Il se livra d'abord à l'enseignement des mathématiques, puis professa l'astronomie, discipline confondue avec l'astrologie à l'époque, dans les écoles de Naples, de Rome, de Venise et à l'université de Ferrare. Il s'y fit une solide réputation dans son domaine et s'orienta progressivement vers l'astrologie judiciaire, très prisée de ses contemporains. Les papes Jules II, Léon X, Clément VII, et surtout Paul III, intéressé par son «art», lui accordèrent des marques d'estime; ce dernier pontife le nomma même évêque de Civitate (San Severo) en 1545. Il conserva sa charge environ 5 ans et se retira à Rome où il décèda.
Il fut un des promoteurs de la réforme du calendrier par la publication de son « Calendarium ecclesiasticum novum, ex sacris litteris, probatisque, sanctorum patrum synodis excerptum, etc. (1552). Il fut un des astrologues les plus renommés du XVI siècle, et le pape Paul III s'attacha ses services. Dans son traité astrologique, Tractatus astrologicus, il dresse les horoscopes de nombreux personnages illustres de l'époque dont il avait réussi à obtenir l'heure de naissance. Son but était de prouver a posteriori que leur vie était bien régi par l'astrologie.
Gauric connut une très désagréable expérience en 1506 quand il prédit au seigneur de Bologne, Jean Bentivoglio, qu'il serait chassé de sa ville et privé de sa souveraineté cette même année. La prédiction n'était pas si difficile à faire tant le despotisme et la cruauté du seigneur étaient excessifs et tant ses rapports avec le pape se dégradaient. Elle déplut cependant énormément à l'intéressé qui s'en irrita et fit arrêter l'astrologue. Il le soumit au supplice de l'estrapade qui consistait à jeter le condamné d'une bonne hauteur, attaché par un membre. Gauric y survécut. Sa prophétie s'avéra exacte quand le pape Jules II leva des troupes et entreprit de ramener à l'obéisance quelques villes dont Bologne. Jean Bentivoglio dut quitter son fief et n'y régna plus. Gauric avait vu juste mais il garda en mémoire combien il pouvait être périlleux d'annoncer de mauvais présages aux puissants.