Protista

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Introduction

Protista (Protistes)
Foraminifères benthiques
Classification
DomaineEukaryota
Divisions de rang inférieur

Les protistes, ou protista sont, dans la classification classique des espèces, un groupe qui a longtemps regroupé des microorganismes unicellulaires eucaryotes (à noyau), microscopiques, très différents mais ayant en commun de n'appartenir ni au règne des végétaux, ni à celui des animaux et ni à celui des eumycètes.
Ce groupe est très hétérogène, tant du point de vue anatomique que physiologique. il réunissait des organismes à organisation cellulaire relativement simple ; unicellulaire le plus souvent, pluricellulaire parfois mais sans tissus spécialisés. Certains sont autotrophes (ex : microalgues), d'autres sont hétérotrophes (ex : protozoaires se nourrissant de microalgues).

Autrefois règne à part entière (appelé protista), les protistes ne sont plus reconnus en tant que groupe dans la classification phylogénétique moderne en raison de leur trop grande hétérogénéité (ou paraphylie).

Constituant les bases du réseau trophique marin, ils jouent un rôle majeur dans les cycles biogéochimiques, les réseaux trophiques et ils constituent une part importante de la biodiversité et peut-être plus encore de la « biodiversité fonctionnelle » : sur environ 300 000 espèces estimées existantes, les 2/3 pourraient être assez largement distribuées, dans les océans notamment et 100 000 environ pourrait avoir une distribution plus restreinte. .

Ils rendent d'importants services écologiques, en particulier pour l'épuration de l'eau, la régulation du CO2 et des minéraux dans l'eau, et la pêche, la récolte de coquillages et l'aquaculture).

Histoire

La première définition d'un règne des protista a été proposée par Ernst Haeckel en 1866 en regroupant tout ce qui à son sens et à l'époque ne correspondait ni aux végétaux (ou Plantae), ni aux animaux.

Le taxon de Protista a ensuite perduré pendant plus d'un siècle, mais la délimitation de ce « règne » a souvent et fortement varié en fonction des auteurs. Dans la classification phylogénétique moderne, il disparaît.

Classification phylogénétique moderne

Au XXI siècle, le caractère polyphylétique des protista, quelle que soit leur définition, a été démontré, réduisant considérablement la pertinence d'un tel groupe par ailleurs sans unité écologique ou morphologique.

La classification phylogénétique n'inclut pas le taxon protistes, rattachant certains organismes autrefois appelés sous ce nom aux Opisthocontes, d'autres à la lignée des algues brunes (Straménopiles) ou à la lignée verte des algues et plantes terrestres (Chlorophyta). D'autres « protistes » sont divisés en lignées monophylétiques qui pourraient avoir rang de règne. Enfin, la position d'autres « protistes » aux affinités incertaines est encore en cours d'étude. Au total, les scientifiques reconnaissent aujourd'hui une soixantaine de lignées.

Classification classique

Dans les anciennes classifications, le règne des protistes se divisait généralement en trois parties :

  • les protozoaires, à affinités animales
  • les protophytes, à affinités végétales
  • les protistes fongiformes ou mycétozoaires ou protomycètes, à affinités avec le champignon

Protozoaires

Les protozoaires sont des organismes unicellulaires qui forment un groupe paraphylétique, ils possèdent une cellule eucaryote (c'est-à-dire possédant un vrai noyau, contrairement aux bactéries, dites procaryotes), très différenciée qui remplit de nombreuses fonctions nécessaires à la vie et comportant des organites complexes : « vacuoles pulsatiles », « cils », « flagelles ».

Les protozoaires se différencient donc fortement des cellules constituantes des tissus des métazoaires.
Ils ont conquis et se sont adaptés à tous les milieux de vie, et certains sont des parasites qui peuvent être dangereux. Leur reproduction sexuée ou asexuée est très complexe. Le mode de nutrition des protozoaires se fait par ingestion (phagocytose ou via un cytopharynx). Les protozoaires sont souvent hétérotrophes, c'est-à-dire qu'ils puisent leur source de carbone en provenance des différents composés organiques.

