Introduction
L’éthique et culture religieuse (ECR) est un programme obligatoire controversé enseigné depuis septembre 2008 dans les écoles québécoises.
L’éthique et culture religieuse (ECR) est un programme obligatoire controversé enseigné depuis septembre 2008 dans les écoles québécoises.
Depuis septembre 2008, les élèves du Québec doivent suivre un cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR). Enseigné à tous les niveaux du primaire et du secondaire à l’exception de la troisième secondaire, ce nouveau cours remplace l’ancien régime d’option entre l’enseignement religieux catholique ou protestant et l’enseignement moral. Il est obligatoire dans toutes les écoles privées et publiques du Québec (sauf celles relevant de la Commission scolaire Kativik) sans possibilité d’exemption.
Le cours d’ÉCR s’inscrit en effet dans l’approche par compétences, une conception de l’enseignement qui repose en priorité sur le développement de savoir, savoir-faire et savoir-être. Dans le cours d’ÉCR, ces trois compétences sont : réfléchir sur des questions éthiques (volet éthique), manifester une compréhension du phénomène religieux (volet culture religieuse) et pratiquer le dialogue (volet dialogue). Le programme est entièrement construit autour de ces trois compétences, dont il précise le sens, les composantes, les critères d’évaluation, ainsi que de thèmes et éléments de contenu correspondants à chaque cycle du parcours scolaire des enfants. Ces compétences elles-mêmes découlent des deux grandes finalités du programme, qui constituent l’horizon ultime du cours d’ÉCR. Ces finalités sont la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun.
Parmi les partisans du programme d'éthique et de culture religieuse, on peut citer :
Les critiques quant à ce programme proviennent de plusieurs secteurs :
Plusieurs sondages ont démontré une polarisation de la population québcéoise autour de ce programme. En octobre 2008, 45 % des Québécois étaient opposés au programme et 72 % désiraient que les parents aient le choix entre ce programme et un cours de religion confessionnelle et de morale traditionnel à l'école. En mai 2009, la proportion de Québécois en faveur du choix avait cru pour atteindre 76 %.
Cependant, la controverse autour du cours tend aujourd'hui a diminuer alors qu'une majorité de Québécois sont favorables au cours. En effet, un sondage Léger-Marketing du 29 mars 2010 révélait que 65,5 % des Québécois voit d'un bon œil que les étudiants suivent ce cours.
Deux procès ont été intentés contre, d'une part, une commission scolaire dans la région de Drummondville qui refusait à des parents d'exempter leurs enfants conformément à l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique du Québec et, d'autre part, le ministère de l'Éducation qui refusait à une école secondaire catholique de Notre-Dame-de-Grâce, la Loyola High school, la possibilité d'adapter le programme ECR pour qu'il se conforme à sa vocation de collège catholique.
On retrouvera un compte rendu exhaustif du procès : compte rendu des quatre jours de procès de première instance, requête des parents, expertises des parents, plaidoiries des deux parties par écrit et réplique des parents ici.
La décision de première instance a été défavorable aux parents, on lira ici les deux parties du juge Dubois de la Cour supérieure du Québec, partie 1, partie 2.
L'affaire a été entendue en appel, voir ici pour un compte rendu de l'audience de recevabilité, lire les Motifs d'inscription en appel et la Requête en rejet d'appel de la procureure générale du Québec.
La Cour d'appel du Québec a refusé d'entendre les parents parce que pour les trois juges l'affaire était devenue théorique : « [10] Deuxièmement, il appert qu’à ce stade du litige, et en fait, ni l’un ni l’autre des deux enfants n'est assujetti à l’obligation de suivre le cours Éthique et culture religieuse : […] et le second, qui est inscrit dans un établissement privé, est exempté de suivre le cours en question. » Puis au paragraphe [13] : « [13] En outre, dans les faits, le problème ne se pose plus à l’égard des enfants des appelants puisque ni l’un ni l’autre n'est maintenu tenu de suivre cet enseignement ». La Coalition pour la liberté s'est réjouie de la reconnaissance de l'exemption des enfants au privé tout en considérant aller en Cour suprême pour que ce droit soit reconnu également dans les écoles publiques. L'Association des parents catholique du Québec a également décrit cet arrêt comme « une brèche pour l'école privée à étendre à l'école publique ».
L'affaire a été portée devant la Cour suprême du Canada.
Le procès de Loyola a duré cinq jours, on trouvera ici le compte rendu du procès, la requête du collège, lettre à la ministre, plaidoirie des deux parties.
La décision du juge a été favorable à la Loyola High school (le jugement complet (63 pages) et extraits ici).