Le Galgo espagnol (Galgo Español) est un lévrier communément utilisé pour la chasse, en particulier la chasse au lièvre en terrain découvert, mais aussi le lapin, le renard et même le sanglier. La Fédération cynologique internationale l'a répertorié dans le groupe 10, lévriers, section 3, standard n° 285.
Bien que le Galgo compte peu de naissances en France et d'inscriptions au LOF (16 en 2005), plusieurs centaines de ces lévriers venant d'Espagne sont adoptés chaque année dans ce pays, ainsi qu'en Belgique et en Suisse.
Description
Un Galgo à poil dur appelé "barbudo"
Le Galgo a une belle musculature et une silhouette élégante, soulignée par une tête fine et allongée, un poitrail profond, un ventre bien levretté et un long fouet tombant en faucille au repos.
Son allure typique est, par nature, le galop. Le trot doit être allongé, rasant, élastique et puissant.
Il existe deux variétés de Galgos :
L'une à poilserré, très fin, court, lisse, réparti sur toute la surface du corps, jusqu'aux espaces interdigitaux. Légèrement plus long à la partie postérieure des cuisses.
L'autre, appelée "barbudo", à poil dur mi-long - mais cette longueur peut varier - toujours réparti uniformément sur tout le corps. Le Galgo barbudo porte souvent barbe et moustaches, il a des sourcils très fournis et un toupet sur la tête.
Toutes les couleurs sont admises mais les nuances suivantes sont considérées comme les plus typiques, par ordre de préférence :
fauve et bringé (couleur claire, avec des rayures noires et parfois des taches blanches) plus ou moins foncé
Le Galgo est un lévrier très ancien. L'étymologie de son nom prouve ses origines celtes. Le mot galgo provient du nom canis gallicus donné par les Romains au Vertragus (ou ouertragoï), compagnon des Celtes qui avaient colonisé la partie occidentale de la péninsule Ibérique. Canis gallicus deviendra gallicus puis galgo. Selon Xavier Przezdjiecki , "Galgo et Vertragus sont le prolongement du lévrier d'Asie introduit en Occident par les Celtes". Le Podenco, descendant du Tesem égyptien, a sans doute aussi participé à l'évolution du Galgo espagnol.
Au Moyen Âge espagnol et contrairement à la France ou à l'Angleterre, le Galgo appartenait aussi bien aux paysans, qu'aux bourgeois et aux nobles. Il était toutefois le favori des grands d'Espagne.
Galgos chassant près des chevaux - "La partie de chasse", Goya.
Aux XIX siècle et XX siècle, les Espagnols ont croisé le Galgo avec le Greyhound aux fins d'accroître sa rapidité à la course. Mais par la suite, les éleveurs ont orienté leur sélection de manière à revenir au plus près du type originel.
Anecdote
"Chasseurs dans la neige", Bruegel.
François I, qui fut emprisonné en Espagne suite à sa défaite lors de la bataille de Pavie, reçu de la part de Charles Quint comme compagnon d'isolement... un Galgo .
Art
Plusieurs artistes ont peint le Galgo, notamment :
Vélasquez, Pieter Bruegel l'Ancien "Chasseurs dans la neige (1565)"
Francisco de Goya - "La partie de chasse (1775)".
Caractère
Le Galgo est calme, doux et réservé à la maisonmais joueur et sportif à l'extérieur.
Il fait preuve de persévérance et est vif à la chasse.
Très affectueux et attaché à ses maîtres, il supporte bien les enfants, mais se montre méfiant, très froid et reservé envers les étrangers.
Soins et santé
Un Galguito (chiot)
À ce jour aucune maladie génétique n'a été répertoriée chez le Galgo, il est robuste et rustique.
Le Galgo à poil ras doit être brossé une fois par semaine, les sujets de la variété à poil dur doivent l'être plus souvent. Les bains ne doivent pas être trop fréquents.
Le Galgo, apte à poursuivre du gibier sur de longues distances, a un important besoin d'exercice. Il doit pouvoir sortir régulièrement et courir à sa guise, suffisamment longtemps dans des lieux ne comportant aucun gibier.
Sport
En Espagne, le Galgo est utilisé pour :
la chasse sans fusil, qui est autorisée et encore pratiquée de nos jours (rappel: en France, cette technique est interdite par la loi du 3 mai 1844).
des épreuves sportives :
el Campo - 2 galgos sont jugés sur la poursuite d'un lièvre vivant ;
en Canadromo - course en cynodrome (tombé en désuétude).
En France, il peut participer :
aux épreuves de courses sur cynodromes ou racing ;
aux poursuites à vue sur leurre (PVL) ou coursing (compte tenu de son passé de chasseur, ces épreuves sont très bien adaptées pour le Galgo).
Les courses de lévriers Galgo
Galgo (mâle) bringé
Le Galgo est toujours traditionnellement élevé pour la chasse, dans le milieu rural espagnol (galgueros). On organise chaque année des concours de chasse au lièvre ("carreras el campos"), dans différentes régions. Les lévriers sont lâchés en couples, le vainqueur est celui qui attrape le lièvre. Le vainqueur final est fêté fièrement avec ses maîtres, de stades en stades.
Ces concours sont vivement dénoncés par certaines associations. Les perdants sont systématiquement éliminés de façon cruelle inversement proportionnelle à leurs performances pendus (appelée de façon sordide "technique du pianiste": le chien est pendu long ou court selon ses performances pour résister plus ou moins longtemps à l'étranglement, prenant appui sur ses pattes arrières), jetés au fond d'un puits, empoisonnés, abandonnés sans pouvoir s'échapper (retenus), affamés, amputés, traînés derrière une voiture jusqu'à ce que mort s'ensuive, vendus comme appâts de pêche, utilisés comme cibles vivantes pour le tir, comme proie pour des combats de chiens type pitbulls. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux sont ainsi sacrifiés tous les ans. La législation en vigueur sur le droit des animaux ne serait pas appliquée envers les propriétaires. La fierté "bafouée" du chasseur dont le(s) chien(s) n'a/n'ont pas chassé à hauteur des exigences du propriétaire autorise ce dernier à punir son chien ou ses chiens en torturant et en imposant la mort qu'il choisit. On retrouve des similitudes avec la corrida et la mise à mort du taureau, le Galgo subissant cependant son sort et revenant parfois même vers son maître, amputé, éborgné... Les Espagnols s'insurgent de plus en plus face à ces pratiques cruelles et souhaitent que les Galgueros soient sanctionnés quand ils maltraitent leurs chiens. De plus le statut de ce chiens est quasi nul en Espagne, ainsi ce chien est considéré comme une sorte d'outils pour les chasseurs et ne dispose pas d'un statut le protégeant comme les autres animaux de compagnie.Le résultat est que chaque années des milliers de ces chiens sont non seulement abandonnée mais souvent tué et mutillé par leurs maîtres en toutes impunité. De nombreuses associations Françaises luttent contre cette barbarie ancéstrale.
Le sort des lévriers des Canaries, appelés Podencos canario, est identique.