Il s'agirait d'une région volcanique aux surfaces géologiquement plus jeunes (datant de la seconde moitié du Guinevérien, soit quelques centaines de millions d'années) que les plaines, elles aussi volcaniques, situées en contrebas et datées de 1,0 à 0,5 Ga mais plus récemment du Fortunien au début du Guinevérien, la chaîne d'Akna Montes semblant même encore postérieure (datant de l'Aurélien, sans doute moins de 50 Ma) à en juger par les déformations constatées sur les terrains adjacents des plaines de Lakshmi.
Un scénario proposé dans les années 1990 pour rendre compte des différentes observations d'alors expose que Lakshmi Planum correspondrait à un bouclier terrestre, c'est-à-dire un fragment d'écorce ancienne d'altitude moyenne, qui aurait subi dans un premier temps des forces d'extension à l'origine d'épanchements de lave fluide à travers des fissures volcaniques à la manière des trapps du Deccan, avant de subir dans un second temps des forces de compression à l'origine des reliefs qui ceinturent le haut plateau et qui semblent postérieurs à sa surface.
Ce scénario a été affiné lors d'une communication de 1998 au cours de laquelle une distinction a été faite entre d'un côté le nord et l'ouest de Lakshmi, et de l'autre le sud du haut plateau: s'il y a bien eu compression tardive au nord et à l'ouest, le scénario au sud est plus complexe, comprenant la scission par glissement des deux tesserae (Moira à l'ouest et Clotho à l'est) avec, à l'est, des formations d'extension (grabens) et non de compression ; Clotho Tessera est d'ailleurs la région vénusienne présentant la plus forte concentration de structures matérialisant une expansion crustale.
Cette genèse complexe est bien illustrée par les réseaux de stries quasiment orthogonales observés au sud de Lakshmi Planum, entre les plaines volcaniques de Guinevere et de Sedna.