Les grassmanniennes sont des variétés algébriques projectives. On en donne ici deux représentations.
Gp,n comme espace quotient
Pour le voir on note G**Lp,n l'ensemble des matrices de taille p,n et de rang p ;
S**Lp,n l'ensemble des matrices de taille p,n et de rang p ; dont les colonnes sont orthogonales et unitaires.
On remarque que Gp,n est isomorphe à l'espace quotient G**Lp,n / G**Lp pour la relation d'équivalence :
X≡Y si et seulement si ∃M∈GLp telle que Y = *MX***.
Si on note Up l'ensemble des matrices unitaire, Gp,n est isomorphe à l'espace quotient S**Lp,n / Up pour la relation d'équivalence
X≡Y si et seulement si ∃M∈Up telle que Y = *MX***.
On voit que les topologies induites par ces représentations sont identiques via la représentation de Choleski.
Gp,n comme recollement de sous espaces affines
On introduit la base canonique (ei)i∈[[1,n]] de E=Rn et on note S une n − k-partie de {1...n}, E1 = ES le sous espace engendré par les vecteurs (ei)i∈S.
On note VS = Gp,n,S l'ensemble des sous espaces vectoriels de dimension k ne rencontrant pas E1 = ES (à l'exception du vecteur nul).
Première étape
Soit V un sous espace de VS.
En projetant V sur E2=ESc et E1 = ES, on voit que tout vecteur x∈V s'écrit x = u + v = p(x) + q(x) avec u∈E1 et v∈E2, comme V et E1 ont même dimension, il existe d'autre part ϕ∈L(E1,V) telle que x = φ(u). On a alors x = u + q**oφ(u) avec ψ=qoϕ∈L(E1,E2).
Seconde étape
L'argument précédent montre que l'on peut associer de façon bijective un sous-espace de VS à une application linéaire ψ∈L(E1,E2). Ou encore, en prenant la matrice de ψS(V) de psi∈L(E1,E2), une bijection entre VS et Mn − k,k, l'ensemble des matrices réelles de taille n − k,k.
On obtient ainsi, via la bijection, ψS:Gp,n,S↦Mn−p,p, une description affine de Gp,n,S, des sous espaces de dimension pne rencontrant pas ES. C'est-à-dire d'une partie 'ouverte' (pour la topologie de Zariski qu'on est en train de construire) de la Grassmanienne Gp,n.
troisième étape
On montre que pour deux parties différentes S et T, les changements de cartes ψTo(ψS) induits par les descriptions de Gp,n,S et Gp,n,T est un morphisme (application rationnelle partout définie), bijective ainsi que sa réciproque (ou isomorphisme birégulier) entre ψS(Gp,n,S∩Gp,n,T) et ψT(Gp,n,S∩Gp,n,T).
On en déduit par recollement que cette Grassmannienne est une variété algébrique.
La représentation précédente permet alors de montrer que Gp,n(R) est une variété non singulière, affine, fermée et bornée ;
Gp,n(R) et G(n−p,n)(R) étant birégulièrement isomorphe.
Gp,n(R)
comme ensemble de matrices
Soit Gp,n(R) la grassmannienne des sous-espaces de dimension p de Rn. Soit Mn(R) l'espace des matrices carrées de taille n à coefficients réels. Considérons l'ensemble des matrices An,p∈Mn(R) définies par A∈An,p si et seulement si les trois conditions sont remplies :
-
A = A (i.e. elle est un opérateur de projection)
-
A = A (elle est symétrique)
-
T**r(A) = p (sa trace est p)
C'est-à-dire les matrices de projecteurs orthogonaux de rang p.
On obtient par ce biais une représentation de Gp,n(R) comme un sous ensemble affine des matrices carrées de taille n à coefficients réels.
Gp,n comme plongement
Un autre façon de réaliser la grasmannienne est de définir ses coordonnées plückeriennes ou grasmanniennes. Ce plongement de Gp,n(R) dans l'espace projectif P(Λp(Rn)) des produits extérieurs de degré k dans l'espace Rn prolonge les travaux de Julius Plücker pour le cas des plans de R4