Le projet est finalement évoqué au Conseil des ministres du 4 août 1982, mais sans mentionner le « grand SPULEN », ce qui laisse voir des doutes sur les réelles intentions du gouvernement.
La première version du projet est annoncée en décembre 1982. Son idée importante est la constitution d'« établissements d'intérêt public » qui associeraient les écoles publiques, les écoles privées et les collectivités territoriales. Ce système permettait de préserver l'autonomie des différents acteurs, notamment avec la reconnaissance pour toutes les écoles d'un « projet d'établissement ». Les associations d'enseignement catholique restaient cependant méfiantes car des propositions étaient faites pour intégrer les maîtres du privé dans la fonction publique, ce qui aurait mis en cause leur autonomie. Les élections municipales de 1983 suspendent un temps les négociations. Cependant, les partisans de la laïcité considèrent que le projet ne va pas assez dans le sens d'un service public laïc de l'éducation. Pour les apaiser, en septembre 1983, le Premier ministre annonce la titularisation de 15 000 maîtres du privé, ce qui scandalise les associations catholiques. Le 19 octobre 1983, Alain Savary soumet un nouveau projet qui conserve l'idée des EIP mais n'y inclut plus que les écoles privées, rompant le parallélisme qu'il avait tenté d'instaurer. Mais ce nouveau projet ne suscite l'adhésion ni des partisans de l'école privée, ni de ceux qui souhaitent réduire son influence.