En 1822 en Lorraine, Mathieu de Dombasle crée une ferme-école à Roville-devant-Bayon. Son projet remonte à 1818. Le but est de diffuser les bonnes pratiques. Le matin l'enseignement est consacré à la pratique, et l'après midi à la théorie (botanique, agriculture, minéralogie, art vétérinaire, comptabilité). Il adjoint à son école une fabrique d'instruments agricoles.
Le public présent est essentiellement composé de fils de grands propriétaires, ou de jeune gens qui vont diriger de grands domaines. Cette école est financée par des fonds privés.
Après une visite à Roville Polonceau et Bella décident de créer, en 1827, une école de même type, l'Institution royale agronomique de Grignon, près de Paris. En 1830, près de Nantes est créé l'école de Grand-Jouan (Loire-Inférieure), dont la direction est confiée à Jules Rieffel, disciple de Mathieu de Dombasle.
Parallèlement à ces initiatives privées, l'État lance une École des haras en 1823, L'École royale des eaux et forêts de Nancy en 1824, et l'École vétérinaire de Toulouse en 1825.
Si l'École des haras ne vit que peu de temps, l'École royale des eaux et forêts, s'appuyant sur une administration remontant à Colbert, se met en place et se développe rapidement.
À partir de 1830, le Conseil supérieur de l'Agriculture est le lieu privilégié d'une politique d'enseignement agricole. On y préconise la création d'un ministère de l'agriculture, la création de fermes-écoles dans chaque département, d'une école normale d'agriculture... Si ces projets ne sont pas acceptés par le ministère de tutelle de l'époque (ministère du Commerce et des Travaux publics) qui préfère soutenir le développement des comices des sociétés locales d'agriculture, ces travaux seront à la bases des réalisations de l'enseignement agricole au cours du siècle.
Ce conseil développe aussi une politique de subvention, d'encouragements, auprès des particuliers et des départements. Les instituts agricoles de Roville, Grignon, Grand-Jouan et la Saulsaie (Montluel, créé en 1840) sont subventionnés. Des postes de professeurs d'agriculture sont crées dans certaines villes et départements. La première est à Bordeaux en 1837. En 1845, le ministère, devenu ministère du Commerce, de l'Agriculture et des Travaux publics, subventionne des chaires à Lyon, Rodez, Toulouse, Nantes, Quimper et Rouen. Le ministère subventionne également la création de ferme-écoles, dont l'enseignement est plus tourné vers la pratique que dans les instituts. En 1845, il en existe dix en France, dans l'Aube, les Bouches-du-Rhône, la Dordogne, l'Ille-et-Vilaine, la Meurthe, la Saône-et-Loire, le Morbihan, la Loire, la Charente et la Mayenne. Ce sont des institutions privées, dont le sort est lié au financement de l'État.