Météorologie maritime

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Introduction

La météorologie maritime répond à un double impératif de sécurité et d'assistance.

La sécurité

Son but est d'assurer la sauvegarde de la vie humaine et des biens en mer et sur la côte. Afin de remplir cette mission, il a été nécessaire de partager la surface océanique en domaines :

Les différents domaines

  • Le domaine du grand large : il recouvre les zones internationales, généralement au-delà du plateau continental. Par exemple, pour Météo France, il s'agit de l'Atlantique Nord et le bassin méditerranéen mais d'autres pays peuvent émettre leur propres prévisions pour ces secteurs.
  • Le domaine du large : il concerne une bande plus près des côtes, le plus souvent sur le plateau continental. Ce domaine est divisé en zones. Par exemple, c'est le proche Atlantique et le Nord du bassin méditerranéen occidental pour Météo France. La responsabilité des différentes zones sera divisée entre les pays riverains.
  • Le domaine côtier : il s'étend le long du littoral à une distance de 20 milles marins et dans les cours d'eau navigables. Il est le domaine de chaque pays.

Pour chaque domaine, des bulletins météorologiques de prévision sont établis régulièrement.

Exemple: Météo marine par Monaco Radio en HF.

Les bulletins météorologiques

D'une échéance allant de 24 à 36 heures. Ils concernent le vent moyen (vitesse et direction), l'état de la mer, visibilité, le type de temps.

Tous ces bulletins sont diffusés par radio, par message d'Inmarsat pour les bulletins du grand large, en BLU après un appel de sécurité sur la fréquence de veille automatique en appel sélectif numérique 2187,5 kHz puis sur 2182 kHz pour les bulletins du large, en VHF après un appel de sécurité sur le canal 70 (veille automatique en appel sélectif numérique) et sur le canal 16 pour les bulletins de la côte. Les émissions sont faites soit à partie des CROSS.

Pour les bulletins du large par messages Navtex sur 490 kHz en langue nationale et sur 518 kHz en anglais.

Les horaires de diffusion et le contenu des bulletins sont portés à la connaissance des usagers par différentes publications comme le Guide Marine que Météo France édite chaque année.

Les bulletins météorologiques spéciaux

La diffusion de bulletins réguliers, aussi parfaite soit-elle, ne peut répondre entièrement aux impératifs de sécurité. Aussi a-t-on mis en place un ensemble d'autres bulletins : les bulletins météorologiques spéciaux (B.M.S.) Ils sont diffusés quelle que soit l'heure, par les mêmes émetteurs que ceux cités précédemment, mais suivant des procédures parfaitement définies. En mer, les B.M.S. concernent pour l'essentiel la vitesse moyenne du vent (vitesse moyenne calculée sur 10 minutes) et plus accessoirement l'état de la mer.

La rédaction rédaction de ces bulletins découle directement de l'application de l'échelle Beaufort.

  • Avis de grand frais ou aux petites embarcations (force 7 à 8)
  • Avis de coup de vent (force 8 à 9)
  • Avis de fort coup de vent (force 9 à 10)
  • Avis de tempête (force 10 à 11)
  • Avis de violente tempête (force 11 à 12)
  • Avis de force d’ouragan (force 12 ou plus mais pas nécessairement avec un cyclone tropical)

Il existe également des avis spéciaux pour les cyclones tropicaux.

Pour le domaine côtier (qui concentre à lui tout seul environ 80% des activités maritimes) ces B.M.S. font l'objet d'affichage de signaux conventionnels par les différents sémaphores des marines nationales et par certaines capitaineries de port. Les signaux optiques sont levés au moins six heures avant l'heure de démarrage du B.M.S. et sont rentrés, sauf contre-indication, en fin de validité du B.M.S.

