On voit ainsi qu'à l'approximation d'ordre 2, le potentiel gravifique V(P) peut se décomposer en quatre termes distincts V0(P), V1(P), V2(P), V3(P), soit
V(P) = V0(P) + V1(P) + V2(P) + V3(P).
Le premier terme,
V0=Gr−1∫MdM=GMr−1,
correspond au potentiel d'une distribution sphérique, lequel est le même que celui d'une masse ponctuelle égale à la masse comprise dans toute la sphère. A grande distance, c'est évidemment le terme dominant, puisque sa décroissance en 1/r est plus lente que celle des autres termes. C'est le potentiel newtonien classique utilisé pour établir les trajectoires keplériennes des planètes. On dit de lui qu'il correspond à un monopôle, ou à une distribution de masse monopolaire.
Le deuxième terme,
V1=Gr−2∫Mr′cosψdM,
correspond à une distribution de masse dipolaire, autrement dit à un dipôle. En choisissant l'origine des coordonnées au centre de masse du corps, on annule ce terme. En effet, en se référant à la figure ci-contre, on peut écrire
V1=Gr−2∫Mr′cosψdM=Gr−2∫MxdM=GMr−2x0,
où x0 désigne la composante le long d'un axe Ox de la position du centre de masse.
Les troisième et quatrième termes, V2 et V3, se rapportent à une distribution de masse quadrupolaire, autrement dit à un quadrupôle. Pour V2 on trouve successivement
V2=Gr−3∫Mr′2dM=Gr−3∫M(x2+y2+z2)dM=21Gr−3∫M[(y2+z2)+(x2+z2)+(x2+y2)]dM=21Gr−3(A+B+C),
où A, B, C désignent les trois moments d'inertie par rapport aux axes Ox, Oy, Oz, respectivement. En définissant le moment d'inertie moyen Iˉ par
Iˉ=31(A+B+C),
on a donc
V2=23Gr−3Iˉ.
Pour V3, on trouve
V3=−23Gr−3∫Mr′2sin2ψdM=−23Gr−3∫Mr′2cos2αdM=23Gr−3I,
où I est le moment d'inertie autour de la direction OP. On aboutit ainsi à la formule (parfois aussi appelée théorème) de MacCullagh :
V(P)=GMr−1−23Gr−3(I−Iˉ).
Celle-ci s'applique très utilement à des corps presque sphériques comme la Terre et les planètes, et c'est une approximation encore valable à distance suffisante pour un corps de symétrie quelconque. Il existe évidemment une limitation implicite à sa validité par le fait que la série a été tronquée à l'ordre 2 : des harmoniques supérieurs au degré 2 sont bien sûr nécessaires pour représenter de manière plus précise le champ de gravité extérieur en toute généralité.