On peut faire le compte des exclusions ou oublis dans ce manuel d’initiation à la France, mais il ne faut pas oublier l’époque et le but de l’auteur de cultiver l’espoir en ne traitant pas de querelles d’adultes.
Un passage notoire du livre divise l’humanité en quatre races (blanche, jaune, noire et rouge), la race blanche étant dite la plus parfaite.
Dans l’édition de 1906, toute référence à Dieu, à la religion, est supprimée, même dans les expressions les plus courantes. Les enfants ne visitent plus Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Fénelon, Bossuet, Vincent de Paul disparaissent. Jean Jaurès s’étonnera, en 1910, de cette autocensure. L’auteur avait, en fait, tenté de substituer à la morale religieuse une idéologie de la fraternité et de la solidarité. Cela accentue la tonalité laïque du livre, et souligne un optimisme à l’égard d’une société sans référence au surnaturel, strictement humaine et œuvrant au règne de la raison et de la concorde. Grand succès de librairie de l’école laïque, on évoque parfois pour ce manuel scolaire comme le « petit livre rouge de la République ».