À une relation bien fondée est associée une fonction de rang construite par récurrence transfinie, ce qui permet des démonstrations par récurrence transfinie. Voyons cela de plus près.
Soient R une relation bien fondée sur un ensemble E et J un ensemble bien ordonné, de cardinal supérieur à celui de E, nous servant de « réservoir d'ordinaux » (ses premiers éléments sont 0,1,...). La fonction de rang ρ de R est l'application de E dans J définie par récurrence transfinie comme suit : pour x∈E
- ρ(x) = 0 si x n'a pas d'antécédent pour R ;
- ρ(x) = sup { ρ(y)+1, y antécédent de x pour R } dans le cas général.
Ainsi le rang de x est le plus petit ordinal strictement supérieur aux rangs des antécédents de x ; il peut être de première ou deuxième espèce. La longueur de la relation R, souvent notée |R|, est le plus petit ordinal strictement plus grand que tous les ρ(x). La fonction de rang permet d'organiser E en une hiérarchie de manière évidente, très utilisée en théorie axiomatique des ensembles avec pour R la relation d'appartenance.
La fonction de rang permet de faire des démonstrations par récurrence transfinie à l'aide du théorème suivant qui généralise l'axiome de Peano n°5 ou le principe de récurrence :
Soit P une partie de E contenant, pour tout j, tous les x∈E de rang j dès qu'il contient tous les x de rang < j. Alors P est l'ensemble E tout entier.
Grâce à l'ensemble vide, ensemble des x de rang <0, on n'a pas eu besoin de démarrer la récurrence explicitement. Attention ! Il ne suffit pas ici de passer du rang j au rang j+1 à cause de l'existence d'ordinaux de deuxième espèce.