OpenStreetMap est un projet qui a pour but de créer des cartes libres du monde sous licence CC-BY-SA, en utilisant le système GPS ou d'autres données libres. Il a été fondé en juillet 2004 par Steve Coast au University College de Londres.
Une carte de Paris sur OpenStreetMap
Par l'utilisation de moyens informatiques basés sur Internet qui permettent l'intervention et la collaboration de tout utilisateur volontaire, OpenStreetMap relève de la géomatique 2.0 et est aussi une contribution à ce qui est appelé la néogéographie.
Genèse
Steve Coast, 2009
Le constat de Steve Coast a été que l'agence cartographique publique de son pays, l'Ordnance Survey, conserve le droit de reproduction à son profit, alors qu'elle est financée par ses principaux utilisateurs, les contribuables britanniques.
La situation est identique dans la quasi-totalité des États, excepté les États-Unis dont la constitution interdit ce double financement. Aux Pays-Bas et au Canada, une partie des données géographiques numériques sont libres ou le seront bientôt.
La mise en ligne de certaines cartes (le Géoportail de l'Institut géographique national français, par exemple) ne correspond pas à une publication libre, puisque la reproduction, la réutilisation ou la modification sont presque toujours soumises à des restrictions importantes.
L'activité déployée pour OpenStreetMap s'inscrit dans le courant de la culture libre, qui préconise les logiciels les plus ouverts possibles. La plupart des utilisateurs souscrivent à l'idée d'empêcher l'appropriation définitive par des organismes commerciaux de biens dont l'ensemble de la communauté a besoin.
Mise en œuvre
Utilisation d'un fond de carte d'OpenStreetMap par OpenSeaMap
À la manière de Wikipédia, tous les internautes naviguant dans le Web peuvent contribuer à la création et à la numérisation de cartes. Des éditeurs permettent de réaliser en ligne des cartes en se basant sur un fond d'image satellitaire mis à disposition par Yahoo!. Cependant, ces images satellitaires ne couvrent pas en haute résolution l'ensemble du globe. C'est pourquoi il est possible d'introduire des données provenant de récepteurs GPS. Il suffit de réaliser un itinéraire et de positionner le récepteur GPS en mode enregistrement, puis de le restituer sur le serveur de données d'OpenStreetMap situé au Royaume-Uni et géré par la Fondation OpenStreetMap.
Les points d'intérêts (POI, en anglais « Point of Interest »), c'est-à-dire, toutes les mentions utiles (noms, largeur, nature du revêtement, sens uniques, parcs, zones résidentielles et d'activités, barrières, pistes cyclables, boîtes aux lettres, cabines téléphoniques, commerces, fontaines, etc.) sont notés, soit en les écrivant, soit en les photographiant, soit en les décrivant sur un appareil d'enregistrement audio.
Tous les modes de locomotion terrestre possibles sont utilisés (à pied, à deux-roues, à rollers, à skis, en véhicule automobile particulier, en bus, en train, etc.).
Les enregistrements de données GPS peuvent être rendus publics par l'intermédiaire du site d'OSM. Cela a pour avantage de les rendre visibles dans les outils d'édition des cartes. Cela facilite la couverture internationale : une personne séjournant dans une autre région ou un autre pays que le sien peut publier les tracés de ses parcours, à charge pour les habitants permanents de les compléter.
La carte principale est une carte routière comprenant des éléments figurés de manière plate, mais une carte du relief avec les courbes de niveaux est également disponible.
Les outils disponibles au début de 2010 permettent d'utiliser les données d'OpenStreetMap pour :
alimenter la carte glissante mondiale et en extraire certaines parties pour son propre usage (du globe complet à la carte locale) ;
Merkaartor - Éditeur de carte multiplateforme basé sur Qt
Deux principaux types d'outils informatiques sont utilisables : les logiciels d'édition de rendu de cartes qui servent à élaborer les couches de la carte mondiale principale et de ses dérivés et les éditeurs de carte qui servent à modifier les couches existantes.
Ces logiciels sont tous sous licence libre et multiplateformes (Linux, MacOS X et Windows).
Logiciels de rendu de carte :
Mapnik
Osmarender
Logiciels d'édition de carte :
Potlatch, éditeur en ligne codé en Flash accessible par un simple onglet à tout utilisateur enregistré sur le site OpenStreetMap
JOSM (Java OpenStreetMap Editor), application Java indépendante à l'interface proche de celle d'un navigateur Web. Elle permet de gérer plusieurs couches de données (traces GPS converties en XML, photos aériennes, etc.)
Kosmos (logiciel)
Merkaartor (logiciel), éditeur de carte multiplateforme basé sur Qt
Différents logiciels, services Internet et modules complémentaires sont développés sur un mode collaboratif. Le plus significatif est le site Web OpenStreetBugs qui permet à toute personne de porter des annotations sur la carte glissante et ces remarques et questions deviennent lisibles par les utilisateurs enregistrés qui emploient un logiciel de rendu de carte.
