La pièce centrale d'une place moderne
Le pavillon des Spectacles, construit de 1738 à 1752 en même temps que l’Hôtel de l’Intendance sur les plans de l'architecte messin Jacques Oger, puis par Leuze et Landau, a vu ses travaux suspendus durant huit ans par la Guerre de Succession d'Autriche. De style classique et d'influence toscane, il est édifié sur une l'île du Petit Saulcy entourée par les bras de la Moselle. Autrefois nommée île du Grand Saulcy, cette lande boueuse et inhabitée servait de dépôt de bois de chauffage. L'île a été pavée dès 1732, dotée de quais. De nouveaux ponts la relient au quartier des Roches et à la ville haute, et à l'extrémite de l'île Chambière.
Ainsi le théâtre contribue dès son origine à l'ordonnancement d'une place moderne dont il constitue la façade aux côtés de deux autres édifices de facture homogène : le pavillon Saint-Marcel, et celui de la Douane. Un péristyle formé de vingt-et-une arcades construit en 1754 vient réunir les trois pavillons, dotant, au centre de la composition, le théâtre d'une terrasse.
Sous le fronton, on devine une inscription gravée dans la pierre à l'époque révolutionnaire : « Cité de l'égalité ». C'est à cette époque que fut dressée sur la place du Théâtre la guillotine qui coupa soixante-trois têtes.
Sous Napoléon III
En 1858, le sculpteur Charles Pêtre agrémente la façade du théâtre au niveau de son couronnement, avec les allégories de la Tragédie, l'Inspiration, la Poésie lyrique, la Comédie, et la Musique.
L'intérieur actuel du théâtre date également de cette époque. Les agrafes des arcades du rez-de-chaussée sont ornées de figures féminines et de têtes de satyres aux regards coquins.
En 1868 une gigantesque fontaine — qui a depuis disparu —, est élevée au centre de la place, célèbrant l'arrivée des eaux de Gorze à Metz.