Le mur-rideau (aussi appelé « façade rideau ») est un type de façade légère. C'est un mur de façade qui assure la fermeture de l'enveloppe du bâtiment sans participer à sa stabilité (les charges étant transférées à la fondation principale par des raccordements aux planchers ou aux colonnes du bâtiment). Les panneaux sont donc appuyés, étage par étage, sur un squelette fixe.
Définition
La serre mexicaine du Jardin des plantes, construite de 1834 à 1836.
L’armature des murs rideaux est principalement constituée de cadres d’aluminium extrudé, bien que les premiers murs rideaux aient été constitués d'acier (comme la serre mexicaine du Jardin des plantes, œuvre de Charles Rohault de Fleury, construite de 1834 à 1836 et précurseur de l’architecture métallique en France).
à l'infiltration et l’exfiltration d'air (l'air peut traverser le mur rideau par les garnitures des meneaux et des traverses, ainsi que les éventuels défauts dans le calfeutrage. Aux États-Unis, c’est l’American Architectural Manufacturers Association (AAMA) qui régit les niveaux acceptables d'infiltration d'air dans les murs rideaux.) et d'eau (pluie, eau d’infiltration, eau de condensation, neige, glace, etc.) ;
à la force des vents, voire de force d'ouragan : les charges de vent varient considérablement d’une région à l’autre, les plus fortes charges apparaissant près des côtes dans des régions enclines aux cyclones tropicaux. (Par pays ou zones climatiques, il existe des Codes de bâtiment déterminant les normes de résistance obligatoires pour la réalisation de projets spécifiques) ;
aux explosions : le mur rideau doit résister au souffle d’explosions, tant accidentelles que de nature terroriste ;
aux mouvements de la construction tel le fluage du béton. Il doit également supporter des charges ponctuelles comme les nacelles de nettoyage, par exemple.
Afin de garantir une imperméabilité à toute épreuve, les murs rideaux sont munis de garnitures d’étanchéité. Il en existe de plusieurs sortes :
en pâte : silicone, polyuréthane, polysulfide, acrylique, latex, etc.
Différents modèles
Un chantier à Wuhan en Chine. La différence d'avancement des travaux entre les deux tours montre la relation entre la structure porteuse (à droite) et le mur rideau (à gauche).
Il existe différents modèles de murs rideaux :
Les murs-rideaux de type résille à ossature d’aluminium autoporteuse (système aussi appelé « stick », en anglais) assemblés et livrés au chantier en pièces détachées. Ils sont composés de longs montants verticaux appelés « meneaux » et de montants horizontaux appelés « traverses ». Ce système présente généralement l’avantage d’être le plus économique sur le marché, au détriment du temps d’installation nécessaire et au prix d’une architecture plus lourde.
Les murs rideaux de type résille à ossature d’aluminium autoporteuse assemblés en usine et livrés sur le chantier comme unité complète (aussi appelé « unité scellée » ou «murs rideaux préfabriqués» ou « unitized or preglazed », en anglais). D’installation rapide, ils présentent également l’avantage de permettre un contrôle de la qualité puisque fabriqué en usine sous conditions contrôlées. Cependant, leurs manipulations de transport des pièces pré-assemblées nécessitent des équipements lourds, comme des grues, etc.
Enfin, les murs rideaux hybrides, qui eux se situent à mi-chemin entre un système « stick » et un système « unitized ». Ils utilisent une structure de mur rideau conventionnelle sur laquelle l’on vient fixer un cadre muni d'un vitrage assemblé en usine. Toujours d’installation simple et rapide, aucun profilé d'aluminium n'est visible de l'extérieur. De plus, lors d'un bris, le travail de remplacement d'un verre s'effectue en quelques minutes et ce, contrairement au système conventionnel siliconé, fait au chantier, qui exige beaucoup de travail.
Outre ces trois grands systèmes de murs rideaux, citons également les serres, les lanterneaux et les solariums.
L’étanchéité
L’étanchéité est la préoccupation principale dans la fabrication et l’installation des murs rideaux. L’on distingue deux principes :
l’étanchéité par occlusion : Ce principe consiste à essayer d'étancher toute la surface externe d'un mur de manière parfaite. Étant très difficile à réaliser cette méthode donne des résultats peu fiables.
le principe de l'« écran pluvial » : Dispositif le plus commun, consiste à créer une chambre d'air, appelée chambre d'équilibre des pressions, derrière le revêtement pare-pluie. On crée des ouvertures dans le revêtement pare-pluie pour que la pression positive créée par le vent sur les surfaces externes s'équilibre avec la pression négative que l'on retrouverait normalement derrière l'écran pare-pluie. Pour être efficace cette cavité doit comporter une ligne pare-air étanche du côté intérieur de la cavité.
A- Profilé. B- Pare-air/pare-vapeur. C- Vitres de l'unité scellée. D- Pare-pluie. E- Trou d'égouttement d'eau et d'entrée d'air pour la chambre d'équilibre des pressions. F- Cavité du haut (chambre d'équilibre des pressions). G- Cavité du bas.