Mémantine

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Introduction

Mémantine
Général
Nom IUPAC
Synonymes3,5-diméthyladamantane-1-amine
N CAS19982-08-2
Code ATCN06DX01
DrugBankAPRD00221
PubChem4054
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule bruteC12H21N
Masse molaire179,3018 ± 0,0113 g·mol
Propriétés physiques
T° fusion258 °C
Écotoxicologie
LogP3,28
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité~100%
MétabolismeHépatique (<10%)
Demi-vie d’élim.60–100 heures
ExcrétionRénale
Considérations thérapeutiques
Voie d’administrationOrale
GrossesseB2 , B
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La mémantine est une substance active médicamenteuse proposée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer qui agit par blocage des récepteurs NMDA. La mémantine a été synthétisée et protégée par Eli Lilly and Co en 1968 (comme cité dans l'index Merck) et a été développée par Merz Pharma en collaboration avec Neurobiological Technologies, Inc. puis donnée sous licence aux laboratoires Forest pour les USA et Lundbeck pour d'autres marchés européens et internationaux choisis. La mémantine est commercialisée sous les marques Axura et Akatinol par Merz, Namenda par Forest, Ebixa et Abixa par Lundbeck et Memox par Unipharm.

Usage clinique

Bien que la mémantine ait été approuvée pour le traitement des formes modérées à sévères de la maladie d'Alzheimer, son usage a été recommandé contre l'avis du National Institute for Clinical Excellence du Royaume Uni qui estime que le coût élevé de ce traitement ne vaut pas les bénéfices médicaux pour la plupart des patients.

La mémantine a été associée à une décroissance modérée des détériorations cliniques liées à la maladie d'Alzheimer. Une revue systématique d'essais contrôlés randomisés montre que la mémantine a un petit effet positif sur la cognition, l'humeur, le comportement et la capacité à assumer les activités de la vie quotidiennes dans les formes modérées à sévères de la maladie d'Alzheimer mais un effet inconnu pour les formes légères à modérées de la maladie.

La mémantine a aussi été testée contre la dépendance aux opioïdes, le lupus érythémateux disséminé, la dépression nerveuse, les troubles obsessionnels compulsifs, le jeu pathologique, le trouble du déficit de l'attention(ADHD), le glaucome, les acouphènes, les neuropathies, les troubles envahissants du développement, l'encéphalopathie HIV, le nystagmus pathologique et la sclérose en plaques.

Effets indésirables

La mémantine est généralement bien tolérée. Les effets indésirables communs incluent confusion, vertiges, somnolence, céphalées, insomnie, agitation et/ou hallucinations. Des effets indésirables moins communs incluent vomissements, anxiété, hypertonie, cystite et libido envahissante. D'un autre côté, il a été reporté que la mémantine aurait induit une détérioration neurologique réversible pour des cas de sclérose en plaques ce qui a entrainé l'arrêt d'un essai clinique en cours.

Pharmacologie

Glutamatergique (récepteur NMDA)

Un dysfonctionnement de la neurotransmission glutamatergique, se manifestant par une excitotoxicité neuronale est suspecté d'être dans l'étiologie de la maladie d'Alzheimer. Cibler le système glutamatergique, spécialement les récepteurs NMDA, offre une nouvelle approche de traitement par rapport à l'efficacité limitée des médicaments ciblant le système cholinergique.

La mémantine est un antagoniste du récepteur NMDA non compétitif, de faible affinité et dépendant du voltage (?)(en:voltage-dependent). En se liant aux récepteurs NMDA avec plus d'affinité que les ions Mg, la mémantine serait capable d'inhiber l'influx prolongé d'ions Ca qui est à la base de l'excitotoxicité neuronale. Cependant, la faible affinité et la cinétique rapide de retrait de la mémantine au niveau du canal des récepteur NMDA, préserve la fonction physiologique des récepteurs qui peuvent être activés par les concentrations relativement hautes de glutamate relaché suite à la dépolarisation des neurones présynaptiques. L'interaction de la mémantine avec les récepteurs NMDA joue un rôle majeur dans l'amélioration syptomatique que cette molécule thérapeutique a sur la maladie d'Alzheimer. De plus, il n'y a pas d'évidence jusqu'à maintenant (mars 2009) de la capacité de la mémantine à protéger contre l'excitotoxicité via le récepteur NMDA qui a un effet de modification de la maladie d'Alzheimer, bien que cela ait été suggéré pour les modèles animal.

Sérotonergique (récepteur 5-HT3)

La mémantine agit comme un antagoniste non compétitif du récepteur 5HT3 avec un affinité similaire à celle qu'elle a pour le récepteur NMDA. L'importance clinique de cette activité sérotonergique dans le traitement de la maladie d'Alzheimer est inconnue.

Cholinergique (récepteur nicotinique et cholinergique)

La mémantine agit comme un antagoniste non compétitif sur différents récepteurs neuronaux, récepteur nicotinique et récepteur cholinergique (nAChR) avec une affinité possiblement similaire à celle pour les récepteurs NMDA et 5-HT3. Il est difficile de le vérifier avec précision à cause des réponses rapides de désensibilisation des récepteurs nAChR dans ces expériences. Il a été montré que le nombre de récepteurs nicotiniques est réduit dans la maladie d'Alzheimer, même en l'absence d'une décroissance générale du nombre de neurones. Les antagonistes du récepteur nicotinique sont donc vus comme une cible intéressante pour des médicaments anti-Alzheimer.

Dopaminergique (récepteur D2)

La mémantine a une composante dopaminergique.