Source des données
Les données numériques suivantes sont actuellement accessibles aux cartographes OSM par l'intermédiaire des outils d'édition et sous forme de couches de données :
Utilisateur créant une trace GPS à Strasbourg
les traces GPS enregistrées par les utilisateurs ;
les côtes du littoral fournies par le gouvernement américain ;
les données TIGER (informations géographiques fournies par le Bureau du recensement des États-Unis) pour les États-Unis ;
imagerie aérienne commerciale haute définition fournie par Yahoo! Maps (encore incomplète et souvent limitée à certaines villes importantes et moyennes, mais avec une couverture en augmentation) ;
le cadastre français au format raster, dont l'autorisation officielle d'en décalquer les données est parvenue en début d'année 2009 ;
depuis début de l'année 2010, le cadastre français est également disponible au format format vecteur, ce qui permet de réaliser un import semi-automatique de ses bâtiments et de ses cours d'eau ;
la base de données européenne Corine Land Cover a pu être importée automatiquement, elle apporte à OpenStreetMap un jeu de données complet sur l'occupation des sols en France.
Environnement humain
À la différence de Wikipédia et bien que le même logiciel, MediaWiki, y soit déployé, les utilisateurs enregistrés interviennent sur un site unique de collaboration dont l'architecture principale et le contenu sont anglophones et qui est complété par des pages dans différentes langues. Le journal des utilisateurs (onglet User diaries de la carte principale) est rédigé, tour à tour dans les différentes langues (anglais très majoritaire, allemand, français, espagnol, italien, russe, japonais, danois, norvégien, finnois, portugais, etc.) Les zones les mieux couvertes sont le Royaume-Uni, lieu de création du site, et l'Allemagne. Le reste de l'Europe, les États-Unis, le Canada et l'Australie sont les zones les plus actives suivantes.
Pour les autres zones géographiques couvrant le cas échéant des pays, la couverture par les données d'OpenStreeMap fournies par les contributeurs sur ces zones est très inégale pour des raisons diverses faciles à comprendre : zone inhospitalière (Antarctique, ...), sans infrastructures (océans, déserts, forêts, ...), faible densité de la population (hormis les zones agricoles), situations particulières sur le plan économique (pour faire court, disposer d'un accès Internet et donc d'un PC) ou sur le plan législatif (concerne ici la plupart du temps des régimes politiques non-démocratiques avec restrictions ou interdictions de disposer des moyens de contribution à OSM), ces deux dernières raisons pouvant, d'ailleurs, se rejoindre pour certains pays.
Les utilisateurs disposent de sites d'aide en forme de wiki dans de multiples langues. Des forums en ligne, des listes de diffusion, (OSM Talk-Fr en français), des blogs et des réunions par chat sont aussi disponibles.
Dans certaines régions, les cartographes amateurs (dont certains se dénomment entre eux mappe(u)rs) se donnent rendez-vous pendant un ou deux jours pour relever de manière coordonnée les données issues des récepteurs GPS et les mettre en ligne sur OSM. Ces manifestations sont appelées en anglais mapping parties. Une des traductions proposées est « festographie ».
Applications
Outre le site OpenStreetMap.org qui visualise la carte, il est possible d'utiliser les cartes sur certains GPS avec l'application multiplate-forme (Linux, Windows, Windows CE, Mac...) gosmore. La bibliothèque osm-gps-map permet l'utilisation des cartes par des logiciels comme les gestionnaires de photos.
CloudMade (en) propose un éditeur de style de rendu (Style Editor) ainsi qu'un rendu en ligne. Il est ainsi possible de personnaliser le rendu des cartes.
Utilisation des données
Les données d'OpenStreetMap sont disponibles à travers un grand nombre de sites et dans différents formats.
Cartes raster en ligne
Les cartes sont disponibles en ligne sur les sites suivants :
le logicielNoniMapView permet de télécharger les différents fonds cartographiques raster présents sur le site OpenStreetMap et de les convertir au format du logiciel pour PDA NoniGPSPlot
des cartes téléchargeables OpenSeaMap pour PC (tous systèmes d'exploitation), Garmin, Lowrance, PDA
pour le logiciel de rendu cartographique Marble disponible sous KDE
pour le logiciel de rendu cartographique Kosmos disponible sous Windows
Tremblement de terre à Haïti
Après le tremblement de terre d'Haïti de 2010, des volontaires d'OpenStreetMap ont utilisé des images satellites et aériennes pour cartographier les routes, les bâtiments et les camps de réfugiés de Port-au-Prince en quelques jours, construisant une carte très complète. Cette carte a permis aux secours sur place de bénéficier d'informations précieuses sur leurs GPS.