Les équations quartiques ont été résolues dès que furent connues les méthodes de résolutions des équations du troisième degré. Ont été développées successivement la méthode de Ferrari (1522 - 1565) et la méthode de Descartes (1596 - 1650)
La méthode décrite ci-dessous est issue des propriétés des polynômes symétriques construits à partir des n racines d'un polynôme de degré n.
Par zi, il faut entendre, un des nombres dont le carré vaut zi. On remarque que changer zi en son opposé transforme l'ensemble{y1,y2,y3,y4} en {−y1,−y2,−y3,−y4}. Il faut donc choisir les bonnes racines carrées. Ce sont celles telles que le produit z1z2z3 vaut - q.
Inventaires des cas
Dans le cas où les coefficients p, q et r sont réels, on remarque que le produit des racines du polynômeR est q, on est donc limité sur la forme des racines du polynôme R et sur les solutions de l'équation quartique.
Si les trois racines de R sont réelles positives, on obtient 4 valeurs réelles.
Si les trois racines de R sont réelles et que deux sont négatives, on obtient deux couples de complexes conjugués.
si R possède une racine réelle et deux racines complexes conjuguées, la racine réelle est positive et on obtient 2 valeurs réelles et deux complexes conjugués.
Principe de la méthode
Il s'agit de trouver une expression faisant intervenir les 4 racines y1, y2, y3 et y4, et ne permettant d'obtenir, par permutations, que 3 valeurs distinctes.
C'est le cas par exemple de −(y1+y2)(y3+y4) qui, par permutations, ne permet de donner que les valeurs
z1=−(y1+y2)(y3+y4)
z2=−(y1+y3)(y2+y4)
z3=−(y1+y4)(y2+y3)
Toutpolynôme symétrique en z1, z2, z3 pourra être exprimé comme polynôme symétrique de y1, y2, y3, y4.
En particulier, les coefficients du polynôme R(z)=(z−z1)(z−z2)(z−z3) pourront s'exprimer à l'aide de p, q et r. Il est certain que la propriété
y1+y2+y3+y4=0 facilite les calculs.
On démontre en effet que
z1+z2+z3=−2p
Σzizj=p2−4r
z1z2z3=q2
Les trois réels z1, z2, z3 sont alors solutions de l'équation
z3+2pz2+(p2−4r)z−q2=0 (3)
Il reste maintenant à retrouver y1, y2, y3, y4 en fonction de z1, z2, z3 sachant que y1+y2+y3+y4=0.
On remarque alors que
z1=(y1+y2)2=(y3+y4)2
z2=(y1+y3)2=(y2+y4)2
z3=(y1+y4)2=(y2+y3)2
donc que
y1+y2=z1 et y3+y4=−z1
y1+y3=z2 et y2+y4=−z2
y1+y4=z3 et y2+y3=−z3
(il faut comprendre ici la notation zi comme une des racines carrées de zi).
Les valeurs de yi se retrouvent alors par simple addition.
Equations particulières
Parmi les équations de degré quatre, certaines, particulières, peuvent se résoudre uniquement à l'aide des équations quadratiques, c'est le cas des équations bicarrées et des équation symétriques.