Le logiciel abandonné est un compromis entre les maisons d'édition du logiciel et les utilisateurs. Le principe est de ne pénaliser personne ; même avec une durée de droit d'auteur de 70 ans, si le logiciel n'est plus commercialisé depuis longtemps, il devient de manière tacite un orphelin. Cela ne le caractérise pas indéfiniment, et un logiciel recommercialisé par son éditeur ne doit plus être considéré comme abandonné.
Pour savoir si un logiciel est abandonné (car il est difficile de prouver que quelque chose n'existe pas, surtout quand les développeurs et/ou les éditeurs ont disparu), il faut postuler qu'il l'est. Alors le propriétaire fera peut-être valoir ses droits d'auteur et le logiciel ne sera plus un orphelin. Mais le plus simple reste de demander aux ayants droit (s'ils existent) la permission.
Ce phénomène, inauguré par des utilisateurs nostalgiques, donne un second souffle à des logiciels introuvables dans le commerce et que les amateurs achèteraient pourtant s'ils le pouvaient. Certains éditeurs l'ont compris, comme LucasArts qui a réédité ses plus grands jeux d'aventure de type « pointer-et-cliquer » sur CD-ROM. Ces jeux ne sont donc pas abandonnés.
La plupart des utilisateurs de logiciels abandonnés sont des nostalgiques qui souhaitent retrouver les jeux de leur jeunesse. Ce qui impose de nombreuses contraintes techniques, un vieux jeu ne fonctionnant pas forcément sur les ordinateurs récents. Certains émulateurs ont donc été développés afin de permettre le fonctionnement de ces vieux logiciels en simulant l'environnement d'anciens systèmes d'exploitation et périphériques (souris, carte son, carte graphiques). D'autres utilisateurs se replongent dans l'histoire du logiciel et des jeux vidéo pour comparer la production et la créativité d'hier à celles d'aujourd'hui. Ainsi, il a été possible de refaire fonctionner le tout premier tableur (VisiCalc) jamais écrit, qui tenait sur 27,5 ko (26,9 kio), l'éditeur Lotus ayant donné son accord.
Le logiciel abandonné remet en question la durée des droits d'auteur en informatique qui est de 70 ans. On s'aperçoit qu'en moins de 10 ans la vente et le service après-vente ne sont plus assurés pour la très grande majorité des logiciels. Ce qui s'explique en partie par l'évolution très rapide des ressources en mémoire et de la puissance de calcul des machines. Il y a actuellement une disproportion entre la durée légale et la durée de vie constatée.