On distingue cinq sous-embranchements :

  • Les actinopodes qui émettent de fins pseudopodes rayonnants. Ils comprennent :

  • Les acanthaires, qui sont des protozoaires marins et planctogéniques.

  • Les radiolaires actinopodes, qui sont des protozoaires marins avec un squelette siliceux. Leur sédimentation et leur fossilisation donnent naissance à des roches telles le jaspe ou la Lydite...

  • Les héliozaires.

  • Les cnidosporidies sont des parasites dont le stade initial est un germe amiboïde et le stade final une spore pourvue d'un filament évaginable.

  • Les infusoaires ou infusoires sont des protistes de grande taille (jusqu'à 300 μm pour la paramécie). Ils sont munis d'un macronucléus et d'un micronucléus.

  • Les rhizoflagellés qui comprennent les rhizopodes et les flagellés.

  • Les rhizopodes constituent une superclasse de protozoaires caractérisés par leur aptitude à émettre des pseudopodes locomoteurs et préhensibles. On trouve dans cette classe les amibes, les radiolaires rhizopodes et les foraminifères.

  • Les foraminifères se trouvent dans les eaux marines et saumâtres, et leur test calcaire comprend plusieurs loges plus ou moins perforées comme les globigérines et les nummulites.

  • Les flagellés constituent une superclasse de protozoaires pourvus de flagelles qui sont des organes filiformes et contractiles qui assurent la locomotion. On trouve dans cette classe les phytoflagellés (végétaux chlorophylliens), et les zooflagellés, animaux dont certains peuvent être de dangereux parasites comme le Trypanosome qui cause la « maladie du sommeil ».

  • Les sporozoaires sont dépourvues à l'état adulte d'appareil locomoteur. Ce sont des parasites des cellules animales.

Protophytes

Les protophytes sont des organismes végétaux unicellulaires ou à cellules peu différenciées. On distingue sept sous-embranchements :

  • Les Chlorophycées
  • Les Dictyochophycées
  • Les Euglénophycées
  • Les Prymnésiophycées
  • Les Chrysophycées
  • Les Dinophycées
  • Les Xanthophycées

Mycétozoaires

Ce sont des protistes qui possèdent de nombreuses caractéristiques communes avec les Mycètes. Par exemple : les myxomycètes.

Pathogénicité

Quelques espèces de protistes sont des pathogènes importants pour les animaux ou les plantes.
Par exemple

  • Plasmodium falciparum cause le paludisme chez l'homme,
  • Phytophthora infestans est responsable d'une maladie de la pomme de terre.
  • Giardia lamblia est un protozoaire parasite responsable de la giardiose chez les animaux et les humains.
  • Cryptosporidium parvum est un protozoaire parasite responsable de la cryptosporidiose chez les mammifères.

Une compréhension plus approfondie de la biologie des protistes pourrait permettre de mieux contrôler ces maladies.

Enjeux écologiques

  • La plupart des protistes et leur grande diversité jouent un rôle a priori essentiel dans les grands cycles biogéochimiques, et dans la productivité biologique des zones côtières, estuariennes et océaniques , et donc dans le puits de carbone océanique. Les services écosystémiques qu'ils rendent pourraient être affectés par le double phénomène d'acidification des océans et de réchauffement climatique (Cloern et Jasby, 2008; de Young et al. , 2004).
  • Certaines espèces pullulent en condition d'eutrophisation, de déséquilibre trophique (déséquilibres du système prédateur-proie) ou de réchauffement (Efflorescence algale). Quelques espèces (Phaeocystis) sont suivies en raison des toxines qu'ils produisent, qui peuvent rendre non consommables les coquillages filtreurs.
  • Certaines espèces sont considérées commebioindicatrices de l'état de l'écosystème et sont à ce titre suivies par divers réseaux d'observations, côtiers notamment, pour mieux comprendre les phénomènes d'eutrophisation, zones mortes, intoxications alimentaires et/ou suivre le changement climatique à fin d'en mieux anticiper les effets et de s'y adapter.