Les géographes utilisent cette notion à partir des années 80, où Alain Reynaud l’applique à la géographie dans son ouvrage Société, Espace et Justice (1981). Le modèle Centre/Périphérie devient alors incontournable.
Le centre est le lieu où « tout se passe » contrairement à une périphérie perçue comme immobile et en retard. Le centre se positionne face à une périphérie, un ailleurs, un au-delà et peut être ainsi qualifié parce qu'il polarise l'espace qui l'entoure, celui de ses périphéries, dans un double mouvement d'attraction et de rayonnement. On peut également distinguer le centre d'un espace géographique par sa complexité différentielle avec l'espace environnant : aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif, le centre tranche d'avec ses périphéries, ce qui lui permet de les dominer et de les placer dans sa dépendance. Dans sa typologie, Alain Reynaud distingue, au-delà des périphéries, des angles morts (comme le Sahel, les Andes, l'Himalaya), « délaissés par les centres », ou des isolats « comptant sur leur propre force » (Corée du Nord).