que sur le potentiel électrique :
ΔV(r)+∑i=1nεdqici0exp(−kBTqiV(r))=0.
Cette équation prend une forme plus simple dans le cas d'une solution d'électrolyte 1:1, c'est-à-dire que les ions positifs et négatifs en présence sont monovalents (par exemple : chlorure de sodium NaCl - sel de cuisine -, chlorure de potassium KCl). En effet seuls deux types d'ions sont présents : des ions positifs de charge +e et de concentration c+(r), ainsi que des ions négatifs de charge -e et de concentration c−(r).
En remarquant que les concentrations loin de la parois des ions positifs c+0 et négatifs c−0 sont toutes deux égales à la concentration en électrolyte de la solution cs0, l'expression de la densité de charge se simplifie alors :
L'équation de Poisson-Boltzmann ne possède pas de solution analytique dans le cas général. Il est cependant possible d'obtenir une solution approchée si le potentiel V est partout suffisamment faible pour que le terme d'énergie électriqueqiV soit très petit devant le terme d'énergie thermiquekBT dans le facteur de Boltzmann. On peut alors développer au premier ordre l'exponentielle :
exp(−kBTqiV(r))≈1−kBTqiV(r) si qiV(r)≪kBT
L'équation de Poisson-Boltzmann devient alors :
.
Or la neutralité électrique de la solution loin de la paroi impose que ∑qici0=0. On obtient finalement :
ΔV(r)=(∑i=1nεdkBTqi2ci0)V(r),
On remarque que le terme entre parenthèses est homogène à l'inverse d'une longueur au carré. En notant
ℓD=∑iqi2ci0εdkBT,
l'équation s'écrit de manière plus simple :
ΔV(r)=ℓD−2V(r).
Les solutions de cette équation décroissent de manière exponentielle, sur une distance caractéristique ℓD. Cette longueur, nommée longueur de Debye, caractérise ainsi la portée des interactions électriques dans une solution d'électrolyte.
En tenant compte de la présence d'ions monovalents mobiles en solution, on obtient la forme suivante pour l'équation de Poisson-Boltzmann :
∇.[ϵ(r)∇V(r)]−1000kBT8πe2NAIsinh[V(r)]=−4πρ(r)
où I est la force ionique de la solution, NA le nombre d'Avogadro et e la charge de l'électron. Quand la force ionique de la solution est faible, on peut linéariser cette équation en ne retenant que le premier terme du développement de la fonction sinh en série de Taylor :
∇.[ϵ(r)∇V(r)]−1000kBT8πe2NAIV(r)=−4πρ(r)
Cette équation ne peut être résolue de façon analytique que dans des cas très simples.