Entre 2006 et 2009, il réfléchit aux relations entre la séduction et l'Art de la guerre de Sun Tzu, avec l'argument selon lequel ces deux sujets concernent tout le monde de manière essentielle autant au niveau individuel que collectif dans toutes les déclinaisons possibles ou imaginables ! Sun Tzu est aujourd’hui le stratégiste le plus lu et le plus cité de par le monde bien que son texte remonte à près de deux millénaires et demi, et qu’il fut écrit en chinois pour des Chinois qui connaissaient alors une période particulièrement troublée dans une société dominée par l’agriculture. Cela souligne la nécessité de décompresser son petit traité de treize articles, comme on décompresse un logiciel téléchargé pour le rendre opérationnel dans l'époque actuelle. Si la séduction est le contraire de la guerre, elle est tout comme lui un art de la relation qui use souvent de moyens similaires, mais, sous peine de se renier, ni force ni contrainte. Car, pour aboutir, elle a besoin de l’autre et de son adhésion, ce que l’art de la guerre peut considérer utile ou non. Pierre Fayard reprend, en le synthétisant, l’ensemble du texte de l’art de la guerre, le commente et l’adapte à la séduction pour ouvrir à des voies alternatives de la concevoir et de la mettre en pratique.
Entre 2001 et 2005, ses recherches portent sur la voie japonaise de la gestion du savoir, plus exactement de la création de connaissance au Japon selon Ikujiro Nonaka, ce qui le conduit à effectuer une dizaine de missions dans l'archipel pour des échanges avec des chercheurs japonais (dont Nonaka) et réaliser des interviews dans des groupes et des PME japonaises mettant en oeuvre la méthode SECI de Nonaka, décliné à travers le concept japonais de "Ba" (espace-temps / [1]). Les résultats de cette recherche sont publiés en 2007 par les Editions Dunod. L'interprétation de la spécificité de l'approche japonaise est abordée à travers le prisme de la culture stratégique nippone.
Entre 1998 et 2004, il est professeur visitant dans les universités espagnoles Pompeu Fabra de Barcelone (1998 / 2004) et de Salamanque (1998 / 2003) sur la thématique de la communication publique des sciences et participe activement au montage d’un master euro-ibéroaméricain dans le cadre d’un programme ALFA 1 avec les universités de Salamanca, Trieste, Edimbourg et Poitiers pour la partie européenne, et Mexico, Cali (Colombie), Sao Paulo et Buenos Aires pour la partie latino-américaine. Par ailleurs, il conduit une adaptation du D.E.S.S. en intelligence économique à l’Université brésilienne de Caxias do Sul (1999 – 2002). Ses travaux porte sur les relations entre stratégie, information et communication, puis sur l'approche comparée des cultures de la stratégie.
Entre 1993 et 1995, il anime avec Suzanne de Cheveigné (UPR 36 du CNRS) le réseau ISME (Information Scientifique et Média Européens) avec la participation d’équipes universitaires de Bruxelles, Dublin, Trieste et Barcelone, et co-organise dans ce cadre trois séminaires de recherche comparée sur la présentation de l’information scientifique, technique et médicale dans les journaux télévisés de six pays européens. Ces travaux ont fait l’objet de rapports de recherche et de publications signés par les chercheurs impliqués.
A partir de 1993, il se rapproche du groupe du Commissariat Général du Plan qui travaille sur le concept et les dispositifs de l’intelligence économique selon une approche comparée intégrant et dépassant le concept de veille scientifique et technique. Cela le conduit à proposer la création du pôle Intelligence Economique à l’Université de Poitiers et du premier D.E.S.S. en intelligence économique (1996). C’est dans ce cadre qu’il développe une ligne de recherche sur l’approche comparée des cultures de la stratégie. Dans cette perspective, entre 2001 et 2005, il effectué dix missions de recherche au Japon pour enquêter sur la voie japonaise de la création de connaissance décryptée à partir de l’explicitation de la culture stratégique japonaise.
D’un point de vue international, il impulse la création du réseau PCST, Public Communication of Science and Technology (1989) qui rassemble à la fois des chercheurs et des praticiens de la communication publique des sciences. Il en assure la présidence jusqu’en 1991, puis participe au Conseil Scientifique de ses rencontres internationales de Madrid (1991), Montréal (1993), Melbourne (1996), Berlin (1998), Genève (2000), Le Cap (2002), Barcelone (2004), Pékin (2005) & Séoul (2006). A l’occasion de ses congrès internationaux, ce réseau rassemble plusieurs centaines de participants de plusieurs dizaines de pays. Il s’est imposé comme référence dans son domaine.
Entre 1988, date de son entrée à l’université, et 1995, ses activités de recherche portent de manière centrale sur les stratégies de la communication publique des sciences, et sur ses différentes approches selon les pays et les cultures. Cela le conduit à réaliser une recherche sur le journalisme scientifique en Europe, et plus particulièrement sur les suppléments sciences de 20 quotidiens de 8 pays différents, ainsi que sur la couverture de la catastrophe de Tchernobyl par onze quotidiens de six pays (1989 / 1993). Les résultats de ces travaux ont fait l’objet de publications en français, anglais, espagnol et portugais, ainsi que de l’édition de quatre livres.