Nova

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Introduction

Nova pendant et après explosion

En astronomie, une nova est une étoile qui devient très brutalement extrêmement brillante, avec une grande augmentation de son éclat, qui peut être de l'ordre de 10 magnitudes. Cette vive luminosité ne dure que quelques jours, et l'étoile reprend ensuite progressivement son éclat initial.

Le mot nova étant emprunté au latin, le pluriel latin est novæ, avec une tolérance pour novae, qui est également le pluriel employé par les anglophones. En français, novas est également une forme correcte.

Les astronomes qui les découvraient les considéraient comme de nouvelles étoiles, puisqu'elles apparaissaient là où n'existait pas d'étoile précédemment, et les ont ainsi appelé des novas.

Certaines novas sont récurrentes, et ont subi plusieurs explosions depuis qu'elles ont été observées, avec des intervalles de l'ordre de plusieurs décennies.

Principe général

Making a Nova.jpg

La connaissance de ce phénomène provient principalement de l'étude spectrographique des novas. Les étoiles qui deviennent des novas, appelées prénovas, sont en général de type spectral A, et peu lumineuses.

La subite augmentation de la brillance est en fait due à un système stellaire binaire de forte excentricité, qui est très rapproché pendant seulement quelques heures. L'une des deux étoiles est une naine blanche et l'autre est une étoile en voie de devenir une géante rouge. En devenant une géante rouge, l'étoile remplit entièrement son lobe de Roche et c'est alors que le processus de transfert s'amorce.

La géante perd de sa masse, qui déborde du lobe, au profit de la naine blanche par l'intermédiaire du point de Lagrange. Ceci forme un disque d'accrétion autour de la naine blanche avant de tomber sur l'étoile. Les gaz ainsi capturés consistent principalement en hydrogène et en hélium, les deux principaux constituants de la matière dans l'Univers. Les gaz sont écrasés à la surface de la naine blanche par son énorme gravité, comprimés et chauffés à des températures de l'ordre de la dizaine de millions de kelvins, pendant que de la matière additionnelle continue à s'ajouter.

À un certain moment, les pression et température de la couche d'hydrogène deviennent assez grandes pour déclencher une explosion thermonucléaire qui convertit rapidement une grande quantité d'hydrogène en hélium et d'autres éléments plus lourds.

La masse de réactifs nucléaires est de l'ordre de celle d'une planète : 10 à 10 tonnes, ce qui dégage très vite une énergie de l'ordre de 10 à 10 J.

L'énergie libérée par ce processus expulse les gaz de la couche de surface de la naine blanche dans l'espace et produit un éclat extrêmement lumineux mais de courte durée.

Au moment de l'explosion, le spectre se rapproche de celui des supergéantes, mais avec un déplacement de toutes les raies vers le violet, proportionnellement à leurs longueurs d'onde. L'interprétation de ce décalage est que le rayonnement lumineux est émis par un gaz en expansion qui s'échappe de la surface de l'étoile, avec des vitesses de l'ordre de 1000 km/s. Cette expansion, qui provoque un refroidissement, explique l'extinction rapide de la nova.

Novas brillantes, depuis 1890

AnnéeNovaLuminosité maximale
1891T Aurigae3,8 mag
1898V1059 Sagittarii4,5 mag
1899V606 Aquilae5,5 mag
1901GK Persei0,2 mag
1903DM Geminorum6 mag
1905V604 Aquilae7,3 mag
1910DI Lacertae4,6 mag
1912DN Geminorum3,5 mag
1918V603 Aquilae-1,8 mag
1919HR Lyrae7,4 mag
1919V849 Ophiuchi7,4 mag
1920V476 Cygni2,0 mag
1925RR Pictoris1,2 mag
1934DQ Herculis1,4 mag
1936CP Lacertae2,1 mag
1939BT Monoceretis4,5 mag
1942CP Puppis0,3 mag
1943V500 Aquilae6,1 mag
1950DK Lacertae5,0 mag
1960V446 Herculis2,8 mag
1963V533 Herculis3 mag
1970FH Serpentis4 mag
1975V1500 Cygni2,0 mag
1975V373 Scuti6 mag
1976NQ Vulpeculae6 mag
1978V1668 Cygni6 mag
1984QU Vulpeculae5,2 mag
1986V842 Centauri4,6 mag
1991V838 Herculis5,0 mag
1992V1974 Cygni4,2 mag
1999V1494 Aquilae5,03 mag
1999V382 Velorum2,6 mag
2006RS Ophiuchi4,5 mag
2007V1280 Scorpii3,9 mag

Novas récurrentes

Une naine blanche peut produire des novas à de multiples reprises pendant que de l'hydrogène additionnel provenant de son étoile compagne continue à s'accumuler à sa surface. Un exemple est RS Ophiuchi, dont on connait six éruptions (en 1898, 1933, 1958, 1967, 1985 et en 2006). Cependant, tôt ou tard, l'étoile compagne aura épuisé sa matière ou la naine blanche subira une nova si puissante qu'elle sera complètement détruite par ce processus.

C'est un peu semblable à une supernova de type I ; cependant, en général les supernovas impliquent des processus différents et des énergies beaucoup plus élevées et ne devraient pas être confondues avec les novas ordinaires.

Quelques novas récurrentes :

  • T Coronae Borealis
  • RS Ophiuchi
  • T Pyxidis