Procédure d'appel définie

  • Les bulletins météorologiques sont diffusés après un appel sélectif numérique automatique par MMSI, puis sur le canal d'appel en radiotéléphonie de la même bande que l'appel sélectif numérique reçu .
Zones SMDSM 1999Fréquence d'appel

en ASN
Fréquence de détresse en radiotéléphonie
Zone A1.canal 70 (156,525 MHz)puis appel sur le Canal 16 (156,8 MHz) en FM.
Zone A2.2187,5 kHzpuis appel sur 2182 kHz en USB
Zone A3.1645,5 à 1646,5 MHzmessage Inmarsat B ou C.
Zone A4 et

Zone A3 sans le

service Inmarsat
4207,5 kHzpuis appel sur 4125 kHz en USB Supplémentaire à 8 414,5 kHz
6312 kHzpuis appel sur 6215 kHz en USB Supplémentaire à 8 414,5 kHz
8414,5 kHzpuis appel sur 8215 kHz en USB
12557 kHzpuis appel sur 12290 kHz en USB Supplémentaire à 8 414,5 kHz
16804,5 kHzpuis appel sur 16420 kHz en USB Supplémentaire à 8 414,5 kHz

Monaco radio 3AC

  • la station de « Monaco radio 3AC » assure des bulletins météorologiques en radiotéléphonie
  • En Méditerranée à 9h30, 14h03, 19h30 heure locale
  • En Océan Atlantique Nord-Est à 9h30 UTC
Canal radioFréquence de Monaco radio 3AC en radiotéléphonie
Canal 4034 363 kHz en USB
Canal 8048 728 kHz en USB
Canal 122413 146 kHz en USB
Canal 160717 260 kHz en USB
Canal 222522 768 kHz en USB
Canal 16156,800 MHz appel en Méditerranée
Canal 20161,600 MHz (dégagement) Méditerranée

La veille météorologique

Les observations en mer sont effectuées plus ou moins régulièrement par les marins embarqués sur des unités de la marines nationales, de la marine marchande, par des pêcheurs travaillant sur des chalutiers hauturiers ou côtiers, par des scientifiques affectés sur des navires océanographiques...

Ces informations sont concentrées par radio ou par satellite dans des banques de données qui sont accessibles par un système de commutation interrogation/réponse. Elles se présentent sous forme de messages numériques codés qui sont pointés sous une forme graphique plus facilement accessible à l'analyse.

État de la mer

Un modèle numérique donne les vagues et la houle

Recherche

Météo France dispose d'un centre de recherche sur la météorologie maritime (CMM) situé dans l'enceinte du SHOM

Assistance

A la pêche

Après quelques tentatives assez modestes, la première assistance majeure à pêche hauturière a démarré en 1968 lors de la campagne thonière atlantique.

Après un certain nombre d'études de paramètres météo-océanographiques, réalisées en collaboration avec l'ORSTOM et avec l'ISTPIM aujourd'hui rattaché à l'IFREMER, il est apparu que les thons se concentraient dans des nappes d'eau de mer dont les températures superficielles avoisinaient les 19-20 degrés.

Pour effectuer le plus rapidement une mesure de température superficielle, le thermomètre à infrarouge BARNES fut pour la première fois utilisé pour effectuer une télémesure (embarqué à bord d'un avion volant à 150m). Désormais les mesures de températures sont effectuées par des satellites. Les prévisions de température et d'humidité de l'air permettent de mieux gérer à bord la conservation des prises et les réglages des chaînes de froid.

Off shore

  • Pour les recherche de pétrole en mer.
  • Remorquage des engins de forage.
  • Mise sur site d'une plate-forme de forage.
  • Pose de pipes-lines.
  • Protection des bateaux de liaison.
  • Protection aéronautique (liaison par hélicoptère).

Aux travaux de génie civil

  • Protection de chantiers (construction de ponts, de digues, de jetées...): alerte pour l'évacuation et la protection du matériel.

Portuaire

  • Activités terrestres : gestion des grues...
  • Activités sur le plan d'eau : mises à bord et débarques des pilotes, les déplacements à l'intérieur du port.

Divers

  • Exploitation gravimétrique, sismique, géologique, océanographique.